______________________2ème jour-23h17 New-York-The Beatrice Inn:
Et de dix-sept. Rouge de colère, ou peut être d'humiliation après s'être fait rembarrer par une blonde complètement défoncée, celui s'étant présenté comme « Matthew, mais Matt pour toi poupée » il y a une minute et quarante trois secondes plus tôt exactement disparait brutalement de ma vue brouillée. Après m'avoir lancé un très joli « Connasse » puant la rancune bien sûr. Mauvais perdant va.
________ - « A ton service mon choux » Lui répondis-je d'une voix mélodieuse tout en lui levant mon verre presque vide.
Un dix-huitième veut-il tenter sa chance ? Personne à l'horizon, dommage, je m'amusais bien. Je regarde devant moi. Les gens dansent, collés-serrés, à d'autres qu'ils ne connaissent même pas. Peut être qu'ils finiront ce soir dans le même lit, mais ça après tout, personne ne le sait. La musique nous détruit les tympans et les corps se déhanchent encore plus au fil des heures et au fil des bouteilles.
Journée de merde, j'ai passé une journée des plus merdiques. Sans parler d'hier soir, je ne suis pas sortie de ma chambre, je ne voulais pas affronter mes parents. Si c'était pour voir de la pitié dans les yeux de mes parents et bien non merci, je peux très bien faire sans. Alors ce matin je suis partie au boulot comme à mes habitudes et j'ai passé cette journée misérable. Maintenant me voici ici à enfiler verres sur verres histoire de me détendre un peu. J'aimerais oublier, raturer, recommencer. Mais ce n'est pas si simple. Allez, arrête de te prendre la tête Leah. Je me retourne, mets mes coudes sur le bar d'un air lassé et commence à compter sur mes doigts. Finalement, au bout de trois Jules et cinq Dave je me rends compte que j'suis bien trop bourrée pour compter les mecs de la soirée correctement. Je prends mon verre et le finit d'une traite. Je claque des doigts et le barman se ramène devant moi :
________ - « Je crois bien que tu as trop bu ma Belle, et puis tu n'en as rembarré que dix-sept, donc pas de dix-huitième verre pour toi » Me dit-il, sourire en coin collé à sa bouille d'ange.
Je lui fais signe de se rapprocher de mon doigt et me penche à son oreille :
________ - « Il faudrait tout d'même pas que je te rembarres aussi, nan ? Donc donne moi mon verre mon chéri. » Lui murmurais-je tout en me passant la langue sur ma lèvre inférieure.
Je le devine en train de sourire. Il ne bronche pas et retourne à ses occupations. Frustrée comme une gamine n'ayant pas eu sa Barbie, une moue se colle sur mon visage et je plisse du nez, contrariée. D'ailleurs tu as toujours dis que tu adorais m'voir comme ça. Je pose ma main sur le bar et commence à faire jouer mes ongles sur la surface en verre tout en le fixant, les yeux plissés. Il me regarde, l'air amusé et le regard moqueur. J'suis peut être bourrée mais pas cruche mon gars, tu vas voir.
Il se retourne pour essuyer ses verres avec un torchon à l'effigie de la boîte de nuit et j'en profite pour passer par-dessus le bar. Je glisse sur la surface lisse et me raccroche de peu au rebord de la table, ayant du mal à tenir sur mes gambettes. Je vais pour avancer prudemment mais soudain un craquement sec retentit à mes oreilles. Je me retourne et grimace en voyant ma jolie robe Marc Jacobs coincée dans un battant en fer. Impossible de partir sinon c'est exhibition de mes sous-vêtements gratuite. Merde. Je hausse des épaules et attrape la bouteille de vodka devant moi. Je l'ouvre et bois à même dedans, une goutte glissant le long de mon cou. Le blond se retourne et me lance un regard ahuri, je lui souris et lui tends la bouteille :
________ - « Une petite gorgée ? »
Il rigole un instant, mon culot lui arrachant un sourire éclatant. Puis il se retourne à l'annonce de son nom, son patron lui disant qu'il a finit son service pour ce soir. Au même moment un videur me pointe du doigt et m'aboie de « repasser de l'autre côté du bar ». Je lui lève ma bouteille et lui fais un clin d'½il aguicheur. Même au loin, à l'entrée de la boite, je vois une veine palpitée sur son visage cramoisi. Il commence à se glisser parmi les gens dansant dans la foule, Ouah, sa sent pas bon, mais alors pas bon du tout.
