Leah & Analyn "Stop, rembobine. Arrête toi là & regarde, c'est ici que l'histoire a commencé."

Leah & Analyn  "Stop, rembobine. Arrête toi là & regarde, c'est ici que l'histoire a commencé."
Hello Beautiful -----

Une passion commune, une rencontre, un groupe. Un bonjour puis un bonsoir. Une pointe de confessions, des secrets, des consolations. Quelques pleurs & puis beaucoup de rires. Des "sale gosse" & "Pauvre Dinde" qui fusent. Des liens qui se crées, des "Bonne nuit" à 3h28 du matin. Un projet, une couleur, des photos retros. Des personnages, des moqueries, des compliments, de la nostalgie parfois. Des liens qui se tissent très vite.
Le tout saupoudré d'un je t'aime fort
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Bienvenue & Bonne Lecture -----

Nous ne sommes pas des auteures certes. Non plus de grands écrivains renommés, ni les propriétaires de Best-sellers mondialement connus, nous ne sommes pas J.K Rowling, Meg Cabot & autres Stephenie Meyer. On est tout simplement nous, des jeunes filles avec une passion. Nous écrivons oui, pour diverses raisons. Parfois pour soulager notre conscience, parfois pour se vider, parfois pour dénoncer aussi, mais surtout pour partager.

Ceci sont nos esquisses, nos brouillons, nos papiers chiffonnés, nos illusions couchées & puis au fond, une petite part de nous même. Un brin d'imagination & nos doigts volent sur le clavier, sensation étrange, comme possédées on ne s'arrête pas. On aime ça, car on vit un peu à travers nos mots, on rêve aussi. Et puis de tout ça, des petits mondes naissent. Premièrement un décor, une petite maison, un quartier. Des habitants, une atmosphère. Des petits personnages que l'on façonne comme de la pâte à modeler, une pointe d'optimisme & puis pourquoi pas un peu de charme ? Ici les frontières n'existent pas, les limites ne sont pas inscrites au sol, nos pensées sont libres de volées aussi haut qu'elles le veulent. L'idée germe, elle née & un beau jour ouvre ses pétales au soleil.

Ce n'était alors qu'une simple proposition. Au début de la réticence à vouloir se lancer dedans, mais c'est vrai que comparé son travail à du « pipi de chat » je cite, n'aide forcément pas, n'est-ce pas mademoiselle ? Et puis en fin de compte, une confirmation. On recommence alors à façonner mais plus prudemment. On propose, on accepte, on refuse. On rigole, on réfléchit & on fronce des sourcils. On distribue des traits de caractère comme le Père Noel distribue ses jouets. Des prénoms, des âges, des lieux. Un nouveau petit monde, mais où cette fois-ci, on vole à deux.

Petites Précisions -----

A l'encontre de certaines fictions, la notre ne parlera pas du groupe de musique Tokio Hotel. Certes les quatre jeunes hommes seront cités mais ne se connaîtront pas forcément. Ici Tokio Hotel, ce groupe purement commercial & talentueux sera donc bannit. Il n'en reste donc que quatres êtres humains: Gustav, Tom, Georg & Bill. Nous tenons aussi à préciser que deux d'entre eux seront beaucoup plus mis en avant & qu'il ne s'agira pas obligatoirement des jumeaux.

Du haut de nos 32 années additionnées nous tenons aussi à préciser que nous ne sommes pas des as de l'orthographe. Malgré cela nous essayons de faire des efforts, sachant pertinemment que les fautes dans un texte peuvent devenir très agaçantes. Par ailleurs, si vous en voyez, n'hésitez surtout pas à nous le rappeler :)

Nous n'en sommes pas à notre première fiction, chacune possédant déjà une histoire écrite seule. Certains de nos lecteurs nous reconnaîtront sûrement désormais. Pour ceux qui voudrait, nos fictions respectives sont ici & .

Nous aborderons aussi dans cette fiction un sujet qui peut être dit de sensible. Certains seront sûrement touchés, d'autres non. Cette histoire n'est pas tirée de faits réels mais son principal thème est on ne peut plus vrai.

Maintenant, nous n'avons plus qu'à vous souhaiter Bon Voyage...

Incipit -----

Leah, Leah Spencer, 19 ans, New-York City. Analyn, Analyn Dubois, 19 ans, Paris.

Elles ne se connaissent pas & ne se connaîtront jamais. C'est bien plus fort que ça, malheureusement. Deux mondes opposés, deux univers beaucoup trop différents. Le compte à rebours a désormais commencé & il ne compte pas s'arrêter en si bon chemin.

Dans tout ça, un amour peut-il changer le dénouement des choses ?

Elles pensaient la fin arrivée, mais en vrai, ce n'était que le début du commencement...

Mlle-X & Mlle-A

Bisous & Smile

# Posté le vendredi 18 juillet 2008 20:38

Modifié le jeudi 07 août 2008 18:17

Kapitel Ein "Pour toujours...jusqu'à demain."

Kapitel Ein  "Pour toujours...jusqu'à demain."
_____________________________________________1er jour-14h36 New-York-Times square:

Mes talons claquent sur le bitume. Les gens se retournent sur mon passage tandis qu'un sourire satisfait étire mes lèvres. Le menton haut, je continu mon chemin. J'aime qu'on me regarde c'est vrai. Je tourne au détour d'une avenue, perdue dans mes pensées. Je me souviendrais toujours de cette journée, celle ou l'indicateur du compte à rebours s'est lancé, mais bizarrement je m'en foutais comme de l'an vingt-mille. Qu'est-ce que j'avais à perdre au fond ? Quedal, ouais. Enfin tout ça, c'était avant lui, c'était bien avant toi...Je m'installe à mon café coutumier, posant sans délicatesse mes achats enfouis dans divers sacs de couleurs. Le serveur arrive tout sourire devant moi, lui, il a le béguin. Sans même que je ne parle il me propose ma commande habituelle et j'acquiesce, accompagnant mon geste d'un simple merci.

Encore une journée banale. Je sors l'éternelle cigarette de ma veste en cuir, la porte à mes lèvres et cherche le briquet perdu encore je ne sais où. Une flopée de jurons s'échappe de ma bouche, laissant entendre ma voix légèrement éraillée par mon rythme de vie déchainé tandis que je fouille dans les sacs de marques. Bingo, je l'ai. Je relève ma tête, coince mes longs cheveux blonds derrière mon oreille droite, et allume ma clope. Première bouffée. Ca m'pourrit encore plus que je ne le suis déjà mais ça n'a pas d'importance, c'est vital pour mon bien être, et quel bien être voyez-vous. Je scrute les passants pendant que le serveur pose mon café sur la table avec fracas, pour que je daigne lever la tête vers lui. Pas de chance je ne lui adresserais aucun regard ce jour-ci, ni aucun autre jour d'ailleurs. Je ferme les yeux, appréciant la présence de ce poison dans mes poumons et du rythme de la ville dans les tympans. Je reste quelques minutes comme ça, le temps de terminer ma cigarette. Je fronce des sourcils et enchaîne une grimace en sentant mon portable vibrer dans la poche de mon slim. Soupirant d'exaspération, je le sors et vois afficher « numéro inconnu », ben tiens, je devrais être étonnée ? J'crois que mon patron ne peut rien faire sans moi.

Crève, c'est mon jour de repos. Je laisse le portable vibrer sous les appels continuels et incessants de mon interlocuteur et commence à plier bagage. Je me lève, laisse un billet de dix dollars sur la table, prends mes sacs et commence à sortir de la terrasse ensoleillée. Direction la 5ème avenue, je rentre à la maison. Je m'engage sur un passage clouté et passe sur le trottoir d'en face. C'est fou comme le regard des gens à lui seul peut être révélateur. Ils ne peuvent pas s'empêcher d'observer, de juger sur l'apparence même. Mais à vrai dire, c'est plutôt une bonne chose. Enfin je parle pour moi.

J'essaye de deviner la réaction de mes parents tiens. Je suis sûre et certaine qu'on a dû les prévenir de la grande nouvelle. Mais à vrai dire c'était vraiment une chose à laquelle je n'avais pas pensé, enfin je parle du fait qu'ils doivent apprendre ce genre de nouvelle un jour, je ne pensais pas qu'il en serait ainsi. J'vais devoir me changer les idées avec tout ça. Pendant que j'y pense, je fais quoi demain soir ? Rien je crois, en voilà une chose rare. Et ben c'est très bien, c'est l'inauguration d'une nouvelle boîte et j'ai une invitation. Ouais c'est même super, j'vais me saouler la gueule, youpi. Quelle ironie mal placée. Mais c'est parfait pour oublier, et surtout pour profiter. Carpe Diem, décidemment jamais cette citation ne m'aura été aussi vraie. C'est ce que je croyais bien sûr.

________ - « Bonne après-midi Mademoiselle Spencer ? »

Le portier de mon immeuble me lance un regard compatissant de ses vieux yeux ridés et gris. Bon dieu, ne me dites pas que tout le monde est au courant ? Je grimace et lance, hypocrite, sourire faux aux lèvres :

________ - « Oui, très Albert. Merci bien. »

Sans lui laisser le temps de répliquer je m'engage dans l'ascenseur luxueux qui s'offre devant moi. Merde, les commères vont être heureuses. J'appuie mon front contre le miroir glacé de l'engin. J'ouvre les yeux et mon reflet me lance un regard vert, froid et sans expression. En même temps, ça fait bien maintenant quelques années que mes yeux ne pétillent plus, pas de surprise. Regard qui changera par la suite avec toi...M'enfin bref, pas le temps de penser. Les portes s'ouvrent devant moi, m'offrant une vue sur un long couloir large & décoré avec excès, me ramenant bien vite à la triste réalité. Je marche lentement, appréhendant mon arrivée dans l'appartement de mes parents. Mes talons s'enfoncent mollement dans la moquette aux bordures or, comme si chaque pas essayait de me dissuader d'avancer et de me convaincre de rester planté ici. Non, je suis bien plus courageuse que ça, et puis après tout j'ai vu pire. Enfin je crois.

Mon doigt fait pression contre le bouton de la sonnette. J'appuie durement, sûrement pour me convaincre que je suis forte et que je saurais faire face. Balivernes ouais. J'entends des pas précipités derrière la lourde porte, je reconnais ma mère et ses mocassins favoris Chanel. Ses talons tintent contre le sol en carrelage de l'entrée, symphonie propre à elle-même. Un son de clés, je la devine en train de tripoter le trousseau de ses ongles fraichement manucurés. La serrure se tourne, la poignée se baisse. La porte s'ouvre à la volée, laissant apparaître ma mère, les yeux brillants de larmes.

________- « Mon bébé, oh ma chérie... » Sanglot-elle en m'entourant de ses bras protecteurs.

Etant plus grande qu'elle, je sens ses longs cheveux blonds me chatouiller le visage, leur odeur de fleur se faufiler dans mes narines. Je suis statique, je n'ose pas bouger, sentant le corps de ma mère pris de soubresauts incontrôlables. Aie. J'ai jamais été tactile, en fait je n'aime pas le contact, le fait qu'on m'touche. Et puis je suis terriblement maladroite avec les sentiments donc au plus ils sont loin de moi, au mieux je me porte. C'est d'ailleurs pour ça que par la suite j'aurais du mal avec lui. Maintenant que j'y repense, cette scène je la regrette. Je regrette que ce se soit passé ainsi avec ma mère et puis je regrette les jours qui sont venus après aussi. Enfin vous verrez bien. Je sais que je n'ai jamais été celle qu'elle voulait, d'ailleurs pardonne moi maman.

________ - « Je...J'ai besoin de rester seule un instant désolé. » Murmurais-je à son intention tandis qu'elle se décolle de moi dans un reniflement bruyant et me souffle un « Bien sûr » presque inaudible.

Je la contourne, gênée, et me rends presque en courant dans la chambre qu'on m'a attribuée. J'ai la plus grande, celle avec la baie vitrée donnant vue sur Central Park. Mais à vrai dire là j'en ai strictement rien à foutre car j'étouffe.

_____________________________________________1er jour-18h14 Paris-13ème Arrondissement

________ - « Le génome humain est unique. Grâce aux deux divisions cellulaires dû à la méiose et donc au brassage interchromosomique et intrachromosique, chacun est la preuve de l'unicité de l'espèce humaine. Sans parler de la fécondation qui grâce à son fonctionnement complexe...»

Les paroles de l'enseignant de faculté me parviennent sans que je n'y accorde de réel intérêt. Piégée dans un amphithéâtre gigantesque je lutte contre le cours assommant de notre cher professeur. La biologie. Quelle magnifique matière. Pour occuper les quelques minutes qui me séparent de la sonnerie tonitruante qui annoncera la fin du calvaire, j'observe l'assemblée d'étudiant. Certains boivent les mots de Monsieur Ramaz alors que d'autres discutent entre eux, ou jouent à des jeux puérils. Des jeunes tout simplement. L'annonce sonore de la fin du supplice retentit enfin. Je rassemble les quelques affaires que j'avais sorti, les range dans mon sac en bandoulière et file aussi vite que possible. Dans ma hâte je bouscule un jeune homme sans aucune forme de délicatesse. Je m'excuse rapidement et trottine vers la sortie. Si seulement j'avais su que ce quelqu'un ne resterait pas inconnu longtemps...

