_____________________________________3ème jour-9h26 New-York-Quartier d'affaires:
De mauvaise humeur. Je suis tout simplement et tout bonnement d'une humeur massacrante. Je crois que c'est mon jour aujourd'hui, on a décidé qu'il fallait faire chier quelqu'un et c'est tombé sur moi. J'suis sûre qu'ils se marrent bien là-haut, bande d'abrutis. Alors me voilà dans ce métro, vu que ma voiture c'est prêté au jeu elle aussi et m'a lâchement abandonnée. Je n'avais qu'un souvenir vague des transports en commun, maintenant j'ai compris pourquoi je ne voulais pas en garder souvenir.
Serrée comme une sardine en boîte, je me demande si certaines personnes ont déjà pensé à investir dans du déodorant, ce qui ne serait pas une si mauvaise chose si vous voulez mon avis. Un quart d'heure que je suis dans ce fichu wagon, mon sac au bras, mon café sortant du Starbucks Coffee en main. J'appuie mon front contre la barre en fer. Oui parce que poisse s'entend, il n'y a pas de places assises bien sûr. D'ailleurs j'ai un gros macho derrière moi qui est en train de me courir sur le haricot, si il croit que je ne sens pas ses mains qui me tripotent, il se met le doigt dans l'½il jusqu'au coude. Je me retourne et lui fais face de mon mètre soixante-dix sur talons, il me sort un sourire qui se veut charmeur, mais pour ça il lui aurait déjà fallut un bon détartrage. Grand, le torse bombé, le teint trop halé, le regard pervers, la barbe naissante, les poils sortant de sa veste en cuir. Stéréotype looser.
________ - « Touche moi encore une fois et j'te fais bouffer mon gobelet, t'as compris ?! »
C'est ça d'avoir une ex meilleure amie vivant dans les quartiers chauds de la banlieue New-Yorkaise. Il accuse le coup l'air mauvais, grognant dans sa barbe, puis s'éloigne vers un groupe de filles gloussant comme des dindes. Bonne pêche mon vieux. Je soupire et grimace, qu'est-ce que les gens peuvent m'agacer alors. Ils sont tous pareils, insipides. Pas de personnalité, pas de caractère propre à eux-mêmes, rien. Tout est copié, plagié, calqué, imité. J'ai des amis, beaucoup trop même. Des connaissances, du piston, des relations, tout ce rapportant aux plus grandes influences New-Yorkaise et autres. Mais rien de bien concret si vous voulez savoir, ce ne sont que des gens sans importance, des personnes dont je me contre-fiche car ce ne seront jamais elles qui m'aideront le jour où je serai réellement face à un obstacle. D'abord triste par cette constatation, je me suis vite rendue compte au fil des années que pour remonter de l'abysse je n'attraperai jamais une main tendue, en réalité je me suis aperçue que je pourrai simplement donner un coup de pied et remonter à la surface, sans l'aide de qui que se soit. En clair je n'ai besoin de personne.
Il y a deux jours, j'ai appris une nouvelle qui aurait du changer ma vie. On m'a proposé de rentré dans un jeu dont je connaissais parfaitement les règles, un jeu que tout le monde évite, bien que personne ne choisisse. Et moi la première. Pourtant je n'ai pas été surprise, le hasard de la vie, point. Je l'expliquais comme ça, et puis de toute manière, que pouvais-je faire contre ? Rien. Alors j'ai décidé d'attendre, d'attendre que ça me bouffe. Et puis on verra bien.
Émergeant de mes pensées les plus noires, j'observe le métro sortant de son tunnel et se dévoilant face au monde. La pluie bat rageusement sur les vitres, colérique contre le soleil de la veille, et réveille d'un sursaut les gens essayant de finir leur nuit. Mon regard glisse vers le ciel noir comme jamais, triste miroir de mon moral. Le train ralentit puis finit par s'arrêter à une gare, le bruit perçant des portes s'ouvrant retentit et une masse de monde entre et dévale de l'appareil, me bousculant dans tous les sens. Un jeune homme fait éruption dans le wagon et place sa main au dessus de la mienne sur la barre en fer. Il me tourne le dos, ne me laissant entrevoir que ses dreadlocks. Je grimace, si ma mère aurait été là elle aurait tout d'abord été outrée puis elle l'aurait supplié de la laissé lui offrir une coupe chez son coiffeur personnel. Mais soyons réalistes, pour ma mère plutôt crever qu'aller dans le métro. Il m'est familier, en tout cas, sa main et ses cheveux le sont. Mais où est-ce que j'aurais bien pu le voir ? Car ce n'est pas vraiment mon genre de fréquentation dirons nous. Mon pied me lance une douleur lancinante qui me rappel à l'ordre de ma mauvaise humeur du jour. Je jure tandis que l'homme qui viens me marcher dessus me lance un « d'solé » on ne peut moins sincère. Une voix me parvient, grave et amusée :
________- « Le hasard fait bien les choses dis-donc, je n'aurais jamais pensé croiser quelqu'un comme vous ici. »
Je me retourne et étudie mon interlocuteur. Le dreadeux.