________ - « T'inquiète Tobey, je m'occupe d'elle, je la sort. » Lance le barman à côté de moi.
D'ailleurs il m'a l'air bien jeune lui, 19 ans, pas plus. Il doit sûrement faire ce boulot pour financer ses études. C'est mignon. Il m'attrape par le bras et me tire d'un coup vers la sortie sans que j'aie eu le temps de lui dire que...Et bien voilà, trop tard. Un bruit sec résonne, semblant s'étendre. Il se retourne vers moi et un de ses sourcils se lève. Mon regard passe de lui à ma robe noire déchirée en lambeaux.
Et j'éclate de rire, j'suis totalement défoncée. Je glousse comme une dinde et suis à la limite de me rouler au sol. Il me regarde, toujours de ses yeux amusés, en train de me fendre la poire comme une demeurée. Je n'en peux plus, limite j'étouffe. J'arrache le morceau qui est resté dans le battant et le coince dans mon sous vêtements, histoire de garder un peu de décence. Il me dévoile son magnifique sourire et me tire hors du bar. J'arrive sur la piste de danse, ma dite jupe ressemblant plus désormais au torchon de Tarzan qu'à une quelconque robe. Il continue de me tirer vers la sortie mais je le retiens. Je commence alors à danser. Je balance mon corps au rythme de la musique, seulement à force de faire ça, je tiens plus vraiment debout. Je commence à avoir le tournis mais je continu sous le regard du jeune homme, mordillant son pierçing et les bras croisé contre un poteau, attendant que je finisse mon spectacle pour me sortir.
Un gars se rapproche de moi. Il commence à se coller à moi laissant ses mains descendre sur mes hanches. Je ne dis rien, bien trop ailleurs. Il continue à me toucher, profitant de mon état pas très sobre. Puis je lève les yeux et me rapproche de lui en hurlant :
________ - « Ah mais je te connais ! Alex c'est bien ça ? Je ne t'aurais pas mis un stop tout à l'heure à toi ?! »
Il déglutit difficilement et avant qu'il ne puisse répliquer je sens qu'on me tire par le bras. Je trébuche et atterris dans les bras du blond avant de pouvoir manger le sol.
________ - « Il t'a assez tripoté pour ce soir, on sort » Me dit-il d'un ton sec.
________ - « Oui papa » Lui répondis-je, hilare par ma propre blague.
Il lève les yeux au ciel et m'amène vers l'enseigne lumineuse « sortie de secours ». Si j'avais su tout ce qui allait arriver après cette rencontre...Il pousse le battant de la porte et l'air frais du soir s'empare de moi. Il attrape ma main et on s'assoit tout les deux sur un banc publique derrière la boîte. Il me demande si je vais bien et je hoche la tête de haut en bas. Geste que je regrette aussitôt sentant la nausée montée. Derrière nous le bruit des voitures retentit s'accompagnant aux personnes hélant les taxis typiques jaunes de la ville de New-York. La fête bat son plein, comme chaque soir dans la cité qui ne dort jamais. Je le regarde, j'observe plus précisément ses cheveux. Nan mais c'est qui son coiffeur à lui que je le dénonce ?! J'hallucine. J'ouvre la bouche et lui dit d'une voix partant un peu dans tous les sens :
________ - « Je m'appelle Leah, Leah Spencer, et toi l'clochard ? »
Il se retourne vers moi et me sourit en tripotant son tee-shirt de ses grandes mains aux doigts fins.
________ - « Moi c'est Tom. Tom Kaulitz, Mlle la Bourgeoise » Me riposte-t-il en ajoutant sa petite réponse à ma, minable je sais, provocation.
Tom. J'aime bien se prénom, commun certes, mais simple. Je vais pour répliquer en plissant des yeux mais soudain je sens la « sauce », montée d'un coup. Pas le temps de faire quoique ce soit, je baisse la tête et tout ce que j'ai bien pu m'enfiler pendant la soirée prend le départ de mon estomac pour s'étaler sur le sol d'un bruit peu appétissant. Je me redresse, tournant la tête vers lui et le vois avec un sourire forcé collé à son visage crispé. Je lui réponds par un sourire chétif et je suis son regard qui descend vers le sol. Ah, je comprends mieux maintenant. Bon et bien, désolée pour tes chaussures blanches mon vieux.
______________________2ème jour-13h54 Paris-Université de Biologie:
Des nuits sans rêve, des cauchemars sans nuit.
Sur le même banc que la veille je gribouille sur une feuille qui avait pour fonction première de me servir de notes. Cette fois ci nous abordons la biochimie moléculaire, autant vous dire que mon intérêt pour cette matière est des plus limité. Si je me présente encore au cours c'est uniquement pour Georg. Il tient à ce que je mène une vie « normale ». Je sais à quel point ce n'est pas facile pour lui, alors j'essaye de lui accorder au moins cela. Même si ça n'en reste pas moins un leurre. Les examens arrivent bientôt de toute façon, deux mois à tenir tout de même, nous sommes les derniers universitaires à passer nos épreuves, quasiment à la même période que les lycéens. J'ai bien fait de choisir cette fac moi tiens.