Mes pas me mènent tout droit vers mon appartement quelques rues plus loin. Sur le chemin je profite de la douceur de ce mois de mai. Les rayons du soleil caressent ma peau. Mes cheveux ébène se soulèvent au grès de la brise légère, son contact avec ma peau me fait frémir. Je ne me lasse pas de cette sensation. Jusqu'au bout elle me procurera ce petit plaisir. Les gens que je croise me dévisagent, comme toujours, avec le même regard. Celui qui vous rappelle que vous n'êtes pas comme les autres. Je suis un peu trop pâle, un peu trop maigre, la couleur de mes cheveux est un peu trop sombre, je suis un peu trop moi en fait. Leurs yeux expriment parfois de la pitié. Dans d'autres je peux lire de la compassion. Pour certains il y a parfois du dégoût. À la longue je m'y suis habituée. Je n'y fais plus réellement attention, ils m'importent peu.

Je monte les deux étages de mon vieil immeuble à pied. L'ascenseur est de nouveau en panne. Lorsque j'ouvre ma porte le grincement en émanant signale à tout l'étage que je suis rentrée. Je laisse mes chaussures sur le palier et vais m'étaler dans le canapé, exténuée. Cette journée de cours a encore été des plus inutiles. Pourquoi ai-je quitté mon ancienne fac au juste? Ah oui, virée pour non présentation à l'examen de fin d'année. Comme si j'avais préféré être où je me trouvais plutôt qu'à l'épreuve. Je n'en ai jamais voulu mais cela n'empêche pas qu'elle fait partie de moi et depuis si longtemps. Elle coule dans mon sang, dans mes veines, dans mon âme.

Perdue dans mes pensées, c'est à peine si j'entends mon frère passer le pas de la porte. De deux ans mon aîné, il travaille dans un magasin de musique. L'enseigne tend à se développer et fait fleurir des boutiques un peu partout. Je sais que secrètement il garde l'ambition d'un jour devenir le gérant du magasin où il passe le plus clair de son temps. Depuis un an nous habitons sous le même toit. Lui a quitté la maison familiale pour son travail, moi pour d'autres raisons. Il joue son rôle de grand frère à merveille, peut être un peu trop bien d'ailleurs.

________ - «Tu as passé une bonne journée?» Me dit-il, un brin enjoué.

________ - « Je l'ai passé c'est déjà ça.» Lui répondis-je morose.

Je vois ses traits se tirer, son visage s'imprègne d'une expression crispée. Je n'en fais pas cas et quitte la pièce pour me réfugier sur le balcon, qui n'est en réalité qu'une avancée de la porte fenêtre. En bas une petite fourmilière s'active. Pour la plupart des passants la préoccupation principale est de rentrer chez eux. Quelques uns traînent entre amis, d'autres encore visitent la ville. Ils ont tous un but tout comme moi, même si le mien est moins superficiel. Machinalement je sors une cigarette de son paquet, rangé dans la poche arrière de mon jean. Je n'ai même pas le temps de la porter à ma bouche que les remontrances de mon frère se font entendre du salon.

________ - « Analyn, ce n'est pas bon pour ta santé. Tu n'as pas besoin de ça.»

________ - « Tu sais quoi Georg? Oublie moi juste cinq minutes s'te plait.»

J'approche pour la seconde fois le produit défendu et l'enflamme d'un briquet. J'aspire la première bouffée. C'est celle que je préfère, en réalité c'est la seule que j'aime. Les suivantes sont trop fades, elles n'ont pas la même saveur, la même odeur.

________ - « Qu'est ce que je viens de te dire?! » S'énerve Georg en m'arrachant des doigts ma cigarette.

Il m'a empêché de finir d'inhaler ma précieuse fumée. Intérieurement je fulmine. Ne peut-il dont pas être ailleurs que sur mon dos rien qu'un bref instant? Une taff se n'est pas la mort non plus, de toute façon après je l'aurais jeté comme à chaque fois. J'ai bien deux ou trois répliques cinglantes à lui envoyer en pleine figure mais je me retiens. Il contre attaquerait à son tour pour finalement monter le ton et ruiner notre humeur à tout les deux jusqu'à la fin de la journée. Un regard noir en simple réponse suffit. La seconde d'après ma porte de chambre claque bruyamment.

Rageuse, je prends un livre qui retombe la minute suivante sur mon lit. Je suis trop en colère pour lire. Notre jeune différent n'est pas la seule cause de mon état d'énervement. Après tout Georg a en parti raison, c'est peut être ce qui me frustre le plus. J'ai tout de même le sentiment de ne plus arriver à supporter quoi que ce soit. Les cours m'ennuient, les gens m'indiffèrent, mon frère m'étouffe, et mon combat me tu. Bien triste résumé de ma petite vie. J'inspire et expire profondément dans le but de m'apaiser, le résultat escomptait n'est pas au rendez vous. Qu'importe une bonne nuit de sommeil emportera tout ça, du moins je l'espère. Il n'en reste pas moins qu'elle n'effacera pas tout. Qui le pourrait? En étant devin j'aurais pu répondre ce jour là.

Quelques heures plus tard, après avoir avaler un fruit, je me couche vannée. En temps normal je reste tard, soit à discuter avec mon frère, soit devant la télé mais ce soir je n'en ai pas vraiment envie. Dans mon lit je tourne et vire, sans trouver pour autant une position qui me convienne. Les mêmes pensées me travaillent sans cesse et m'empêcheront sûrement de passer une nuit rêvée.

_____________________________________________Simultané-Pensées Analyn & Leah:


« En vérité, j'ai surtout besoin d'air. »

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Hello Everybody -----

Nous y voilà, ce premier chapitre. Nous avons pris beaucoup de plaisir à l'écrire certes mais nous n'en sommes pas si satisfaites que ça :)
Mais qu'importe, la seule chose qui peut nous aider à éclaircir nos idées sont vos avis qu'on attends, pour ne pas vous le cacher, avec grande impatience.
Bon, pas très interressant ce chapitre c'est vrai, mais il faut bien vous plongez dans leur milieux de vie n_n
Pas d'inquiètude, dès les prochains, tout se complique, Haha x)
Merci de lire nos textes, vous ne savez pas à quel point cela nous fait plaisir.

Mlle-X & Mlle-A

Bisous & Smile

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# Posté le samedi 19 juillet 2008 20:12

Modifié le samedi 06 septembre 2008 16:11

Kapitel Zwei "Tu n'étais pas un cadeau, loin de là...Enfin, je pensais."

Kapitel Zwei  "Tu n'étais pas un cadeau, loin de là...Enfin, je pensais."
______________________2ème jour-23h17 New-York-The Beatrice Inn:

Et de dix-sept. Rouge de colère, ou peut être d'humiliation après s'être fait rembarrer par une blonde complètement défoncée, celui s'étant présenté comme « Matthew, mais Matt pour toi poupée » il y a une minute et quarante trois secondes plus tôt exactement disparait brutalement de ma vue brouillée. Après m'avoir lancé un très joli « Connasse » puant la rancune bien sûr. Mauvais perdant va.

________ - « A ton service mon choux » Lui répondis-je d'une voix mélodieuse tout en lui levant mon verre presque vide.

Un dix-huitième veut-il tenter sa chance ? Personne à l'horizon, dommage, je m'amusais bien. Je regarde devant moi. Les gens dansent, collés-serrés, à d'autres qu'ils ne connaissent même pas. Peut être qu'ils finiront ce soir dans le même lit, mais ça après tout, personne ne le sait. La musique nous détruit les tympans et les corps se déhanchent encore plus au fil des heures et au fil des bouteilles.

Journée de merde, j'ai passé une journée des plus merdiques. Sans parler d'hier soir, je ne suis pas sortie de ma chambre, je ne voulais pas affronter mes parents. Si c'était pour voir de la pitié dans les yeux de mes parents et bien non merci, je peux très bien faire sans. Alors ce matin je suis partie au boulot comme à mes habitudes et j'ai passé cette journée misérable. Maintenant me voici ici à enfiler verres sur verres histoire de me détendre un peu. J'aimerais oublier, raturer, recommencer. Mais ce n'est pas si simple. Allez, arrête de te prendre la tête Leah. Je me retourne, mets mes coudes sur le bar d'un air lassé et commence à compter sur mes doigts. Finalement, au bout de trois Jules et cinq Dave je me rends compte que j'suis bien trop bourrée pour compter les mecs de la soirée correctement. Je prends mon verre et le finit d'une traite. Je claque des doigts et le barman se ramène devant moi :

________ - « Je crois bien que tu as trop bu ma Belle, et puis tu n'en as rembarré que dix-sept, donc pas de dix-huitième verre pour toi » Me dit-il, sourire en coin collé à sa bouille d'ange.

Je lui fais signe de se rapprocher de mon doigt et me penche à son oreille :

________ - « Il faudrait tout d'même pas que je te rembarres aussi, nan ? Donc donne moi mon verre mon chéri. » Lui murmurais-je tout en me passant la langue sur ma lèvre inférieure.

Je le devine en train de sourire. Il ne bronche pas et retourne à ses occupations. Frustrée comme une gamine n'ayant pas eu sa Barbie, une moue se colle sur mon visage et je plisse du nez, contrariée. D'ailleurs tu as toujours dis que tu adorais m'voir comme ça. Je pose ma main sur le bar et commence à faire jouer mes ongles sur la surface en verre tout en le fixant, les yeux plissés. Il me regarde, l'air amusé et le regard moqueur. J'suis peut être bourrée mais pas cruche mon gars, tu vas voir.

Il se retourne pour essuyer ses verres avec un torchon à l'effigie de la boîte de nuit et j'en profite pour passer par-dessus le bar. Je glisse sur la surface lisse et me raccroche de peu au rebord de la table, ayant du mal à tenir sur mes gambettes. Je vais pour avancer prudemment mais soudain un craquement sec retentit à mes oreilles. Je me retourne et grimace en voyant ma jolie robe Marc Jacobs coincée dans un battant en fer. Impossible de partir sinon c'est exhibition de mes sous-vêtements gratuite. Merde. Je hausse des épaules et attrape la bouteille de vodka devant moi. Je l'ouvre et bois à même dedans, une goutte glissant le long de mon cou. Le blond se retourne et me lance un regard ahuri, je lui souris et lui tends la bouteille :

________ - « Une petite gorgée ? »

Il rigole un instant, mon culot lui arrachant un sourire éclatant. Puis il se retourne à l'annonce de son nom, son patron lui disant qu'il a finit son service pour ce soir. Au même moment un videur me pointe du doigt et m'aboie de « repasser de l'autre côté du bar ». Je lui lève ma bouteille et lui fais un clin d'½il aguicheur. Même au loin, à l'entrée de la boite, je vois une veine palpitée sur son visage cramoisi. Il commence à se glisser parmi les gens dansant dans la foule, Ouah, sa sent pas bon, mais alors pas bon du tout.

________ - « T'inquiète Tobey, je m'occupe d'elle, je la sort. » Lance le barman à côté de moi.

D'ailleurs il m'a l'air bien jeune lui, 19 ans, pas plus. Il doit sûrement faire ce boulot pour financer ses études. C'est mignon. Il m'attrape par le bras et me tire d'un coup vers la sortie sans que j'aie eu le temps de lui dire que...Et bien voilà, trop tard. Un bruit sec résonne, semblant s'étendre. Il se retourne vers moi et un de ses sourcils se lève. Mon regard passe de lui à ma robe noire déchirée en lambeaux.

Et j'éclate de rire, j'suis totalement défoncée. Je glousse comme une dinde et suis à la limite de me rouler au sol. Il me regarde, toujours de ses yeux amusés, en train de me fendre la poire comme une demeurée. Je n'en peux plus, limite j'étouffe. J'arrache le morceau qui est resté dans le battant et le coince dans mon sous vêtements, histoire de garder un peu de décence. Il me dévoile son magnifique sourire et me tire hors du bar. J'arrive sur la piste de danse, ma dite jupe ressemblant plus désormais au torchon de Tarzan qu'à une quelconque robe. Il continue de me tirer vers la sortie mais je le retiens. Je commence alors à danser. Je balance mon corps au rythme de la musique, seulement à force de faire ça, je tiens plus vraiment debout. Je commence à avoir le tournis mais je continu sous le regard du jeune homme, mordillant son pierçing et les bras croisé contre un poteau, attendant que je finisse mon spectacle pour me sortir.