________- « On se connait ?! » Sifflais-je en massant mon pied à travers le cuir marron de ma botte.
________- « Vous m'aviez l'air plus agréable hier soir. » Grogne-t-il d'une voix basse.
Je l'observe plus précisément, scrutant son regard chocolat. Bordel. Je n'en reviens pas, il fallait que je tombe sur le clochard de la veille. Comme si ma migraine ne me rappelait pas assez les frasques d'hier soir. Poisse Poisse Poisse.
________- « Effet néfaste de l'alcool. » Dis-je à toute vitesse en me détournant, ne voulant pas lui accorder plus de mon précieux temps. Je l'entends rigoler derrière mon dos. Un rire franc, empreint de moquerie enfantine. Son rire.
Je lève les yeux, agacée, tandis que les portes de l'engin s'ouvrent une énième fois. Sans prendre la peine de contempler en arrière, je me fraye un chemin parmi les passagers qui déambulent et je pose les pieds sur la voie. Je marche, le menton haut par habitude, mes ongles manucurés « à la française » comme le dit l'esthéticienne, sur la sangle de mon sac Chloé. Quelqu'un presse le pas dans mon dos, et je n'ai même pas besoin de garder les yeux ouverts pour le reconnaitre.
________- « Attendez, pas si vite ! » Me lance-t-il en m'attrapant l'avant bras. J'observe sa main serrée autour de mon poignet, ses longs doigts fins et la corne rugueuse sur les bouts. Un clochard guitariste, ma veine.
________- « Quoi encore ?! » Dis-je d'un ton agacé, les yeux plissés.
________- « Vous m'devez une paire de basket. »
J'hallucine. Je le regarde ahurie, le roi des chieurs je vous dis ! Je discerne un sourire en coin prendre forme à l'embrasure de ses lèvres pleines et son regard devenir taquin voir arrogant. Pas décontenancée pour un sou j'attrape mon sac et commence à fouiller dedans.
________- « Combien ? » Je lui demande.
________- « De quoi ? » Me répond-t-il, les sourcils froncés, l'air innocent comme un gosse.
________- « Le prix des baskets ! » Lui dis-je comme si je parlais à un demeuré. Ce qui soit disant passant, n'a pas l'air si faux que ça. Il lève un sourcil, cachant ce dernier derrière le bandeau noir qui entoure son front.
________- « Ce n'était que de l'ironie, de l'humour... »
________- « Tant mieux, dis-je en le coupant. Dans se cas la je vous en donne 300$ et vous me foutez la paix, okay ? »
________- « Gardez votre argent, je n'en ai pas besoin. » Me répond-t-il avec un sourire.
________- « Très bien, alors au malheur de vous revoir. » Répliquais-je avec froideur avant de lui tourner le dos et de partir à la volée.
Je sors de la station de métro, dégainant mon parapluie noir pour les circonstances semblables. Le brouhaha de la ville me fait vibrer, me rend vivante. On ferme les yeux, et sans même distinguer on devine les choses. Les hauts immeubles brillants, les taxis jaunes doublant par la droite, les passants qui courent avec le New York Times sur la tête, les SDF cloîtré sous les toitures rutilantes, les chiens agacés par les flaques d'eau, les fashions-victimes cachant leurs brushings en dessous leurs vestes, le vendeur de donuts à l'angle de la rue en train de jurer en Italien...
Mon talon droit fait marche arrière, mes cheveux claquent par la faute du vent, et mon doigt se pose sur son torse. Il ne réagi pas, comme prévenant de mon geste. Bouillonnante de rage, je murmure d'une voix qui se veut sèche :
________- « On vous a déjà dit que vous étiez pire qu'un malabar collé sous une vieille pompe ?! »
Il joint ses deux mains derrière la tête et se penche en avant vers moi, de façon à mettre son visage en face du mien. Il ne bronche pas pendant un moment, ne cessant de faire glisser son regard sur moi. Un regard qui me gêne, un regard que je n'identifie pas. Et j'ai horreur de ça. D'un coup il se penche et me lance :
________- « On vous a déjà dit que vous rouliez du cul ? »
Mon doigt s'enfonce dans son torse tandis qu'il étouffe un « Aie » dans un rire grave. Ma main droite autour du manche de mon parapluie se crispe de colère et une envie folle de lui cracher à la gueule me prend. Il tourne brutalement la tête et hèle un taxi. Prenant possession de ma main, il la retire délicatement de son torse. Son regard croise le mien, il esquisse un sourire puis s'en va en courant. Dans sa course il me lance :
________- « On se reverra Mlle Leah Spencer. »
Je murmure plus pour moi que pour lui :