L'heure s'écoule lentement comme toujours. Lorsque les dernières minutes s'égrainent, le flot d'étudiants comment déjà à se diriger vers les salles attribuées à leurs prochains cours. Je déambule dans les couloirs pour rejoindre la mienne où se dérouleront mes deux heures suivantes de TP. C'est peut être les seules plages horaires de mon emploi du temps qui ne me paraissent pas interminables. Je suis plutôt du genre manuel alors les travaux pratiques me plaisent assez.
Je m'assois à ma place habituelle mais ne vois pas mon binôme hebdomadaire à coté de moi. Un certain Frédéric je crois. Au style qualifiable d'intélo à lunettes trop épaisses pour lui, doté d'un esprit centré sur des études longues qui ne le mèneront nulle part, appart devenir presses papier. Les stéréotypes ne m'attirent pas mais lui y répond tout à fait malheureusement. Cela m'étonne qu'il ne soit pas là d'ailleurs. Je ne l'ai jamais vu rater un cours de toute l'année. Bon tant pis celui là je le passerais seule. Enfin c'est-ce que je croyais.
________ - « Excuse moi, je peux me mettre avec toi? Le gars avec qui je suis normalement est absent. »
Je me retourne vers mon interlocuteur. Il me surplombe de son petit mètre soixante dix à vue de nez. Sa carrure ne passe pas inaperçue, ni ses cheveux blond qui rendent enfantin un visage masculin. Je n'ai aucune impression de déjà vu. Il faut dire que lors des TP il y a peu de constance dans la présence des élèves. Venant souvent quand bon leur semble ou pour les plus assidus inter changeant avec des camarades aux horaires arrangeantes. Je ne me formalise dont pas et l'invite à s'asseoir.
________ - « Oui si tu veux, moi aussi mon binôme n'est pas là. À croire qu'il y a une épidémie. » Lui répondis-je rieuse.
________- « Ça doit sûrement être ça. » Ajoute-t-il sur le même ton.
Il prend place et déballe un carnet de note ainsi qu'un stylo. Je m'attarde à l'observer. C'est une manie chez moi. Regarder, analyser, décrypter, déduire, intuiter, sont mes maîtres mots. Certains qualifieront cela de malsain et dérangeant, moi je ne vois pas le mal à chercher le vrai. Les mots sont bien moins parlants que n'importe quelles attitudes ou réactions. Il suffit de savoir les comprendre. Les gens se sentent obligés de parler pour s'exprimer alors que se taire est bien plus porteur de sens.
Du coin de l'oeil je continue de faire le portrait du jeune homme installé à ma gauche. Il fixe sans ciller le professeur, qui nous déballe mécaniquement le protocole de l'expérience d'aujourd'hui. Sa mâchoire se contracte de temps à autre, alors que sa main droite fait tourbillonner machinalement le stylo emprisonné dans ses doigts robustes. Je remarque que l'aspect de ses mains témoigne d'une âme de musicien. D'une apparence décontractée je perçois une tension, dû à je ne sais quoi. Je n'arrive pas à voir ses yeux, c'est pourtant là que tout se joue. Complètement absorbée par ce désir de croiser ses pupilles je suis surprise quand j'y arrive enfin. Des yeux foncés au reflet noisette foudroient les miens. Son regard me perturbe, il est si lourd, si dur, si tranchant. Je n'en ai croisé que très peu ainsi. Je n'y décèle pas de la colère ou de la haine, juste une puissance insoupçonnée, comme cachée au fond de lui. Déstabilisée par un tel regard je détourne très vite les yeux, honteuse d'avoir était prise en flagrant délit. Durant la demie heure qui suit cet incident je n'ose pas un geste envers mon voisin. Je tente tant bien que mal d'écouter les instructions de l'enseignant mais sans grand succès.
________ - « Maintenant on enfile les blouses et on se met au travail.» Lance notre professeur.
Tout le monde s'exécute, la pièce ressemble très vite à un hôpital rempli d'internes. Vu le titre du TP je dirais que c'est encore sur la méiose et les divisions cellulaires, j'ai l'impression de passer ma vie à faire ça. Sans même m'en rendre compte je laisse échapper un souffle empli de lassitude.