Un gars se rapproche de moi. Il commence à se coller à moi laissant ses mains descendre sur mes hanches. Je ne dis rien, bien trop ailleurs. Il continue à me toucher, profitant de mon état pas très sobre. Puis je lève les yeux et me rapproche de lui en hurlant :

________ - « Ah mais je te connais ! Alex c'est bien ça ? Je ne t'aurais pas mis un stop tout à l'heure à toi ?! »

Il déglutit difficilement et avant qu'il ne puisse répliquer je sens qu'on me tire par le bras. Je trébuche et atterris dans les bras du blond avant de pouvoir manger le sol.

________ - « Il t'a assez tripoté pour ce soir, on sort » Me dit-il d'un ton sec.

________ - « Oui papa » Lui répondis-je, hilare par ma propre blague.

Il lève les yeux au ciel et m'amène vers l'enseigne lumineuse « sortie de secours ». Si j'avais su tout ce qui allait arriver après cette rencontre...Il pousse le battant de la porte et l'air frais du soir s'empare de moi. Il attrape ma main et on s'assoit tout les deux sur un banc publique derrière la boîte. Il me demande si je vais bien et je hoche la tête de haut en bas. Geste que je regrette aussitôt sentant la nausée montée. Derrière nous le bruit des voitures retentit s'accompagnant aux personnes hélant les taxis typiques jaunes de la ville de New-York. La fête bat son plein, comme chaque soir dans la cité qui ne dort jamais. Je le regarde, j'observe plus précisément ses cheveux. Nan mais c'est qui son coiffeur à lui que je le dénonce ?! J'hallucine. J'ouvre la bouche et lui dit d'une voix partant un peu dans tous les sens :

________ - « Je m'appelle Leah, Leah Spencer, et toi l'clochard ? »

Il se retourne vers moi et me sourit en tripotant son tee-shirt de ses grandes mains aux doigts fins.

________ - « Moi c'est Tom. Tom Kaulitz, Mlle la Bourgeoise » Me riposte-t-il en ajoutant sa petite réponse à ma, minable je sais, provocation.

Tom. J'aime bien se prénom, commun certes, mais simple. Je vais pour répliquer en plissant des yeux mais soudain je sens la « sauce », montée d'un coup. Pas le temps de faire quoique ce soit, je baisse la tête et tout ce que j'ai bien pu m'enfiler pendant la soirée prend le départ de mon estomac pour s'étaler sur le sol d'un bruit peu appétissant. Je me redresse, tournant la tête vers lui et le vois avec un sourire forcé collé à son visage crispé. Je lui réponds par un sourire chétif et je suis son regard qui descend vers le sol. Ah, je comprends mieux maintenant. Bon et bien, désolée pour tes chaussures blanches mon vieux.

______________________2ème jour-13h54 Paris-Université de Biologie:

Des nuits sans rêve, des cauchemars sans nuit.

Sur le même banc que la veille je gribouille sur une feuille qui avait pour fonction première de me servir de notes. Cette fois ci nous abordons la biochimie moléculaire, autant vous dire que mon intérêt pour cette matière est des plus limité. Si je me présente encore au cours c'est uniquement pour Georg. Il tient à ce que je mène une vie « normale ». Je sais à quel point ce n'est pas facile pour lui, alors j'essaye de lui accorder au moins cela. Même si ça n'en reste pas moins un leurre. Les examens arrivent bientôt de toute façon, deux mois à tenir tout de même, nous sommes les derniers universitaires à passer nos épreuves, quasiment à la même période que les lycéens. J'ai bien fait de choisir cette fac moi tiens.

L'heure s'écoule lentement comme toujours. Lorsque les dernières minutes s'égrainent, le flot d'étudiants comment déjà à se diriger vers les salles attribuées à leurs prochains cours. Je déambule dans les couloirs pour rejoindre la mienne où se dérouleront mes deux heures suivantes de TP. C'est peut être les seules plages horaires de mon emploi du temps qui ne me paraissent pas interminables. Je suis plutôt du genre manuel alors les travaux pratiques me plaisent assez.

Je m'assois à ma place habituelle mais ne vois pas mon binôme hebdomadaire à coté de moi. Un certain Frédéric je crois. Au style qualifiable d'intélo à lunettes trop épaisses pour lui, doté d'un esprit centré sur des études longues qui ne le mèneront nulle part, appart devenir presses papier. Les stéréotypes ne m'attirent pas mais lui y répond tout à fait malheureusement. Cela m'étonne qu'il ne soit pas là d'ailleurs. Je ne l'ai jamais vu rater un cours de toute l'année. Bon tant pis celui là je le passerais seule. Enfin c'est-ce que je croyais.

________ - « Excuse moi, je peux me mettre avec toi? Le gars avec qui je suis normalement est absent. »

Je me retourne vers mon interlocuteur. Il me surplombe de son petit mètre soixante dix à vue de nez. Sa carrure ne passe pas inaperçue, ni ses cheveux blond qui rendent enfantin un visage masculin. Je n'ai aucune impression de déjà vu. Il faut dire que lors des TP il y a peu de constance dans la présence des élèves. Venant souvent quand bon leur semble ou pour les plus assidus inter changeant avec des camarades aux horaires arrangeantes. Je ne me formalise dont pas et l'invite à s'asseoir.

________ - « Oui si tu veux, moi aussi mon binôme n'est pas là. À croire qu'il y a une épidémie. » Lui répondis-je rieuse.

________- « Ça doit sûrement être ça. » Ajoute-t-il sur le même ton.

Il prend place et déballe un carnet de note ainsi qu'un stylo. Je m'attarde à l'observer. C'est une manie chez moi. Regarder, analyser, décrypter, déduire, intuiter, sont mes maîtres mots. Certains qualifieront cela de malsain et dérangeant, moi je ne vois pas le mal à chercher le vrai. Les mots sont bien moins parlants que n'importe quelles attitudes ou réactions. Il suffit de savoir les comprendre. Les gens se sentent obligés de parler pour s'exprimer alors que se taire est bien plus porteur de sens.

Du coin de l'oeil je continue de faire le portrait du jeune homme installé à ma gauche. Il fixe sans ciller le professeur, qui nous déballe mécaniquement le protocole de l'expérience d'aujourd'hui. Sa mâchoire se contracte de temps à autre, alors que sa main droite fait tourbillonner machinalement le stylo emprisonné dans ses doigts robustes. Je remarque que l'aspect de ses mains témoigne d'une âme de musicien. D'une apparence décontractée je perçois une tension, dû à je ne sais quoi. Je n'arrive pas à voir ses yeux, c'est pourtant là que tout se joue. Complètement absorbée par ce désir de croiser ses pupilles je suis surprise quand j'y arrive enfin. Des yeux foncés au reflet noisette foudroient les miens. Son regard me perturbe, il est si lourd, si dur, si tranchant. Je n'en ai croisé que très peu ainsi. Je n'y décèle pas de la colère ou de la haine, juste une puissance insoupçonnée, comme cachée au fond de lui. Déstabilisée par un tel regard je détourne très vite les yeux, honteuse d'avoir était prise en flagrant délit. Durant la demie heure qui suit cet incident je n'ose pas un geste envers mon voisin. Je tente tant bien que mal d'écouter les instructions de l'enseignant mais sans grand succès.

________ - « Maintenant on enfile les blouses et on se met au travail.» Lance notre professeur.

Tout le monde s'exécute, la pièce ressemble très vite à un hôpital rempli d'internes. Vu le titre du TP je dirais que c'est encore sur la méiose et les divisions cellulaires, j'ai l'impression de passer ma vie à faire ça. Sans même m'en rendre compte je laisse échapper un souffle empli de lassitude.

________ - « Tu me sembles super motivée.» Dit mon acolyte en souriant.

________ - « A un point inimaginable. J'espère que tu as écouté le spetch du prof pour deux.»

________ - « Oui t'inquiète pas, tu étais occupée à autre chose apparemment.»

Instantanément mes joues prennent une teinte rosée. Son sourire s'agrandit. Et en plus il est satisfait de me mettre mal à l'aise. J'ignore sa dernière remarque du mieux que je peux et me penche sur la feuille intitulée "protocole". Avec un peu de chance tout est expliqué dessus beaucoup plus clairement que ce qu'à pu nous blablater le prof depuis tout à l'heure. Je comprends les grandes lignes et attrape le matériel me semblant nécessaire sur la paillasse. J'allais pipeter une solution visant à mettre en évidence les cellules en division mais mon binôme du jour me l'enlève des mains sans que je n'ai eu le temps de rien voir venir.

________ - « Mais qu'est ce que tu fais?» Lui dis-je étonnée.

________ - « Je nous sauve d'une mauvaise note.»

Il repose la solution que j'avais prise et en choisit une autre. Aïe je comprends mieux sa réaction, ce que j'avais pris aurait tout simplement bousillé les cellules. Je le regarde faire quelques minutes et voyant qu'il s'en sort très bien tout seul me désintéresse complètement de l'expérience. Assise sur une de ces chaises je rêvasse à tout et à rien. Mon esprit ne se fixe pas sur quoi que se soit en particulier, vagabondant au grès de ses envies. Tel un animal sauvage je n'essaye pas de le dompter, je le laisse galoper.

________ - « Il y a un problème?»

Cette question me sort de mon rêve éveillé et je me rends alors compte qu'elle provient de mon voisin où mes yeux se sont d'ailleurs posés dessus inconsciemment. Je ne m'étais même pas aperçu que je le regardais depuis tout à l'heure. C'est comme quand on regarde quelque chose sans pour autant le voir, la seule vision que nous avons est les images qui défilent dans notre tête. Ce qui se passe en ce moment en est l'exemple parfait. Ne sachant pas vraiment quoi répondre j'élude sa question.

________ - « Tu as pratiquement fini à ce que je vois.»

Il me regarde sans ciller quelques secondes et se décide finalement de ne pas insister pour mon plus grand plaisir.

________ - « Oui pour ainsi dire et ce n'est pas grâce à toi. » Me répondit-il sourire aux lèvres.

________ - « Vu ce que j'ai failli faire tout à l'heure valait sûrement mieux que tu travailles tout seul. Je ne t'aurais pas été d'une grande utilité.»

Avant même qu'il n'ai pu ajouter un mot la sonnerie retenti, faisant fuir les élèves de la salle de cours. L'enseignant s'époumone pour que ses étudiants restent quelques minutes de plus, le temps pour lui de noter le travail accompli, mais rien à faire la classe est pratiquement vide. Ne me faisant pas prier à mon tour je quitte aussi le cours à la hâte. J'adresse un "au revoir" à mon camarade et file vers la sortie mais ma course est ralentie par une main enroulée autour de mon poignet.

________ - « Attend, je ne sais même pas ton prénom! Moi c'est Gustav.» Me dit l'étudiant avec qui j'ai passé ces deux dernières heures.

________ - « Et moi Analyn.»

________ - « Alors c'est toi Analyn.»

Sa réflexion m'intrigue. Où veut-il en venir? Aurait-il déjà entendu parler de moi? Et dans ce cas dans quel propos?

________ - « Heu oui pourquoi?»

Pour seule réponse il m'offre un sourire sans pour autant m'éclairer d'avantage. Perplexe, je ne bouge pas et espère qu'il approfondira sa pensée mais rien. Il passe à coté de moi et me glisse doucement à l'oreille.

________ - « Je pense qu'on se reverra très vite.»

Je n'ai même pas le temps de répondre que déjà il est avalé par la foule. Ça y est, il a réussi à éveiller ma curiosité. Cette unique pensée m'assure des derniers mots qu'il a prononcé. Oui on se reverra et plus tôt que nous ne le pensions tous les deux. Dieu seul sait à quel point j'ai pu maudire cette journée.

_____________________________________________Simultané-Pensées Analyn & Leah:


« On aurait pu rêver mieux comme rencontre romantique c'est vrai, mais de toute manière ce n'était pas ce que je voulais. Je ne le savais pas, mais ce qui ne tarderait pas à s'écrire sur le manuscrit de ma vie, la bouleverserait à tout jamais. »

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Hello Everybody -----

Notre deuxième chapitre en ligne :)
Le début du commencement, voilà. Doucement mais sûrement, notre fiction commence à prendre forme elle aussi, des idées s'installent, nos personnages vous font découvrir leurs caractères bien propres à eux-même.
Des rencontre se font, & vous avez pu deviner nous présumons, qu'elles n'étaient pas anodines à la suite n_n
Nous avons déjà des lectrices formidables qui nous laissent des commentaires adorables, & ça, c'est le meilleur côté qu'on puisse retirer d'une fiction :)Nous avons désormais peur de vous décevoir, comme toujours :)

Merci encore, vos compliments nous encouragent.

PS: Une petite rectification doit être faite apparemment, nous avons donc des lectrices & des lecteurs formidables n_n

Mlle-X & Mlle-A

Bisous & Smile

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# Posté le mardi 22 juillet 2008 19:48

Modifié le jeudi 07 août 2008 22:22

Kapitel Drei "Et puis je me suis dis...Pourquoi pas?"

Kapitel Drei  "Et puis je me suis dis...Pourquoi pas?"
_____________________________________3ème jour-9h26 New-York-Quartier d'affaires:

De mauvaise humeur. Je suis tout simplement et tout bonnement d'une humeur massacrante. Je crois que c'est mon jour aujourd'hui, on a décidé qu'il fallait faire chier quelqu'un et c'est tombé sur moi. J'suis sûre qu'ils se marrent bien là-haut, bande d'abrutis. Alors me voilà dans ce métro, vu que ma voiture c'est prêté au jeu elle aussi et m'a lâchement abandonnée. Je n'avais qu'un souvenir vague des transports en commun, maintenant j'ai compris pourquoi je ne voulais pas en garder souvenir.

Serrée comme une sardine en boîte, je me demande si certaines personnes ont déjà pensé à investir dans du déodorant, ce qui ne serait pas une si mauvaise chose si vous voulez mon avis. Un quart d'heure que je suis dans ce fichu wagon, mon sac au bras, mon café sortant du Starbucks Coffee en main. J'appuie mon front contre la barre en fer. Oui parce que poisse s'entend, il n'y a pas de places assises bien sûr. D'ailleurs j'ai un gros macho derrière moi qui est en train de me courir sur le haricot, si il croit que je ne sens pas ses mains qui me tripotent, il se met le doigt dans l'½il jusqu'au coude. Je me retourne et lui fais face de mon mètre soixante-dix sur talons, il me sort un sourire qui se veut charmeur, mais pour ça il lui aurait déjà fallut un bon détartrage. Grand, le torse bombé, le teint trop halé, le regard pervers, la barbe naissante, les poils sortant de sa veste en cuir. Stéréotype looser.

________ - « Touche moi encore une fois et j'te fais bouffer mon gobelet, t'as compris ?! »

C'est ça d'avoir une ex meilleure amie vivant dans les quartiers chauds de la banlieue New-Yorkaise. Il accuse le coup l'air mauvais, grognant dans sa barbe, puis s'éloigne vers un groupe de filles gloussant comme des dindes. Bonne pêche mon vieux. Je soupire et grimace, qu'est-ce que les gens peuvent m'agacer alors. Ils sont tous pareils, insipides. Pas de personnalité, pas de caractère propre à eux-mêmes, rien. Tout est copié, plagié, calqué, imité. J'ai des amis, beaucoup trop même. Des connaissances, du piston, des relations, tout ce rapportant aux plus grandes influences New-Yorkaise et autres. Mais rien de bien concret si vous voulez savoir, ce ne sont que des gens sans importance, des personnes dont je me contre-fiche car ce ne seront jamais elles qui m'aideront le jour où je serai réellement face à un obstacle. D'abord triste par cette constatation, je me suis vite rendue compte au fil des années que pour remonter de l'abysse je n'attraperai jamais une main tendue, en réalité je me suis aperçue que je pourrai simplement donner un coup de pied et remonter à la surface, sans l'aide de qui que se soit. En clair je n'ai besoin de personne.

Il y a deux jours, j'ai appris une nouvelle qui aurait du changer ma vie. On m'a proposé de rentré dans un jeu dont je connaissais parfaitement les règles, un jeu que tout le monde évite, bien que personne ne choisisse. Et moi la première. Pourtant je n'ai pas été surprise, le hasard de la vie, point. Je l'expliquais comme ça, et puis de toute manière, que pouvais-je faire contre ? Rien. Alors j'ai décidé d'attendre, d'attendre que ça me bouffe. Et puis on verra bien.

Émergeant de mes pensées les plus noires, j'observe le métro sortant de son tunnel et se dévoilant face au monde. La pluie bat rageusement sur les vitres, colérique contre le soleil de la veille, et réveille d'un sursaut les gens essayant de finir leur nuit. Mon regard glisse vers le ciel noir comme jamais, triste miroir de mon moral. Le train ralentit puis finit par s'arrêter à une gare, le bruit perçant des portes s'ouvrant retentit et une masse de monde entre et dévale de l'appareil, me bousculant dans tous les sens. Un jeune homme fait éruption dans le wagon et place sa main au dessus de la mienne sur la barre en fer. Il me tourne le dos, ne me laissant entrevoir que ses dreadlocks. Je grimace, si ma mère aurait été là elle aurait tout d'abord été outrée puis elle l'aurait supplié de la laissé lui offrir une coupe chez son coiffeur personnel. Mais soyons réalistes, pour ma mère plutôt crever qu'aller dans le métro. Il m'est familier, en tout cas, sa main et ses cheveux le sont. Mais où est-ce que j'aurais bien pu le voir ? Car ce n'est pas vraiment mon genre de fréquentation dirons nous. Mon pied me lance une douleur lancinante qui me rappel à l'ordre de ma mauvaise humeur du jour. Je jure tandis que l'homme qui viens me marcher dessus me lance un « d'solé » on ne peut moins sincère. Une voix me parvient, grave et amusée :

________- « Le hasard fait bien les choses dis-donc, je n'aurais jamais pensé croiser quelqu'un comme vous ici. »

Je me retourne et étudie mon interlocuteur. Le dreadeux.

________- « On se connait ?! » Sifflais-je en massant mon pied à travers le cuir marron de ma botte.

________- « Vous m'aviez l'air plus agréable hier soir. » Grogne-t-il d'une voix basse.

Je l'observe plus précisément, scrutant son regard chocolat. Bordel. Je n'en reviens pas, il fallait que je tombe sur le clochard de la veille. Comme si ma migraine ne me rappelait pas assez les frasques d'hier soir. Poisse Poisse Poisse.

________- « Effet néfaste de l'alcool. » Dis-je à toute vitesse en me détournant, ne voulant pas lui accorder plus de mon précieux temps. Je l'entends rigoler derrière mon dos. Un rire franc, empreint de moquerie enfantine. Son rire.

Je lève les yeux, agacée, tandis que les portes de l'engin s'ouvrent une énième fois. Sans prendre la peine de contempler en arrière, je me fraye un chemin parmi les passagers qui déambulent et je pose les pieds sur la voie. Je marche, le menton haut par habitude, mes ongles manucurés « à la française » comme le dit l'esthéticienne, sur la sangle de mon sac Chloé. Quelqu'un presse le pas dans mon dos, et je n'ai même pas besoin de garder les yeux ouverts pour le reconnaitre.

________- « Attendez, pas si vite ! » Me lance-t-il en m'attrapant l'avant bras. J'observe sa main serrée autour de mon poignet, ses longs doigts fins et la corne rugueuse sur les bouts. Un clochard guitariste, ma veine.

________- « Quoi encore ?! » Dis-je d'un ton agacé, les yeux plissés.

________- « Vous m'devez une paire de basket. »

J'hallucine. Je le regarde ahurie, le roi des chieurs je vous dis ! Je discerne un sourire en coin prendre forme à l'embrasure de ses lèvres pleines et son regard devenir taquin voir arrogant. Pas décontenancée pour un sou j'attrape mon sac et commence à fouiller dedans.

________- « Combien ? » Je lui demande.

________- « De quoi ? » Me répond-t-il, les sourcils froncés, l'air innocent comme un gosse.

________- « Le prix des baskets ! » Lui dis-je comme si je parlais à un demeuré. Ce qui soit disant passant, n'a pas l'air si faux que ça. Il lève un sourcil, cachant ce dernier derrière le bandeau noir qui entoure son front.

________- « Ce n'était que de l'ironie, de l'humour... »

________- « Tant mieux, dis-je en le coupant. Dans se cas la je vous en donne 300$ et vous me foutez la paix, okay ? »

________- « Gardez votre argent, je n'en ai pas besoin. » Me répond-t-il avec un sourire.

________- « Très bien, alors au malheur de vous revoir. » Répliquais-je avec froideur avant de lui tourner le dos et de partir à la volée.

Je sors de la station de métro, dégainant mon parapluie noir pour les circonstances semblables. Le brouhaha de la ville me fait vibrer, me rend vivante. On ferme les yeux, et sans même distinguer on devine les choses. Les hauts immeubles brillants, les taxis jaunes doublant par la droite, les passants qui courent avec le New York Times sur la tête, les SDF cloîtré sous les toitures rutilantes, les chiens agacés par les flaques d'eau, les fashions-victimes cachant leurs brushings en dessous leurs vestes, le vendeur de donuts à l'angle de la rue en train de jurer en Italien...

...Et lui en train de me suivre.

Mon talon droit fait marche arrière, mes cheveux claquent par la faute du vent, et mon doigt se pose sur son torse. Il ne réagi pas, comme prévenant de mon geste. Bouillonnante de rage, je murmure d'une voix qui se veut sèche :

________- « On vous a déjà dit que vous étiez pire qu'un malabar collé sous une vieille pompe ?! »

Il joint ses deux mains derrière la tête et se penche en avant vers moi, de façon à mettre son visage en face du mien. Il ne bronche pas pendant un moment, ne cessant de faire glisser son regard sur moi. Un regard qui me gêne, un regard que je n'identifie pas. Et j'ai horreur de ça. D'un coup il se penche et me lance :

________- « On vous a déjà dit que vous rouliez du cul ? »

Mon doigt s'enfonce dans son torse tandis qu'il étouffe un « Aie » dans un rire grave. Ma main droite autour du manche de mon parapluie se crispe de colère et une envie folle de lui cracher à la gueule me prend. Il tourne brutalement la tête et hèle un taxi. Prenant possession de ma main, il la retire délicatement de son torse. Son regard croise le mien, il esquisse un sourire puis s'en va en courant. Dans sa course il me lance :

________- « On se reverra Mlle Leah Spencer. »

Je murmure plus pour moi que pour lui :

________-« Compte là-dessus, du con. »


_____________________________________3ème jour-15h47 Paris-Bar Le Perthus:


________-"Analyn! Jess s'en sort pas, vas l'aider le temps qu'il faut et ensuite reviens au comptoir s'il te plait."

Suite au dire de mon patron je pose le torchon et la tasse que j'étais en train d'essuyer, pour prendre les commandes de clients patientant plus que necessaire. En cette après midi de samedi, le café est bondé. Le temps est au beau fixe, ce qui pousse les habitants de la ville à sortir de chez eux pour profiter des rayons du soleil en terasses de petits bars. Et par la même occasion me donner du travail supplémentaire. Et oui en plus de mes études je travaille. Les factures ne se payent pas toutes seules, il ne faut pas croire. Certes, mon frère gagne bien sa vie mais pas assez pour nous deux et de toute façon je tiens à mon indépendance ainsi qu'à participer à nos dépences. C'est pour cela qu'après les cours (lorsque je finis tôt) trois fois par semaine plus le samedi, je passe mon temps dans ce modeste café plutôt convivial. étant proche de ma faculté il représente un repaire pour les étudiants, venant là pour se détendre, pour faire une pause entre deux cours ou tout simplement boire un verre avec des amis. L'ambiance est bonne enfant.

Le patron et sa femme sont propriétaires depuis une bonne dizaine d'années maintenant. Ils s'évertuent à garder une âme de petit commerce de bourgade alors qu'il est en plein Paris. étonnament ils y arrivent, allez savoir comment. Nous sommes deux employés, Jess à plein temps et moi avec un contrat étudiant. Leur cadette aide assez souvent aussi, elle n'a que dix huit ans mais se comporte comme une femme du monde. Toujours habillée impeccablement elle fait quelques année de plus, prédisposée à être une femme d'affaire elle n'oublie pas les fêtes branchées nombreuses dans notre capitale française. Souvent j'entends les dernier potins peoples de sa propre bouche. Je me demande ce qu'elle fait encore dans ce bar sans envergure. Mais sa réponse est imperceptiblement la même à chaque fois "je ne veux pas oublier d'où je viens". Au fond ce lieu est son échapatoire à la vie qui l'attend. Je trouverais le mien à mon tour, mais ce n'est pas pour tout de suite.

Je slalome entre les tables prises d'assaut pour rejoindre celles où les clients ne sont pas servies. J'aditionne les commandes, soustrais les boissons. à croire que tout le quartier s'est donné rendez vous ici. ça devrait être reconnu comme un sport à par entière moi je dis. Sur le coup de dix neuf heure le café commence à se vider peu à peu. C'est alors avec un soulagement non feint que je rejoins mon comptoir adoré. Mais maintenant ceux sont les gens souhaitant prendre l'apéro qui vont arriver. ça n'en finira dont jamais. Je vois Jess au loin en train de nettoyer les tables abandonnées par leur propriétaire d'un verre. Il me lance un sourire rayonnant en réponse à ma mine fatiguée. Je pense que ce garçon est un surhomme tout simplement, toujours le sourire, il est des plus sympathique. Du haut de ses vingt sept ans il respire la joie de vivre tel un enfant inocent. La vie l'a épargné, pas comme tout le monde...