________ - « Tu me sembles super motivée.» Dit mon acolyte en souriant.
________ - « A un point inimaginable. J'espère que tu as écouté le spetch du prof pour deux.»
________ - « Oui t'inquiète pas, tu étais occupée à autre chose apparemment.»
Instantanément mes joues prennent une teinte rosée. Son sourire s'agrandit. Et en plus il est satisfait de me mettre mal à l'aise. J'ignore sa dernière remarque du mieux que je peux et me penche sur la feuille intitulée "protocole". Avec un peu de chance tout est expliqué dessus beaucoup plus clairement que ce qu'à pu nous blablater le prof depuis tout à l'heure. Je comprends les grandes lignes et attrape le matériel me semblant nécessaire sur la paillasse. J'allais pipeter une solution visant à mettre en évidence les cellules en division mais mon binôme du jour me l'enlève des mains sans que je n'ai eu le temps de rien voir venir.
________ - « Mais qu'est ce que tu fais?» Lui dis-je étonnée.
________ - « Je nous sauve d'une mauvaise note.»
Il repose la solution que j'avais prise et en choisit une autre. Aïe je comprends mieux sa réaction, ce que j'avais pris aurait tout simplement bousillé les cellules. Je le regarde faire quelques minutes et voyant qu'il s'en sort très bien tout seul me désintéresse complètement de l'expérience. Assise sur une de ces chaises je rêvasse à tout et à rien. Mon esprit ne se fixe pas sur quoi que se soit en particulier, vagabondant au grès de ses envies. Tel un animal sauvage je n'essaye pas de le dompter, je le laisse galoper.
________ - « Il y a un problème?»
Cette question me sort de mon rêve éveillé et je me rends alors compte qu'elle provient de mon voisin où mes yeux se sont d'ailleurs posés dessus inconsciemment. Je ne m'étais même pas aperçu que je le regardais depuis tout à l'heure. C'est comme quand on regarde quelque chose sans pour autant le voir, la seule vision que nous avons est les images qui défilent dans notre tête. Ce qui se passe en ce moment en est l'exemple parfait. Ne sachant pas vraiment quoi répondre j'élude sa question.
________ - « Tu as pratiquement fini à ce que je vois.»
Il me regarde sans ciller quelques secondes et se décide finalement de ne pas insister pour mon plus grand plaisir.
________ - « Oui pour ainsi dire et ce n'est pas grâce à toi. » Me répondit-il sourire aux lèvres.
________ - « Vu ce que j'ai failli faire tout à l'heure valait sûrement mieux que tu travailles tout seul. Je ne t'aurais pas été d'une grande utilité.»
Avant même qu'il n'ai pu ajouter un mot la sonnerie retenti, faisant fuir les élèves de la salle de cours. L'enseignant s'époumone pour que ses étudiants restent quelques minutes de plus, le temps pour lui de noter le travail accompli, mais rien à faire la classe est pratiquement vide. Ne me faisant pas prier à mon tour je quitte aussi le cours à la hâte. J'adresse un "au revoir" à mon camarade et file vers la sortie mais ma course est ralentie par une main enroulée autour de mon poignet.
________ - « Attend, je ne sais même pas ton prénom! Moi c'est Gustav.» Me dit l'étudiant avec qui j'ai passé ces deux dernières heures.
________ - « Et moi Analyn.»
________ - « Alors c'est toi Analyn.»
Sa réflexion m'intrigue. Où veut-il en venir? Aurait-il déjà entendu parler de moi? Et dans ce cas dans quel propos?
________ - « Heu oui pourquoi?»
Pour seule réponse il m'offre un sourire sans pour autant m'éclairer d'avantage. Perplexe, je ne bouge pas et espère qu'il approfondira sa pensée mais rien. Il passe à coté de moi et me glisse doucement à l'oreille.
________ - « Je pense qu'on se reverra très vite.»
Je n'ai même pas le temps de répondre que déjà il est avalé par la foule. Ça y est, il a réussi à éveiller ma curiosité. Cette unique pensée m'assure des derniers mots qu'il a prononcé. Oui on se reverra et plus tôt que nous ne le pensions tous les deux. Dieu seul sait à quel point j'ai pu maudire cette journée.
_____________________________________________Simultané-Pensées Analyn & Leah:
Et de dix-sept. Rouge de colère, ou peut être d'humiliation après s'être fait rembarrer par une blonde complètement défoncée, celui s'étant présenté comme « Matthew, mais Matt pour toi poupée » il y a une minute et quarante trois secondes plus tôt exactement disparait brutalement de ma vue brouillée. Après m'avoir lancé un très joli « Connasse » puant la rancune bien sûr. Mauvais perdant va.
________ - « A ton service mon choux » Lui répondis-je d'une voix mélodieuse tout en lui levant mon verre presque vide.
Un dix-huitième veut-il tenter sa chance ? Personne à l'horizon, dommage, je m'amusais bien. Je regarde devant moi. Les gens dansent, collés-serrés, à d'autres qu'ils ne connaissent même pas. Peut être qu'ils finiront ce soir dans le même lit, mais ça après tout, personne ne le sait. La musique nous détruit les tympans et les corps se déhanchent encore plus au fil des heures et au fil des bouteilles.