Je commence à ranger le comptoir quelque peu mis sans dessus dessous par la pagaille des heures précédentes. Les verres sont essuyés et remis à leur place sur leurs étagères respectives. Je fais deux trois allés retours dans la réserve pour remplir le stock de boissons écoulées. Et finis par passer un coup d'éponge sur le bois collant du bar. Je crois bien en avoir fait assez pour dire que tout est en ordre. Alors que je m'apprétais à m'assoir cinq minutes pour une pause bien méritée un client m'apelle. Surtout rester calme, je l'aurais cette fichue pause, ne pas perdre espoir. Malgré moi je souffle de mécontentement, ce qui ne semble pas échapper à mon chèr client.

________-"Mais tu passes ta vie à souffler dis moi."

Il ne mets pas utile de relever la tête pour savoir qui a prononcé ces mots. Alors que j'allais expirer une seconde fois bruyamment après avoir reconnu le propriétaire de cette charmante phrase je me retiens.

________-"Vous désirez?" Lui répondis-je en feignant l'indiférence.

________ -"Un café sans sucre s'il te plait. Et puis on peut se tutoyer hein."

Sans prendre la peine de répondre je m'éloigne lui préparer son breuvage noir. Je prends un temps infini pour le faire. Je n'ai pas de raison particulière, juste un pressentiment sur ce qui pourrait suivre. Si j'avais su je ne lui aurais jamais servi son maudit café. Inéluctablement je reviens vers lui pour lui donner sa boisson. Il me sourit innocemment.

________-"J'imagine que tu n'es pas là par hasard?" le questionne-je.

________-"Non c'est vrai." Me répond Gustav.

Mêlant la parole à son geste, il dépose sous mes yeux un tract émanant du bar avec plusieurs notes gribouillées au dos.

________-" Il y a quelques jours tu es sortie comme une fusée de la fac et tu m'as bousculé, par la même occasion tu as fait tombé ça. J'en ai déduis que tu travaillais ici."

________-"Quel sens de la déduction! Mais ça n'explique pas pour autant ce que tu fais là?"

________-"C'est parce que tu m'intrigues." Me lance-t-il sans préavis.

Sa réplique me scotche littéralement. De ses yeux maronnés il me fixe intensément sans aucun battement de cils. J'ai l'impression qu'il me transperce de par en par, étant transparente l'espace d'un instant. Puis aussi brusquement il se décontracte et fait faiblir la fureur de ses prunelles. Je reprends mon souffle ayant oubliée de respirer le temps de sa fusillade. Je tente de reprendre contenance mais sans grand succès je l'avoue.

________-"Un rapport avec le "Alors c'est toi Analyn"?"

________-"Plus ou moins."

Ses réponses vagues m'agacent. Je n'ai pas envie de perdre mon temps avec un petit malin comme lui. Il jouera à la devinette sans moi. Je retire mon tablier, l'accroche à un porte manteau de la réserve et préviens mon patron que je sors prendre ma pause. Attrapant mon sac je passe devant Gustav toujours accoudé au bar sans un regard pour lui alors que je sens le sien sur moi accompagné de son éternel sourire. Je sors du bâtiment pour m'appuyer contre son mur de brique un peu plus loin. Je fouille dans mon sac à main pour y trouver finalement une cigarette. Je l'allume et inhale la première bouchée goulument. Mes muscles se détendent instantanément. Déjà la seconde taff n'a plus le même goût et la troisième n'en parlons pas. Je l'écrase et la jette dans le cendrier le plus proche. Je pose ma tête contre le mur poreux et ferme les yeux. Ce Gustav est si indescriptible que cela devrait me plaire normalement. J'aime découvrir les mystères des gens, c'est comme un chalenge pour moi de percer le secret des autres. Mais lui c'est différent, je ne saurais l'expliquer. Peut être est ce mon sixième sens qui me cri de fuir face à plus fort que moi? Ou alors ce qui me déplait au fond est que lui aussi essaye de percer le mien? Je m'avance certainement. Après tout nous n'avons échangé que quelques mots, se sera une conversation sans lendemain. Sa curiosité à mon encontre s'éteindra aussi vite qu'elle s'est allumé.

________-"Bouh!"

________-"Ahhh." M'écris-je.

Je sursaute de surprise et plaque ma main sur mon c½ur par réflexe. Je croise à nouveau son sourire rieur. Je retire, ce mec n'est pas indescriptible, il est barge tout simplement. Et en plus ça le fait rire le bougre. J'ai failli avoir une crise cardiaque et monsieur rigole. Bizarrement son rire est communicatif et mes lèvres s'étirent sans mon accord en un sourire sincère.

________-"J'ai enfin réussi à te faire sourire, ce n'est pas trop tôt."

________-"C'est sûr que toi ça serait plutôt l'inverse, avant que tu perdes le tien!"

________-"Que veux-tu je respire la joie de vivre."

Il simule une grande inspiration d'air à s'en faire éclater les poumons, pour finalement tout rejeter la seconde d'après. Son imitation me fait rire, lui aussi. Après avoir repris nos sérieux, il me demande:

________-"Tu as bientôt fini de travailler?"

Je regarde ma montre et lui dis que normalement il me reste encore une petite demi-heure à faire. Il décide de m'attendre en patientant derrière le comptoir. Les minutes passent vite et sans m'en rendre réellement compte je marche déjà à ses cotés pour rentrer chez moi. Nous discutons de façon amicale, m'apprenant des banalités sur lui. Comme le fait qu'il a été transféré dans cette fac récemment, suite à son déménagement de la province vers la grande ville. Ou alors qu'il a une grande s½ur avec qui il s'entend très bien. Rien de bien surprenant. De mon coté les révélations ne sont pas plus rocambolesques. Pourtant cela s'arrête net avec sa dernière question.

________-"Tu connais un certain Jeffrey?"

À l'entente de ce prénom je me raidis. Bien sûr que je le connais.

________-"Ca me dit vaguement quelque chose. Bon il va falloir que je rentre, mon frère doit m'attendre. Contente d'avoir fait plus ample connaissance, on se recroisera à la fac certainement. Ciao."

Pas besoin de plus pour filer dans les escaliers de mon immeuble en le laissant sans voix. Je ne les ai jamais grimpés aussi vite. Arrivée devant la porte de mon appartement je suis rompue. Pourquoi a-t-il fallu qu'il parle de Jeffrey? Et comment il le connait? Il n'a d'ailleurs pas dû poser la question au hasard. J'aurais pu l'interroger mais ça aurait éveillé sa curiosité déjà bien alerte. Pas besoin de jouer avec le feu en plus.

Ma respiration s'accélère subitement. Mes poumons se gorgent d'oxygène à une vitesse très vite anormale. Je sens mes jambes fléchirent. Non pas maintenant, c'est pas le moment! Pourtant mon esprit s'embrume déjà sans que je m'en rende compte. Je lutte pour stopper la machine infernale, je me bats de toutes mes forces. Des perles de sueurs apparaissent sur mon front. Au bout d'une dizaine de minutes interminables à mon sens j'arrive enfin à me calmer. Le résultat est que je suis encore plus fatiguée qu'en montant ces escaliers quatre par quatre. Une fois la porte ouverte, sous le contre coup, je chancelle jusqu'à ma chambre. Je n'ai malheureusement pas le temps d'y arriver, mes jambes ne me portent plus. Dans une chute sans grâce je m'écroule au sol. Le bruit alertant mon frère, il se retrouve à coté de moi la minute suivante.

________-"Je suis désolée Georg..." Lui glisse-je à l'oreille pendant qu'il me porte délicatement jusqu'à ma lit.

________-"Ce n'est pas ta faute" Tente-t-il de m'apaiser.

Il me pose sur le matelas. Retire mes chaussures ainsi que ma veste et rabats la couverture sur mon corps épuisé. Je sens sa main caresser ma joue rougie et ses lèvres y déposer un doux baiser.

________-"Repose toi petite s½ur, je suis là."

_____________________________________________Simultané-Pensées Analyn & Leah:


« A l'instant je n'avais plus du tout envie de te revoir. Dégage de ma vie, tu n'es là que pour me faire perdre mon temps & mon souffle imbécile. Je le désirais vraiment tu sais, mais pardonnes moi, je ne connaissais pas encore la suite de l'histoire. »


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Hello Everybody -----

Enfin le 3ème chapitre :)
Tout commence réellement à se construire. Le début démarre mais tout ne surviendra pas d'un coup. Attendez -vous à être patients, les sentiments quelques qu'ils soient ne reposent en rien sur de la banalité. Et puis les fleurs attendent les rayons du soleil pour s'ouvrirent :) Des recontres plus que banales, rien de bien concret. Néamoins le voyage continu, nous espérons vous voir toujours là pour les suites. n_n

Comment vous remercier?! Vous êtes si fabuleux :)

Mlle-X & Mlle-A

Bisous & Smile

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# Posté le vendredi 08 août 2008 11:16

Modifié le mardi 19 août 2008 19:52

One Shoot "Les enfants de l'oubli"

...
Les mêmes rengaines traînent des pieds. Une vie amochée, un c½ur épinglé et des yeux pour pleurer. Pourquoi ne pas changer de disque ? Parce que personne ne le veut au fond. C'est tellement plus facile d'être malheureux qu'heureux.
...


Une jeune fille se tint accoudée à la fenêtre d'une petite chambre miteuse. L'encadrement en bois était rempli décharde mais elle n'en faisait pas acte. Peu importe si ses avants bras étaient écorchés. Pour l'instant elle était occupée à autre chose de beaucoup plus intéressant à ses yeux. Son corps était recouvert d'un vieux tee shirt lui arrivant à mi cuisse, il se soulevait au rythme de la brise naissante laissant ses jambes frêles à nu. Elle était là, seule, à observer les étoiles impétueuses qui s'installaient dans un ciel dégagé. Chacune poussait sa voisine pour faire sa place sans aucune gêne. D'autres restaient à l'écart ne voulant s'abaisser à pareil puérilité. La demoiselle s'émerveillait de ce combat quotidien. Elle aimerait les rejoindre et livrait bataille à son tour mais le sien était bel et bien sur Terre et non parmi les étoiles.

Les minutes s'égrainaient et inévitablement elle dut refermer les battants d'une évasion sans nom. Doucement elle se glissa dans des draps qui avaient perdu de leur douceur. Elle attrapa sous son oreiller un bout de papier glacé pour y caresser délicatement la surface froissée par le temps. Après l'avoir remis à sa place initiale elle se permit de s'envoler vers un autre monde, celui de Morphée.


...
Une vie entre le passé et le futur qui n'attend qu'un présent. Mais qui est prêt à le vivre ? Rien n'est blanc ou noir, on préfère seulement le voir ainsi. Facilité, saloperie de facilité...
...


________-« Nally vient là s'il te plait ? »

Docilement la jeune fille répondant à ce prénom se dirigea vers sa directrice. Elle savait très bien de quoi elle voulait l'entretenir et c'était bien pour cela qu'elle n'y allait pas de gaieté de c½ur. Lorsqu'elles se trouvèrent à la même hauteur, la directrice attrapa sa protégé par le bras et l'éloigna des oreilles indiscrètes, dans son bureau. Une fois la porte fermée un silence lourd de sens s'installa. Elles savaient toutes deux la suite des évènements. La discussion à venir n'était agréable à personne mais elle faisait pourtant figure de passage obligé.

________-« Tu vas bientôt être majeur, et tu sais que tu vas devoir quitter l'orphelinat après ton dix huitième anniversaire. Il va falloir que tu t'y prépares sérieusement. »

Son ton était doux, calme, presque attendrissant contrairement au sens de ses mots. Mais tout cela Nally le savait bien et depuis longtemps elle y pensait. D'ici quelques mois maintenant, la désormais jeune femme, n'aura pas d'autre choix que de laisser sa deuxième famille derrière elle.

________-« Je ne veux pas... » Murmura-t-elle.

Des yeux larmoyant frappèrent de leur tristesse d'autres qui n'en pouvaient plus de tant d'injustice. L'éducatrice ne put s'empêcher de prendre dans ses bras cette nouvelle adulte à l'allure si fragile. Elle ne s'habituera jamais à ces annonces assassines qui mettent au pied du mur des jeunes déjà éprouvés par une vie qui ne leur à jamais souri jusque là. Mais le système était ainsi, elle en suivait les règles, cruelles soient-elles.

________-« Je sais bien. »Chuchota-t-elle à Nally en lui caressant les cheveux tendrement.

Quelques sanglots furent étouffés et au bout de quelques minutes madame William desserra son étreinte autour de Nally. Elle vint s'assoir derrière son bureau et tenta de mettre de coter sa compassion pour la jeune adulte. Elle évita de croiser ce regard perdu et oublié que chaque enfant possédait à l'intérieur de ses murs. Après avoir repris un semblant de contenance elle dit enfin.