Journée de merde, j'ai passé une journée des plus merdiques. Sans parler d'hier soir, je ne suis pas sortie de ma chambre, je ne voulais pas affronter mes parents. Si c'était pour voir de la pitié dans les yeux de mes parents et bien non merci, je peux très bien faire sans. Alors ce matin je suis partie au boulot comme à mes habitudes et j'ai passé cette journée misérable. Maintenant me voici ici à enfiler verres sur verres histoire de me détendre un peu. J'aimerais oublier, raturer, recommencer. Mais ce n'est pas si simple. Allez, arrête de te prendre la tête Leah. Je me retourne, mets mes coudes sur le bar d'un air lassé et commence à compter sur mes doigts. Finalement, au bout de trois Jules et cinq Dave je me rends compte que j'suis bien trop bourrée pour compter les mecs de la soirée correctement. Je prends mon verre et le finit d'une traite. Je claque des doigts et le barman se ramène devant moi :
________ - « Je crois bien que tu as trop bu ma Belle, et puis tu n'en as rembarré que dix-sept, donc pas de dix-huitième verre pour toi » Me dit-il, sourire en coin collé à sa bouille d'ange.
Je lui fais signe de se rapprocher de mon doigt et me penche à son oreille :
________ - « Il faudrait tout d'même pas que je te rembarres aussi, nan ? Donc donne moi mon verre mon chéri. » Lui murmurais-je tout en me passant la langue sur ma lèvre inférieure.
Je le devine en train de sourire. Il ne bronche pas et retourne à ses occupations. Frustrée comme une gamine n'ayant pas eu sa Barbie, une moue se colle sur mon visage et je plisse du nez, contrariée. D'ailleurs tu as toujours dis que tu adorais m'voir comme ça. Je pose ma main sur le bar et commence à faire jouer mes ongles sur la surface en verre tout en le fixant, les yeux plissés. Il me regarde, l'air amusé et le regard moqueur. J'suis peut être bourrée mais pas cruche mon gars, tu vas voir.
Il se retourne pour essuyer ses verres avec un torchon à l'effigie de la boîte de nuit et j'en profite pour passer par-dessus le bar. Je glisse sur la surface lisse et me raccroche de peu au rebord de la table, ayant du mal à tenir sur mes gambettes. Je vais pour avancer prudemment mais soudain un craquement sec retentit à mes oreilles. Je me retourne et grimace en voyant ma jolie robe Marc Jacobs coincée dans un battant en fer. Impossible de partir sinon c'est exhibition de mes sous-vêtements gratuite. Merde. Je hausse des épaules et attrape la bouteille de vodka devant moi. Je l'ouvre et bois à même dedans, une goutte glissant le long de mon cou. Le blond se retourne et me lance un regard ahuri, je lui souris et lui tends la bouteille :
________ - « Une petite gorgée ? »
Il rigole un instant, mon culot lui arrachant un sourire éclatant. Puis il se retourne à l'annonce de son nom, son patron lui disant qu'il a finit son service pour ce soir. Au même moment un videur me pointe du doigt et m'aboie de « repasser de l'autre côté du bar ». Je lui lève ma bouteille et lui fais un clin d'½il aguicheur. Même au loin, à l'entrée de la boite, je vois une veine palpitée sur son visage cramoisi. Il commence à se glisser parmi les gens dansant dans la foule, Ouah, sa sent pas bon, mais alors pas bon du tout.
________ - « T'inquiète Tobey, je m'occupe d'elle, je la sort. » Lance le barman à côté de moi.
D'ailleurs il m'a l'air bien jeune lui, 19 ans, pas plus. Il doit sûrement faire ce boulot pour financer ses études. C'est mignon. Il m'attrape par le bras et me tire d'un coup vers la sortie sans que j'aie eu le temps de lui dire que...Et bien voilà, trop tard. Un bruit sec résonne, semblant s'étendre. Il se retourne vers moi et un de ses sourcils se lève. Mon regard passe de lui à ma robe noire déchirée en lambeaux.
Et j'éclate de rire, j'suis totalement défoncée. Je glousse comme une dinde et suis à la limite de me rouler au sol. Il me regarde, toujours de ses yeux amusés, en train de me fendre la poire comme une demeurée. Je n'en peux plus, limite j'étouffe. J'arrache le morceau qui est resté dans le battant et le coince dans mon sous vêtements, histoire de garder un peu de décence. Il me dévoile son magnifique sourire et me tire hors du bar. J'arrive sur la piste de danse, ma dite jupe ressemblant plus désormais au torchon de Tarzan qu'à une quelconque robe. Il continue de me tirer vers la sortie mais je le retiens. Je commence alors à danser. Je balance mon corps au rythme de la musique, seulement à force de faire ça, je tiens plus vraiment debout. Je commence à avoir le tournis mais je continu sous le regard du jeune homme, mordillant son pierçing et les bras croisé contre un poteau, attendant que je finisse mon spectacle pour me sortir.
Un gars se rapproche de moi. Il commence à se coller à moi laissant ses mains descendre sur mes hanches. Je ne dis rien, bien trop ailleurs. Il continue à me toucher, profitant de mon état pas très sobre. Puis je lève les yeux et me rapproche de lui en hurlant :
________ - « Ah mais je te connais ! Alex c'est bien ça ? Je ne t'aurais pas mis un stop tout à l'heure à toi ?! »
Il déglutit difficilement et avant qu'il ne puisse répliquer je sens qu'on me tire par le bras. Je trébuche et atterris dans les bras du blond avant de pouvoir manger le sol.
________ - « Il t'a assez tripoté pour ce soir, on sort » Me dit-il d'un ton sec.
________ - « Oui papa » Lui répondis-je, hilare par ma propre blague.
Il lève les yeux au ciel et m'amène vers l'enseigne lumineuse « sortie de secours ». Si j'avais su tout ce qui allait arriver après cette rencontre...Il pousse le battant de la porte et l'air frais du soir s'empare de moi. Il attrape ma main et on s'assoit tout les deux sur un banc publique derrière la boîte. Il me demande si je vais bien et je hoche la tête de haut en bas. Geste que je regrette aussitôt sentant la nausée montée. Derrière nous le bruit des voitures retentit s'accompagnant aux personnes hélant les taxis typiques jaunes de la ville de New-York. La fête bat son plein, comme chaque soir dans la cité qui ne dort jamais. Je le regarde, j'observe plus précisément ses cheveux. Nan mais c'est qui son coiffeur à lui que je le dénonce ?! J'hallucine. J'ouvre la bouche et lui dit d'une voix partant un peu dans tous les sens :
________ - « Je m'appelle Leah, Leah Spencer, et toi l'clochard ? »
Il se retourne vers moi et me sourit en tripotant son tee-shirt de ses grandes mains aux doigts fins.
________ - « Moi c'est Tom. Tom Kaulitz, Mlle la Bourgeoise » Me riposte-t-il en ajoutant sa petite réponse à ma, minable je sais, provocation.
Tom. J'aime bien se prénom, commun certes, mais simple. Je vais pour répliquer en plissant des yeux mais soudain je sens la « sauce », montée d'un coup. Pas le temps de faire quoique ce soit, je baisse la tête et tout ce que j'ai bien pu m'enfiler pendant la soirée prend le départ de mon estomac pour s'étaler sur le sol d'un bruit peu appétissant. Je me redresse, tournant la tête vers lui et le vois avec un sourire forcé collé à son visage crispé. Je lui réponds par un sourire chétif et je suis son regard qui descend vers le sol. Ah, je comprends mieux maintenant. Bon et bien, désolée pour tes chaussures blanches mon vieux.
______________________2ème jour-13h54 Paris-Université de Biologie:
Des nuits sans rêve, des cauchemars sans nuit.
Sur le même banc que la veille je gribouille sur une feuille qui avait pour fonction première de me servir de notes. Cette fois ci nous abordons la biochimie moléculaire, autant vous dire que mon intérêt pour cette matière est des plus limité. Si je me présente encore au cours c'est uniquement pour Georg. Il tient à ce que je mène une vie « normale ». Je sais à quel point ce n'est pas facile pour lui, alors j'essaye de lui accorder au moins cela. Même si ça n'en reste pas moins un leurre. Les examens arrivent bientôt de toute façon, deux mois à tenir tout de même, nous sommes les derniers universitaires à passer nos épreuves, quasiment à la même période que les lycéens. J'ai bien fait de choisir cette fac moi tiens.
L'heure s'écoule lentement comme toujours. Lorsque les dernières minutes s'égrainent, le flot d'étudiants comment déjà à se diriger vers les salles attribuées à leurs prochains cours. Je déambule dans les couloirs pour rejoindre la mienne où se dérouleront mes deux heures suivantes de TP. C'est peut être les seules plages horaires de mon emploi du temps qui ne me paraissent pas interminables. Je suis plutôt du genre manuel alors les travaux pratiques me plaisent assez.
Je m'assois à ma place habituelle mais ne vois pas mon binôme hebdomadaire à coté de moi. Un certain Frédéric je crois. Au style qualifiable d'intélo à lunettes trop épaisses pour lui, doté d'un esprit centré sur des études longues qui ne le mèneront nulle part, appart devenir presses papier. Les stéréotypes ne m'attirent pas mais lui y répond tout à fait malheureusement. Cela m'étonne qu'il ne soit pas là d'ailleurs. Je ne l'ai jamais vu rater un cours de toute l'année. Bon tant pis celui là je le passerais seule. Enfin c'est-ce que je croyais.