________-« A ta sortie tu auras un tuteur qui t'accompagnera pour ta réinsertion. Ce sera Joe, je sais que tu l'apprécies et c'est réciproque. Il va t'aider à trouver un travail, voir même continuer tes études... »

Elle continua de lui expliquer les modalités de sa nouvelle vie, mais Nally n'écoutait plus vraiment. Pour elle cela voulait dire tout recommencer une fois encore, rien de plus. Elle s'était habituée à son quotidien, certes, peu enviable mais c'était le sien. Elle se plaisait dans cet établissement que pourtant, tant avait fuit, se réfugiant dans des familles d'accueils. Elle avait toujours refusé de se faire accueillir voir même adopter. Madame William aurait pu l'y contrainte étant sous sa tutelle mais elle n'en avait jamais rien fait. « Le bien de l'enfant prévoit toujours » disait-elle inlassablement. Et elle savait très bien que Nally ne souhaitait pas retrouver une famille, étrange soit cette idée. Son histoire lui avait appris à être indépendante et l'avait endurci bien plus que d'autres l'auraient été à sa place. Les épreuves qu'elle avait dû surmonter n'étaient pas bien originales, malheureusement bien trop banales dans cet endroit. Un accident de voiture qui fût fatal pour sa mère et son petit frère, suivi de la mort prématurée de son père ne supportant plus la vie sans eux. Tragique histoire que nombre de résidant de l'orphelinat partageaient. Des yeux qui ont perdu leur âme déambulaient dans des couloirs sombres. Des enfants trop vite flingués par une vie sans c½ur. Cruel départ. Mais pourtant chacun continuait de vivre à sa manière. Certains en se morfondant et ne voyant que le fond du gouffre qu'ils pensaient ne plus jamais pouvoir remonter. D'autres en essayant d'oublier tout simplement, en rayant de leur mémoire cet enfer qu'ils avaient vécu. Et enfin il y avait Nally. Nally qui acceptait son histoire et qui se construisait avec. Elle luttait contre ces gens qui la plaignaient, qui lui étalaient leur pitié sans décence. Elle voulait se battre et ne pas subir tel un animal blessé à mort. La jeune femme était toujours restée droite et fière. Se plaindre n'était pas son genre, elle avait vécu ce que la plupart des enfants n'auront jamais à affronter et elle l'assumait. C'était son passé et son avenir, ça faisait parti d'elle à jamais, pourquoi le nier?


...
Lorsque les autres se courbent certains restent droits. Pas besoin de leur demander pourquoi, ils l'ont décidé point final.
Regarder devant soi et ne pas pleurer le passé. Avancer, on le voudrait tous.
...


Aujourd'hui l'orphelinat connaissait une agitation particulière. Les éducateurs semblaient sur le qui vive, sans parler de Madame William qui ne cessait de courir de droite à gauche. La nervosité avait fait sa place et n'était pas décidé à quitter ces pauvres gens. Les enfants un peu perdus il faut l'avouer, n'en savaient pas la raison qui était soigneusement dissimulée. Quelques mots étaient interceptés tels que « ch½ur », « chanter », « groupe », rien de bien probant. Alors ils attendaient tous on ne savait quoi. La matinée se déroula dans cette nervosité ambiante. Mais après le déjeuner, quand chacun fût dans sa chambre en train de s'occuper à sa façon, les orphelins furent tous appelés à se réunir dans le grand hall. Une fois encore les enfants se questionnèrent et scrutèrent de leur yeux alertes le moindre indice. Mais appart un orphelinat spécialement propre rien n'avait changé. Lorsqu'ils furent tous présents, la Directrice demanda le silence d'un claquement de main et l'obtint en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire. Enfin ils allaient savoir d'où venait tout ce chamboulement.

________-« Alors comme vous avez pu vous en apercevoir aujourd'hui il y a eu une certaine agitation. Je vais vous en donner la raison de suite. L'orphelinat a été contacté par une maison de disque pour que notre chorale participe à un titre d'un nouvel album à paraitre. Je suis sûre et certaine que chacun d'entre vous connait ce groupe et c'est pour cela que nous vous avons tenu au secret jusqu'ici pour éviter toutes fuites minimes soient elles. Il s'agit du groupe Tokio Hotel... »

Elle n'eut pas le temps de finir son discours que déjà les chuchotements s'élevèrent et couvrirent sa voix. L'étonnement puis le ravissement se lurent dans les yeux des jeunes. Pour la plupart c'était à peine croyable, très peu furent indifférent, qui le pourrait après tout ? Plusieurs filles ne retinrent pas leur enthousiasme et le laissèrent exploser librement. Pourtant après dix minutes de lutte pour ramener le calme La Directrice parvint enfin à poursuivre son allocution.

________-« Les enfants ! S'il vous plait un peu de calme ! Alors voila, ils doivent arriver dans l'après midi si tout va bien. Ils resteront quelques jours pour l'enregistrement. Je compte sur vous tous pour leur faire un accueil digne de ce nom. C'est un magnifique cadeau qu'ils nous font, profitez' en. » Dit-elle gaiement.

Elle pouvait compter là-dessus, c'était certain. Même si dans l'établissement le groupe ne faisait pas l'unanimité il n'en restait pas moins que leur notoriété les avait précédé. Lentement le hall se vida, Nally quant à elle remonta dans sa chambre. Cette nouvelle l'avait chamboulé comme tout le monde. Elle appréciait ce groupe, leur musique lui avait toujours plu. Lorsque le son de leur chanson se faisait entendre elle l'écoutait attentivement et ne pensait à rien d'autre que les accords qui s'additionnaient sans fausses notes. Rencontrer de telles stars paraissait impossible. De plus elle faisait partie de la chorale, elle mêlerait donc sa voix à celles de ses compagnons d'infortunes ainsi que du chanteur qu'elle respectait profondément. Elle allait avoir la possibilité de vivre un pareil moment que tant lui enviait. Elle, jeune fille orpheline depuis ses huit ans, vivant pour espérer un lendemain plus heureux, allait le voir se lever. Enfin elle allait être récompensée pour son courage, sa foi dans un avenir meilleur et son obstination à ne pas abandonner. A ses yeux c'était comme un cadeau qu'elle n'osait plus espérer.

Un certain frénétisme s'empara d'elle quand elle entendit les escaliers piétinés par une bonne dizaine d'enfants courant à moitié. Le groupe devait sans doute être arrivé. Son ventre se mit à se contracter sans y avoir était invité, cela ne l'empêcha pas de garder son calme et sa sérénité légendaire. Certes, elle les appréciait beaucoup mais ce n'était pas pour autant une fan inconditionnelle de leur musique et encore moins une de ces groupies sans élégance. Lorsque la majorité des orphelins furent dans le hall pour les accueillir elle se décida enfin à descendre à son tour. Lentement elle prit les marches craquantes et fût entourée très vite par l'intégralité des résidents de l'établissement. Elle réalisa qu'en réalité ils étaient bien plus nombreux que ce qu'elle pensait. La plupart très jeune, quelques adolescents et très peu de son âge, il est vrai qu'elle faisait office de doyenne ici. Elle resta à l'écart de la foule, attrapant un verre de jus d'orange mit à disposition sur le buffet dressé pour l'occasion et le sirota. Son regard se balada sur le hall mais elle ne distingua même pas le groupe tant attendu. Par contre elle reconnut un de leur manager qui discutait avec Madame William. Lorsque leur conversation pris fin la Directrice exigea le silence et l'obtint très vite comme à son habitude. Elle demanda aux choristes de se regrouper près d'elle. Nally reposa son verre vide et se retrouva la minute suivante là où on lui avait demandé. Encerclée par une dizaine d'enfants elle vit enfin les Tokio Hotel qui se trouvaient à quelques mètres d'elle. Côte à côte ils discutaient en aparté, ne semblant pas s'intéresser particulièrement à la chorale qui venait de se regrouper devant eux. Ils étaient exactement comme sur les photos qu'elle avait pu voir d'eux, avec pour seule différence qu'ils étaient plus souriants. Pendant qu'elle les détaillait avec discrétion madame William intervint.

________ -« Les enfants vont vous interpréter un classique allemand si vous le souhaitez. »

Sortant de leur petit monde, le groupe réalisa qu'il n'était pas tout seul et prêta une soudaine forme d'intérêt aux personnes présentes devant eux.

________ -« Ça serait avec plaisir. » Annonça le chanteur avec un enthousiasme non feint.

C'est alors qu'ils posèrent leur regard sur ceux qui seraient leurs partenaires musicaux pour les jours à venir. Ils savaient pertinemment que chacun des enfants présents avait une lourde histoire derrière lui et pour certains malheureusement devant lui. Le bassiste sembla attendrit par ces jeunesses abîmés, ses yeux le trahissaient. Alors que le chanteur paraissait empreint à une joie nouvelle, celle de découvrir une collaboration unique pour lui. Quant au guitariste et au batteur rien ne passait la barrière de leur visage lisse de tout sentiment apparent. Les voix s'élevèrent timidement au début pour s'intensifier par la suite. Un timbre doux sortit de ces cordes vocales, rendant le premier couplet agréable et délicat à l'oreille. Pas de fausse note, de la justesse et rien que de la justesse. Une ferveur anima les choristes et elle se propagea à toutes les personnes, sans exception, qui étaient spectatrice. Le refrain plus dur imposa le respect aux membres du groupe un brin ébahi par cette performance. Malgré qu'elle ne soit qu'une chorale amatrice créée à l'origine pour occuper les enfants elle concurrençait bien des professionnels.

Nally prenait un plaisir fou à animer sa voix, elle avait toujours aimé chanter. Souvent pour elle seule, par peur de se ridiculiser mais ensuite elle avait pris confiance en elle et elle avait bien raison. Maintenant elle n'hésitait plus à chantonner, peu importe qui l'entourait. Ça lui plaisait tout simplement. Alors c'était presque naturellement qu'elle avait intégré la chorale à son arrivée ici.

Lorsque la dernière note fût offerte un silence soudain s'installa en prévoyance d'une salve d'applaudissement. Heureux de leur performance et du retour qu'ils en avaient les enfants exprimèrent leur joie. Nally sourit elle aussi, mais d'un naturel discret n'en exprima pas plus. Le groupe avait beaucoup aimé ainsi que le manager qui était ravi de ce qu'il venait d'entendre. Elle s'éclipsa le plus vite qu'elle put. Être mise sur le devant de la scène ne l'intéressait pas vraiment et c'était inévitablement ce qui allait se passer si elle restait une minute de plus ici. Discrètement elle quitta la chorale, se faisant la plus petite possible. Alors qu'elle allait passer les portes du hall pour se retrouver dans l'espace verre appartenant à l'orphelinat elle fût stoppée nette par la sommation de madame William.

________ -« Nally tu peux venir s'il te plait ? »

Elle ne retint pas un soupir de déception. Elle prendra l'air une autre fois même si elle était certaine que ça aurait été bienvenu à ce moment ci. De mauvaise grâce elle rejoignit sa Directrice qui était entourée du groupe et de son manager. Avant même d'être à leur coté elle se sentait déjà mal à l'aise.

________ -« Je vous présente Nally, c'est entre guillemet le leader de la chorale. »

Il est vrai que son âge et son charisme doux au premier abord -mais qui ne manquait pas de piquant en cas de besoin- lui avait permis de conquérir le respect et l'obéissance de ses jeunes compagnons. Madame William continua l'éloge de sa protégée.

________ -« Elle est travailleuse et volontaire. On peut dire qu'elle est le second de Joe qui est le professeur de chant improvisé. Si jamais vous devez vous référer à quelqu'un adresser vous à Nally, elle vous aidera sans problème. »

La Directrice parlait d'elle comme si elle n'était pas là. Cela convenait à Nally, le regard ailleurs elle n'avait pas envie de répondre aux regards de ces musiciens qui la déshabillaient des yeux. Elle ressentait une certaine gêne face à eux, elle n'était pas habituée à faire de telle rencontre il faut dire. Alors jouer l'invisible lui convenait. Mais le chanteur n'était pas de cet avis.

________ -« Ça fait longtemps que tu chantes ? » La questionna-t-il.

Elle sembla réaliser subitement qu'elle n'était pas seule. Son regard croisa celui du chanteur répondant au nom de Bill. A son tour elle le dévisagea à sa manière, très vite elle réussit à le perturber. Pour cela elle était tout simplement une experte, son regard émeraude transpercé sans obstacle ses yeux chocolats, quoi de plus facile pour elle ?! Il commença à se dandiner nerveusement et à jeter des coups d'½il à ses acolytes en réclamant une quelconque aide. Alors que madame William allait intervenir pour qu'elle réponde et par la même occasion qu'elle arrête de malmener son invité, elle la devança contrainte et forcée.