________ - « Excuse moi, je peux me mettre avec toi? Le gars avec qui je suis normalement est absent. »
Je me retourne vers mon interlocuteur. Il me surplombe de son petit mètre soixante dix à vue de nez. Sa carrure ne passe pas inaperçue, ni ses cheveux blond qui rendent enfantin un visage masculin. Je n'ai aucune impression de déjà vu. Il faut dire que lors des TP il y a peu de constance dans la présence des élèves. Venant souvent quand bon leur semble ou pour les plus assidus inter changeant avec des camarades aux horaires arrangeantes. Je ne me formalise dont pas et l'invite à s'asseoir.
________ - « Oui si tu veux, moi aussi mon binôme n'est pas là. À croire qu'il y a une épidémie. » Lui répondis-je rieuse.
________- « Ça doit sûrement être ça. » Ajoute-t-il sur le même ton.
Il prend place et déballe un carnet de note ainsi qu'un stylo. Je m'attarde à l'observer. C'est une manie chez moi. Regarder, analyser, décrypter, déduire, intuiter, sont mes maîtres mots. Certains qualifieront cela de malsain et dérangeant, moi je ne vois pas le mal à chercher le vrai. Les mots sont bien moins parlants que n'importe quelles attitudes ou réactions. Il suffit de savoir les comprendre. Les gens se sentent obligés de parler pour s'exprimer alors que se taire est bien plus porteur de sens.
Du coin de l'oeil je continue de faire le portrait du jeune homme installé à ma gauche. Il fixe sans ciller le professeur, qui nous déballe mécaniquement le protocole de l'expérience d'aujourd'hui. Sa mâchoire se contracte de temps à autre, alors que sa main droite fait tourbillonner machinalement le stylo emprisonné dans ses doigts robustes. Je remarque que l'aspect de ses mains témoigne d'une âme de musicien. D'une apparence décontractée je perçois une tension, dû à je ne sais quoi. Je n'arrive pas à voir ses yeux, c'est pourtant là que tout se joue. Complètement absorbée par ce désir de croiser ses pupilles je suis surprise quand j'y arrive enfin. Des yeux foncés au reflet noisette foudroient les miens. Son regard me perturbe, il est si lourd, si dur, si tranchant. Je n'en ai croisé que très peu ainsi. Je n'y décèle pas de la colère ou de la haine, juste une puissance insoupçonnée, comme cachée au fond de lui. Déstabilisée par un tel regard je détourne très vite les yeux, honteuse d'avoir était prise en flagrant délit. Durant la demie heure qui suit cet incident je n'ose pas un geste envers mon voisin. Je tente tant bien que mal d'écouter les instructions de l'enseignant mais sans grand succès.
________ - « Maintenant on enfile les blouses et on se met au travail.» Lance notre professeur.
Tout le monde s'exécute, la pièce ressemble très vite à un hôpital rempli d'internes. Vu le titre du TP je dirais que c'est encore sur la méiose et les divisions cellulaires, j'ai l'impression de passer ma vie à faire ça. Sans même m'en rendre compte je laisse échapper un souffle empli de lassitude.
________ - « Tu me sembles super motivée.» Dit mon acolyte en souriant.
________ - « A un point inimaginable. J'espère que tu as écouté le spetch du prof pour deux.»
________ - « Oui t'inquiète pas, tu étais occupée à autre chose apparemment.»
Instantanément mes joues prennent une teinte rosée. Son sourire s'agrandit. Et en plus il est satisfait de me mettre mal à l'aise. J'ignore sa dernière remarque du mieux que je peux et me penche sur la feuille intitulée "protocole". Avec un peu de chance tout est expliqué dessus beaucoup plus clairement que ce qu'à pu nous blablater le prof depuis tout à l'heure. Je comprends les grandes lignes et attrape le matériel me semblant nécessaire sur la paillasse. J'allais pipeter une solution visant à mettre en évidence les cellules en division mais mon binôme du jour me l'enlève des mains sans que je n'ai eu le temps de rien voir venir.
________ - « Mais qu'est ce que tu fais?» Lui dis-je étonnée.
________ - « Je nous sauve d'une mauvaise note.»
Il repose la solution que j'avais prise et en choisit une autre. Aïe je comprends mieux sa réaction, ce que j'avais pris aurait tout simplement bousillé les cellules. Je le regarde faire quelques minutes et voyant qu'il s'en sort très bien tout seul me désintéresse complètement de l'expérience. Assise sur une de ces chaises je rêvasse à tout et à rien. Mon esprit ne se fixe pas sur quoi que se soit en particulier, vagabondant au grès de ses envies. Tel un animal sauvage je n'essaye pas de le dompter, je le laisse galoper.
________ - « Il y a un problème?»
Cette question me sort de mon rêve éveillé et je me rends alors compte qu'elle provient de mon voisin où mes yeux se sont d'ailleurs posés dessus inconsciemment. Je ne m'étais même pas aperçu que je le regardais depuis tout à l'heure. C'est comme quand on regarde quelque chose sans pour autant le voir, la seule vision que nous avons est les images qui défilent dans notre tête. Ce qui se passe en ce moment en est l'exemple parfait. Ne sachant pas vraiment quoi répondre j'élude sa question.
________ - « Tu as pratiquement fini à ce que je vois.»
Il me regarde sans ciller quelques secondes et se décide finalement de ne pas insister pour mon plus grand plaisir.
________ - « Oui pour ainsi dire et ce n'est pas grâce à toi. » Me répondit-il sourire aux lèvres.
________ - « Vu ce que j'ai failli faire tout à l'heure valait sûrement mieux que tu travailles tout seul. Je ne t'aurais pas été d'une grande utilité.»
Avant même qu'il n'ai pu ajouter un mot la sonnerie retenti, faisant fuir les élèves de la salle de cours. L'enseignant s'époumone pour que ses étudiants restent quelques minutes de plus, le temps pour lui de noter le travail accompli, mais rien à faire la classe est pratiquement vide. Ne me faisant pas prier à mon tour je quitte aussi le cours à la hâte. J'adresse un "au revoir" à mon camarade et file vers la sortie mais ma course est ralentie par une main enroulée autour de mon poignet.
________ - « Attend, je ne sais même pas ton prénom! Moi c'est Gustav.» Me dit l'étudiant avec qui j'ai passé ces deux dernières heures.
________ - « Et moi Analyn.»
________ - « Alors c'est toi Analyn.»
Sa réflexion m'intrigue. Où veut-il en venir? Aurait-il déjà entendu parler de moi? Et dans ce cas dans quel propos?
________ - « Heu oui pourquoi?»
Pour seule réponse il m'offre un sourire sans pour autant m'éclairer d'avantage. Perplexe, je ne bouge pas et espère qu'il approfondira sa pensée mais rien. Il passe à coté de moi et me glisse doucement à l'oreille.
________ - « Je pense qu'on se reverra très vite.»
Je n'ai même pas le temps de répondre que déjà il est avalé par la foule. Ça y est, il a réussi à éveiller ma curiosité. Cette unique pensée m'assure des derniers mots qu'il a prononcé. Oui on se reverra et plus tôt que nous ne le pensions tous les deux. Dieu seul sait à quel point j'ai pu maudire cette journée.
_____________________________________________Simultané-Pensées Analyn & Leah:
« On aurait pu rêver mieux comme rencontre romantique c'est vrai, mais de toute manière ce n'était pas ce que je voulais. Je ne le savais pas, mais ce qui ne tarderait pas à s'écrire sur le manuscrit de ma vie, la bouleverserait à tout jamais. »
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Hello Everybody ♥-----
Notre deuxième chapitre en ligne :)
Le début du commencement, voilà. Doucement mais sûrement, notre fiction commence à prendre forme elle aussi, des idées s'installent, nos personnages vous font découvrir leurs caractères bien propres à eux-même.
Des rencontre se font, & vous avez pu deviner nous présumons, qu'elles n'étaient pas anodines à la suite n_n
Nous avons déjà des lectrices formidables qui nous laissent des commentaires adorables, & ça, c'est le meilleur côté qu'on puisse retirer d'une fiction :)Nous avons désormais peur de vous décevoir, comme toujours :)
Merci encore, vos compliments nous encouragent.
PS: Une petite rectification doit être faite apparemment, nous avons donc des lectrices & des lecteurs formidables n_n
Le début du commencement, voilà. Doucement mais sûrement, notre fiction commence à prendre forme elle aussi, des idées s'installent, nos personnages vous font découvrir leurs caractères bien propres à eux-même.
Des rencontre se font, & vous avez pu deviner nous présumons, qu'elles n'étaient pas anodines à la suite n_n
Nous avons déjà des lectrices formidables qui nous laissent des commentaires adorables, & ça, c'est le meilleur côté qu'on puisse retirer d'une fiction :)Nous avons désormais peur de vous décevoir, comme toujours :)
Merci encore, vos compliments nous encouragent.
PS: Une petite rectification doit être faite apparemment, nous avons donc des lectrices & des lecteurs formidables n_n
Mlle-X & Mlle-A
Bisous & Smile ♥
Bisous & Smile ♥
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