________-« En réalité j'ai toujours chanté, j'appartiens à la chorale depuis près de dix ans maintenant. »

________-« Waouh ça fait un sacré bout de temps que tu es ici alors.» S'exclama le bassiste étonné.

Il reçut un coup de coude bien placé de la part du batteur se trouvant à sa droite. Il ne pouvait rien dire de plus maladroit à ce moment précis. Mais s'il ne l'avait pas fait ça n'aurait pas été le vrai Georg qu'elle avait en face d'elle. Les musiciens attendirent sa réaction avec une certaine appréhension mais sa réponse exprima un tout autre ressenti.

________-« C'est vrai, ça veut dire que je chante depuis plus longtemps que votre groupe n'existe. » Dit-elle joyeusement.

________-« Exacte. » Ajouta Georg soulagé.


...
Que la lune nous éclaire, et que le soleil nous guide vers un jour impossible. Qu'enfin les frontières tombent, et que les chemins s'éclaircissent vers des paysages imaginaires. Tourbillon de folie pour des moments de délices. Espérons-le.
...


________-« Bon les jeunes, il va falloir se mettre au travail sérieusement maintenant. On a que quelques jours pour enregistrer, la prod' ne m'a pas donné de créneau plus grand alors on active. » Annonça le manager.

Il ne manquait rien de plus pour mettre en route la machine. Les enfants participants à la chorale et le groupe lui-même furent installés dans la pièce qui servait de salle de chant à l'orphelinat. Elle n'avait rien des studios que les Tokio Hotel côtoyés habituellement mais elle suffirait largement pour faire le gros du travail avant de partir pour le studio d'enregistrement. Pendant la première heure, le temps fût essentiellement utile à l'apprentissage du texte. Etrangement les enfants furent tous studieux et apprirent sagement. Concentrés, certains réprimèrent même un des musiciens quand il faisait trop de bruit en discutant avec son voisin. Leur sérieux et leur investigation les firent sourire sans retenu. Nally passait dans les rangs pour aider ceux qui peinés. Deux, trois jeunes n'étant pas âgés de plus de six petites années butaient inéluctablement sur quelques mots. Lorsque tous semblèrent avoir bien assimilé le texte, vint le moment de mettre en pratique le travail accompli. Instinctivement le chanteur pris les choses en main. Certes, il n'avait jamais travaillé avec des enfants mais il avait une autorité naturelle et puis le chant était son terrain de jeu après tout. Tom ainsi que Georg avaient apporté leur instrument contrairement à Gustav à cause de la taille de sa batterie beaucoup trop encombrante.

________-« Georg tu nous donnes un LA s'te plait. » Demanda Bill.

________-« On se croirait dans un orchestre. » Plaisanta-t-il.

________-« Georg ! »

________-« Oui c'est bon je te le donne ton LA. Si on peut même plus plaisanter maintenant. » Grogna-t-il.

La note résonna dans la pièce et signa le début de plusieurs heures d'entrainement, de travail, d'acharnement et surtout de bonheur, entre des êtres appartenant à des mondes différents mais réunis dans le même, le temps d'une collaboration éphémère. Les voix enfantines s'alignèrent au LA puis déclinèrent vers une nouvelle mesure, celle du refrain. Quelques fausses notes s'immiscèrent par ci par là mais ne gâchèrent en rien cette première. Sans relâche ils répétèrent encore et encore, jusqu'à frôler la perfection. Malgré les heures qui défilaient personne n'eut l'idée de se plaindre, même les plus jeunes ne montraient signe de fatigue. De temps en temps David entrebâillait la porte pour voir l'évolution puis repartait la minute d'après souriant. Gustav n'ayant pas son instrument ne resta pas inactif pour autant. Il encouragea et motiva les troupes avec sa bonne humeur. Nally qui avait assez rapidement assimilé le refrain vint une nouvelle fois donner un coup de main à ceux qui en avaient le plus besoin.

Une petite fille, appelée Julia semblait mise en difficulté par la fin du refrain. Le découragement se lisait sur son visage de porcelaine alors qu'elle regardait les autres s'en sortirent à merveille. Nally occupée à discutailler croisa le regard de la petite et ses pas ne mirent pas bien longtemps à parcourir la faible distance qui l'a séparé de Julia. Elle la prit à l'écart puis s'accroupie à sa hauteur.

________-« Julia, qu'est ce qui ne va pas ? »

________-« J'y arrive pas, j'suis nulle... » Se morfondit-elle.

________-« Mais non voyons ! Ne dis pas ça, tu sais très bien que c'est faux. »

________-« Mais... » Tenta-t-elle de protester.

________-« Il n'y a pas de mais qui tiennent. » La coupa Nally. « Fait ce que je te dis et tu verras tu y arriveras très bien. Met tes bras le long du corps et redresse-toi. Il faut que tu laisses l'air circuler librement dans tes poumons. »

Accompagnant ses mots elle souleva le menton de la fillette et déposa sa main droite sur son ventre alors que l'autre se plaça dans son dos. Elle laissa ses membres suivre la respiration de Julia.

________-« N'oublie pas que ta voix ne vient pas seulement de tes cordes vocales mais aussi de tes poumons et de ton ventre. Garde toujours de l'air pour ne pas que tes fins de phrases ne s'épuisent. Je veux ressentir de l'air ici. » Dit-elle en désignant l'endroit où logeait sa main droite. « Maintenant chante le refrain jusqu'au bout, même si tu penses chanter la fin faux, ce n'est pas grave, vas-y. »

Julia s'exécuta. Elle suivit à la lettre les recommandations de Nally. Lorsque le moment fatidique pointa le bout de son nez, le ventre de la petite se contracta sous les doigts de Nally. Doucement elle caressa de sa deuxième main le dos de l'enfant pour la rassurer. Cela sembla l'aider puisque c'est sans accroche que le refrain se termina.

________-« Et ben tu vois ! Tu t'en es très bien sortie. »

________-« C'est parce que tu étais là. » Se défendit Julia.

________-« N'importe quoi. » Pouffa-t-elle en ébouriffant les cheveux de l'enfant.

Alors qu'elle s'éloignait de Julia elle aperçut le regard -qui se voulait discret- d'un des musiciens, posait sur elle. Il avait dû observer la scène. Ces yeux parlaient pour son propriétaire sauf qu'elle ne comprenait pas le message, du moins pas encore.


...
Simple passion ou raison de vivre, ses notes nous encensent. Unique mais tellement différente, personne n'oserait s'en passer. A quoi bon citer son nom, le mot « musique » n'a de sens que pour celui qui sait jouer avec elle.
...


Les rayons du soleil déclinés derrière les maisons vieillies par le temps, la journée touchait à sa fin. Assise sur le muret qui délimité ladite terrasse, Nally observait le ciel qui avait pris pour l'occasion une couleur orangée. La nuit gagnait du terrain de minute en minute, commençant à semer des étoiles de ci de là dans son sillage. Perdue dans ses pensées elle n'entendit pas les pas qui se rapprochaient régulièrement pour finalement s'arrêter à sa hauteur. Un jeune homme vint s'asseoir à ses cotés et elle fût surprise de le trouver là quand elle se rendit compte de sa présence.

________-« Je t'ai fait peur ? »

________-« Pas vraiment. » Nia-t-elle, malgré qu'elle fût trahie par un léger soubresaut.

Le musicien ne dit rien de plus, Nally non plus. Ils étaient justes côte à côte à observer la nuit faire son entrée fracassante dans le jour qui s'éteignait. Puis le centre d'intérêt de l'artiste dévia vers la jeune femme à quelques centimètres de lui. De ses yeux noisette il la détailla, il l'étudia comme on observe une lamelle sous un microscope. Son regard traduisait cette impression de découvrir pour la toute première fois un paysage inconnu. Puis vint le moment où le silence se rompt.

________-« Comment tu fais ? » Lui demanda-t-il.

________-« Pardon? » Répondit-elle avec une certaine incompréhension.

________-« Comment fais-tu pour être aussi sereine ? » Etoffa-t-il.

Un sourire s'immisça au coin de ses lèvres. Ce chère guitariste n'était pas le premier à lui poser la question, et ne serait sans doute pas le dernier. Elle prit son temps pour trouver ses mots. Ce qui était une évidence pour elle, ne le serait certainement pas, pour quelqu'un qui avait la chance de vivre ses rêves et de ne pas avoir connu le malheur d'une famille anéantie.

________-« Il suffit d'accepter et de ne pas lutter contre. Je me tuerais si je le faisais. Ma vie a commencé ainsi et je ne peux rien y faire. Ce n'est pas parce que le départ est mauvais qu'on doit obligatoirement perdre la course.»

Une nouvelle fois le silence s'imposa, permettant au guitariste de réfléchir aux paroles qu'il venait d'entendre. Espérer et croire en l'avenir, voilà ce que voulait lui faire comprendre Nally. Il n'était pas sûr pour autant que ce qu'elle affirmait était véritablement possible après les innombrables tragédies que ce monde portait en son sein.

________-« Je ne me serais pas remis de la perte de mon frère et de mes parents. » Avoua-t-il.

A l'entente de cette phrase Nally se raidit. Même si elle l'acceptait il n'en restait pas moins que la cicatrice était toujours présente et que jamais elle ne se refermerait complètement. Jeter du sel dessus ne faisait évidemment pas de bien. Elle ravala une vague de nostalgie et lui demanda.

________-« Comment connais-tu mon histoire ? »

________-« Les enfants sont bavards, il ne reste plus qu'à tendre l'oreille. » Lui répondit-il pensif.

________-« Puisque tu connais la mienne raconte moi la tienne maintenant. »

________-« Elle n'a rien d'extraordinaire. On a formé le groupe au début juste pour s'amuser, passer du bon temps. Puis on s'est accroché à ce projet et on a cru en un avenir dans la musique, David nous a vu jouer un jour et... »

________-« Non Tom, je t'ai demandé de me raconter ton histoire, pas celle du groupe. » Le coupa-t-elle.

Surpris, il ne perçut pas tout de suite la différente. Après tout le groupe était toute sa vie, il y avait bien longtemps que les barrières entre son travail et lui s'étaient écroulées. Ils ne faisaient plus qu'une seule et même personne. Alors la réplique de Nally l'avait quelque peu désarçonné. Une subite remise en question venait de lui sauter au cou sans avoir crié garde. Depuis quand la marge entre le guitariste de Tokio Hotel et Tom Kaulitz n'existait plus? Lui-même ne saurait le dire.

________-« Et bien... heu... mon histoire... » Se perdit-il.

Les mots ne se bousculaient pas vraiment au portillon. Il cherchait une réponse à offrir mais rien ne lui venait à l'esprit. Il s'agita, ne sachant quoi dire. Le même tic que son frère remarqua Nally. En quelques mots elle venait d'ébranler le jeune homme. Lui de nature si confiante venait de chuter sur une question à l'allure anodine. Voyant le malaise qu'elle venait d'occasionner elle préféra laisser le guitariste tranquille.

________-« Il commence à être tard et demain une rude journée nous attend. Je vais dormir et tu devrais faire de même. » Lui conseilla-t-elle.

Alors qu'elle allait franchir la porte pour entrer dans l'orphelinat, elle se retourna vers Tom qui n'avait toujours pas bougé.

________-« Tout le monde à une histoire Tom, parfois il suffit juste de se la remémorer pour qu'elle prenne vie. Mais surtout ne l'oublie pas, ne t'oulie pas. »

Sa silhouette avait déjà disparu dans l'ombre de la nuit avant même que sa voix se soit éteinte.Laissant un Tom perdu dans un tourbillon de questions, qui auparavant ne l'avait jamais tant malmené.


...
Des petites questions aux grandes réponses il n'y a qu'un pas.Un pas qu'on ose ou pas franchir.
...


Le jour suivant permit de parfaire le travail déjà accompli. Lorsque l'aube du troisième jour se leva tout le monde était prêt à se rendre au studio d'enregistrement. Les enfants surexcités ne pouvaient s'empêcher de s'agiter. Le hall de l'orphelinat était devenu une vraie fourmilière où se croisait enfants, éducateurs, groupe de musique, et gardes du corps. Un ensemble relativement étrange mais qui semblait cohabiter parfaitement. A partir du moment où le bus emmenant toute la troupe au studio fût là, tout s'enchaina très vite. Le trajet ne dura qu'une dizaine de minutes et par miracle ne subit pas l'assaut de fans ou paparazzis en délire. Tout avait été organisé dans une parfaire discrétion. Comme quoi, quand on veut on peut.

Sur place, la chorale fût prise en main par quelques ingénieurs du son et professionnels qui les équipèrent. Le quart d'heure ne s'était pas écoulé que déjà ils se trouvaient dans la salle d'enregistrement avec casque sur les oreilles et micro devant la bouche. Un sentiment de ne pas être à leur place semblait flotter dans l'air ambiant. Ils n'étaient tout simplement pas habitués à ce rythme, à ce professionnalisme, à cet impersonnalisme. Certains se demandèrent même ce qu'ils faisaient là. Les yeux fuyant les enfants tentèrent de se raccrocher à quelque chose de familier. Ils ne trouvèrent pour cela que leur éducateur Joe ainsi que Nally. Eux-mêmes pas vraiment dans leur élément.

Les musiciens avaient déjà enregistré, il y a de cela une semaine, la partie instrumentale de la chanson, et n'étaient donc que spectateurs. Le chanteur quant à lui n'avait pas gravé sa voix au même moment et le ferait en même temps que la chorale. Son micro était volontairement plus puissant que ceux de la chorale pour ne pas que sa voix ne soit noyée parmi toutes les autres. Le décompte retentit dans les casques, prévenant les jeunes de l'imminence du moment pour lequel ils avaient travaillé inlassablement depuis trois jours.

Unanimement les voix retentirent et firent fuir l'ambiance détestable pour les envelopper de leur art. En l'espace de quelques secondes les visages s'étaient détendus et arborés une concentration mêlée à un plaisir de faire ce qu'ils aimaient. La chaleur de leur passion s'étendait à travers toute la pièce et même au-delà. La ferveur de chanter ses mots qui les racontaient, les animait d'une puissance sans limite. Oh oui qu'ils aimaient chanter, oh oui que ce texte les touché ! Ils étaient invincibles, prêts à croquer le monde à pleine dent. Mais tout cela disparu quand les voix s'éteignirent. Lentement ce merveilleux sentiment perdit de son éclat, se terni, s'abîma, se détruit. Ils redevenaient de simples enfants amochés...


...
Rêver une seconde pour s'évader. Ne pas avoir les pieds sur Terre et s'en foutre. N'être dépendant de rien ni personne. Vivre.
...


Exactement sept jours étaient passés depuis l'enregistrement. De nouveau le groupe était présent dans l'orphelinat, ils pensaient faire découvrir le fruit du travail de la semaine passée. C'était ce qu'ils pensaient... Malheureusement la réalité était bien différente. Toujours la même agitation lorsqu'ils passaient les portes de l'entrée. Les jeunes se regroupèrent autour d'eux et attendirent impatiemment d'entendre la chanson. Contrairement à leur dernière venue ils n'étaient pas seulement avec David Jost mais aussi avec les trois autres managers. Tout les quatre discutaient avec la Directrice appart, le visage crispé de cette dernière n'annonçait rien de bon.

Insouciante de ce qui se tramait Nally vint saluer les quatre musiciens. Ils prirent des nouvelles les uns des autres. Il faut avouer que tout les cinq s'entendaient relativement bien. Malgré quelques bourdes de Georg qui faisaient plus rire qu'autres choses Nally, alors que ces trois acolytes ne cachaient plus leur résignation face au don inégalable de leur ami.

________-« Sinon vous avez entendu la chanson en entier ? » Demanda Nally.

________-« Oui, et le refrain avec le ch½ur rend super bien. Moi ça me fait frissonner. » Dit Gustav.

________-« C'est vrai que ça donne un sacré plus à la chanson, vous avez été super. » Renchérit Bill.

________-« Merci. Ici tout le monde est ravi d'avoir pu chanter avec vous, les enfants ont du mal à redescendre sur Terre. Ils sont encore sur leur nuage. »

________-« Toi aussi non ? » Questionna Tom.

________-« Un peu je l'avoue. » Dit-elle le sourire aux lèvres.

Mais leur conversation fût coupée par un des manager. Il prit la parole et demanda le calme. Son air dur n'était pas aussi avenant que son collègue monsieur Jost. Le silence s'imposa et les enfants se turent devant la sévérité de son regard.

________-« Voila la chanson « vergessene kinder » ne comportera finalement pas de ch½ur. Nous vous remercions pour votre collaboration mais la production préfère la première version. Bonne journée à tous. »

Boum ! La bombe venait d'éclater aux visages de ses enfants qui espéraient entendre une chanson qui en fin de compte ne verrait jamais le jour. Le peu de délicatesse du manager ne fît pas réagir les enfants. Non personne ne réagit en fait. L'assemblée resta bouche bée face à cette annonce destructrice. Le mal de l'assimilation toucha tout le monde. Comment ? Pourquoi ? Les questions fusaient dans les têtes. Tout leur travail réduit à néant. En quelques mots ce qui les rendait si heureux ces derniers jours avaient été piétiné négligemment. Le mot déception n'était même pas de circonstance, ce qui avait empoisonné leur joie était bien pire. Nally reprit ses esprits rapidement et lança un regard assassin aux musiciens présent à ses cotés.

________-« Alors comme ça on était super ? C'est ça ! » Dit-elle froidement les yeux incandescents.

Le chanteur voulut protester mais elle ne lui en laissa pas le temps.

________-« Vous vous êtes bien foutus de nous. Vous débarquez comme ça, mettez du rêve dans nos vies, des étoiles dans nos yeux. Et puis vous repartez comme des voleurs en emportant tout avec vous. Vous devriez avoir honte de faire subir cela à des enfants qui ont déjà bien plus trinqué que n'importe qui d'autres. »

Elle tourna les talons et disparu de leur chant de vision avant même qu'ils n'aient eu le temps de contre attaquer. Hébétés ils ne savaient quoi dire appart qu'ils étaient innocents. Ils s'aperçurent penauds qu'eux aussi avaient été manipulés par leurs marionnettistes de producteurs. Ils s'étaient bien gardés de leur dire que la chanson ne serait pas accompagnée de la chorale.

________-« Ça ne se passera pas comme ça ! Mais pour qui ils se prennent à la fin ?! » S'énerva le chanteur.

Pas besoin de demander l'accord de ses musiciens, Bill savait pertinemment qu'ils pensaient la même chose que lui. D'un pas déterminé il fonça droit sur David (celui des manager avec qui il s'entendait le mieux) et d'un ton sans réplique lui dit.

________-« Passe-moi ton portable s'te plait. »

________-« Ils ne changeront pas d'avis... » Répondit-il la voix grave.

________-« C'est ce qu'on va voir. »

Voyant qu'il n'entamerait pas la motivation du chanteur il s'exécuta et sorti de sa poche l'objet convoité par son protégé. Voracement il s'en empara et s'éclipsa à l'extérieur pour pouvoir parler librement ou plutôt fulminer librement.

De son coté Tom lui aussi avait pris la poudre d'escampette. Il tentait de retrouver Nally. Il n'eut pas besoin de chercher longtemps, encore une fois elle se trouvait sur sa petite murette. Mais cette fois elle n'observait pas les étoiles sereine, elle fixait l'horizon les mains cramponnées au chapeau du muret. Sa colère se ressentait des kilomètres à la ronde mais cela ne découragea pas le jeune guitariste.

________-« Je peux m'asseoir ? » Demanda-t-il.

________-« Non. »

Il ne prêta pas attention à sa réponse et s'installa tout de même.

________-« C'était bien la peine que tu me poses la question. »

________-« Nous n'étions pas au courant Nally. En venant on pensait vous faire découvrir la chanson avec vos voix. Je te promets qu'on a été autant abasourdi que vous quand on a apprit la nouvelle. Bill est en train d'appeler la production pour arranger ça. Crois-moi. » Plaignit-il.

Elle le regarda longuement le visage impassible. Elle le sondait littéralement pour savoir si elle pouvait lui faire confiance. Ses yeux qu'elle transperçait ne demandaient qu'à être crus, ils reflétaient son désir qu'elle ne le prenne pas pour une star sans morale. Quand elle prit sa décision Tom lu tout de suite sur ses traits subitement adoucis qu'elle avait vu clair dans le jeu des producteurs. A ce moment là, une voix vociférant se fit entendre.

________-« Comment ça, ça ne vous plait pas ?... Je vous rappelle que c'est encore nous qui décidons des chansons qui apparaissent sur nos albums et vergessene kinder et bien mieux avec la chorale... Je me fiche que vous ne soyez pas d'accord, c'est notre décision un point c'est tout... Pardon ? Foutez nous à la porte et vous allez le regretter. Pour votre gouverne nous faisons parti des groupes les plus en vogue, nous n'aurons aucun problème à trouver d'autres producteurs plus à l'écoute EUX... OUI JE M'EVERNE PARCE QUE J'EN AI MARRE DE PARLER A DES INCOMPETENTS DOUBLES D'IDIOTS SOURDS !

Sur ce il raccrocha en massacrant le pauvre touche portant un téléphone rouge en façade. Le ton était donné. Nally et Tom regardait Bill avec de grands yeux ronds.

________-« Quoi ? J'ai un bouton au milieu de la figure ? » Demanda le chanteur.

Ils ne purent retenir un rire communicatif qui se propagea à Bill lui-même.

________-« Bon maintenant que tu nous as fait virer en fait quoi ? » Demanda Tom qui ne s'était pas totalement calmé.

________-« T'inquiète pas, on leur ramène bien trop d'argent pour qu'ils nous virent. »

Tout les trois retrouvèrent le reste du groupe et par la même occasion Bill rendit son portable à David qui ne fît aucun commentaire sur la touche rouge enfoncée. Les minutes s'écoulèrent bien trop lentement au goût de tous. Chacun attendait que ce maudit téléphone ne sonne pour apprendre la décision finale. Parce qu'évidemment la production allait appeler, soit pour céder, soit pour persister dans un chemin se heurtant au groupe.

Finalement ils durent patienter soixante quatorze minutes. David décrocha avant que Bill ne lui arrache le téléphone des mains pour répondre à sa place. Aussitôt il sortit en sommant, d'un signe de main, le chanteur de ne pas le suivre. Ce qu'il fît contraint et forcé. Une nouvelle fois ils durent s'armer de patience. Lorsque le manager revint quelques minutes plus tard il ne laissa rien paraître.

________-« Qu'est ce qui tu lui as dit Bill ? » Demanda-t-il.

________-« Heu moi ? Pas grand-chose, rien de bien intéressant au fond. » Dit-il feignant l'innocence.

Tom pouffa ne retenant son envie de rire.

________« Et bien ton pas grand-chose a eu un sacré effet. Ils cautionnent la seconde version ! » Annonça-t-il assez fort pour que tout le monde l'entende.

La réaction ne se fît pas appeler désiré. Immédiatement les cris de joie s'élevèrent et les embrassades se multiplièrent. L'euphorie semblait avoir pris possession des lieux. Enfin une bonne nouvelle et de taille celle-ci. Dans ce bâtiment où les histoires tristes s'additionnaient celle-ci ferait exception à la règle. Nally qui pourtant avait l'habitude de rester le moins expressive possible prit dans ses bras le chanteur étonné de son geste. Ce soir ils s'endormiraient tous avec un peu de bonheur dans un coin de leur c½ur.


...
Des instants qui vous rappellent que la pomme de la vie n'est pas seulement amère mais peut être aussi sucrée.
...


Les mois étaient passés et Zimmer 483 était sorti avec la chanson vergessene kinder telle que le groupe l'avait préféré. Tout comme le premier album celui-ci eut un immense succès. Cette musique qui leur tenait à c½ur n'avait pas été mise au placard par leurs producteurs. Le groupe continuait son ascension vertigineuse avec la même passion. Nally quant à elle avait quitté l'orphelinat. Malgré des adieux difficiles elle s'était résignée à une fois encore aller de l'avant. Son tuteur avait réussi à la faire intégrer l'université des sciences sociales, elle s'y plaisait. Le groupe et la jeune femme avait gardé un certain contact, certes, fluet mais bel et bien présent malgré tout.

En ce lundi matin, alors que le soleil avait déjà fait sa place dans le ciel, Nally entendit son portable sonnait. Elle y jeta un coup d'½il et s'aperçut qu'il s'agissait d'un message provenant d'un certain guitariste. Heureuse d'avoir de ses nouvelles son sourire ne cessa de s'agrandir au fur et à mesure que ses yeux parcouraient le petit écran. Il n'avait pas oublié la question qu'elle lui avait posée lorsqu'ils observaient la nuit faire sa place, sur ce petit muret d'orphelinat.

« Mon histoire, je l'écris chaque jour qui passe. »




FIN


Mlle-X


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Hello Everybody -----

Premièrement avant de dire quoi que ce soit d'autre, nous tenons à nous excuser pour cet immense retard que la poste du chapitre quatre subi. Mais malheureusement l'inspiration n'est pas toujours au rendez vous, notamment pour l'une d'entre nous. C'est pour cela que je me suis permis de poster cette OS en espérant de tout c½ur qu'elle vous plaise et aussi qu'elle vous fasse patienter. Je pense que vous serez compréhensif quant à l'attente du prochain chapitre, ce n'est vraiment pas de gaieté de c½ur que nous ne publions pas dernièrement. Malgré cela nous comprenons aussi très bien que cette attente vous fasse décrocher...

Eternelle question: est ce que vous avez aimé? ou alors est ce ennuyant à mourir?

Dans tous les cas merci encore et toujours, merci pour tout.

Mlle-X & Mlle-A

Bisous & Smile

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# Posté le vendredi 05 septembre 2008 12:42

Modifié le lundi 27 octobre 2008 09:57