________-« Compte là-dessus, du con. »
_____________________________________3ème jour-15h47 Paris-Bar Le Perthus:
________-"Analyn! Jess s'en sort pas, vas l'aider le temps qu'il faut et ensuite reviens au comptoir s'il te plait."
Suite au dire de mon patron je pose le torchon et la tasse que j'étais en train d'essuyer, pour prendre les commandes de clients patientant plus que necessaire. En cette après midi de samedi, le café est bondé. Le temps est au beau fixe, ce qui pousse les habitants de la ville à sortir de chez eux pour profiter des rayons du soleil en terasses de petits bars. Et par la même occasion me donner du travail supplémentaire. Et oui en plus de mes études je travaille. Les factures ne se payent pas toutes seules, il ne faut pas croire. Certes, mon frère gagne bien sa vie mais pas assez pour nous deux et de toute façon je tiens à mon indépendance ainsi qu'à participer à nos dépences. C'est pour cela qu'après les cours (lorsque je finis tôt) trois fois par semaine plus le samedi, je passe mon temps dans ce modeste café plutôt convivial. étant proche de ma faculté il représente un repaire pour les étudiants, venant là pour se détendre, pour faire une pause entre deux cours ou tout simplement boire un verre avec des amis. L'ambiance est bonne enfant.
Le patron et sa femme sont propriétaires depuis une bonne dizaine d'années maintenant. Ils s'évertuent à garder une âme de petit commerce de bourgade alors qu'il est en plein Paris. étonnament ils y arrivent, allez savoir comment. Nous sommes deux employés, Jess à plein temps et moi avec un contrat étudiant. Leur cadette aide assez souvent aussi, elle n'a que dix huit ans mais se comporte comme une femme du monde. Toujours habillée impeccablement elle fait quelques année de plus, prédisposée à être une femme d'affaire elle n'oublie pas les fêtes branchées nombreuses dans notre capitale française. Souvent j'entends les dernier potins peoples de sa propre bouche. Je me demande ce qu'elle fait encore dans ce bar sans envergure. Mais sa réponse est imperceptiblement la même à chaque fois "je ne veux pas oublier d'où je viens". Au fond ce lieu est son échapatoire à la vie qui l'attend. Je trouverais le mien à mon tour, mais ce n'est pas pour tout de suite.
Je slalome entre les tables prises d'assaut pour rejoindre celles où les clients ne sont pas servies. J'aditionne les commandes, soustrais les boissons. à croire que tout le quartier s'est donné rendez vous ici. ça devrait être reconnu comme un sport à par entière moi je dis. Sur le coup de dix neuf heure le café commence à se vider peu à peu. C'est alors avec un soulagement non feint que je rejoins mon comptoir adoré. Mais maintenant ceux sont les gens souhaitant prendre l'apéro qui vont arriver. ça n'en finira dont jamais. Je vois Jess au loin en train de nettoyer les tables abandonnées par leur propriétaire d'un verre. Il me lance un sourire rayonnant en réponse à ma mine fatiguée. Je pense que ce garçon est un surhomme tout simplement, toujours le sourire, il est des plus sympathique. Du haut de ses vingt sept ans il respire la joie de vivre tel un enfant inocent. La vie l'a épargné, pas comme tout le monde...
Je commence à ranger le comptoir quelque peu mis sans dessus dessous par la pagaille des heures précédentes. Les verres sont essuyés et remis à leur place sur leurs étagères respectives. Je fais deux trois allés retours dans la réserve pour remplir le stock de boissons écoulées. Et finis par passer un coup d'éponge sur le bois collant du bar. Je crois bien en avoir fait assez pour dire que tout est en ordre. Alors que je m'apprétais à m'assoir cinq minutes pour une pause bien méritée un client m'apelle. Surtout rester calme, je l'aurais cette fichue pause, ne pas perdre espoir. Malgré moi je souffle de mécontentement, ce qui ne semble pas échapper à mon chèr client.
________-"Mais tu passes ta vie à souffler dis moi."
Il ne mets pas utile de relever la tête pour savoir qui a prononcé ces mots. Alors que j'allais expirer une seconde fois bruyamment après avoir reconnu le propriétaire de cette charmante phrase je me retiens.
________-"Vous désirez?" Lui répondis-je en feignant l'indiférence.
________ -"Un café sans sucre s'il te plait. Et puis on peut se tutoyer hein."
Sans prendre la peine de répondre je m'éloigne lui préparer son breuvage noir. Je prends un temps infini pour le faire. Je n'ai pas de raison particulière, juste un pressentiment sur ce qui pourrait suivre. Si j'avais su je ne lui aurais jamais servi son maudit café. Inéluctablement je reviens vers lui pour lui donner sa boisson. Il me sourit innocemment.
________-"J'imagine que tu n'es pas là par hasard?" le questionne-je.
________-"Non c'est vrai." Me répond Gustav.
Mêlant la parole à son geste, il dépose sous mes yeux un tract émanant du bar avec plusieurs notes gribouillées au dos.
________-" Il y a quelques jours tu es sortie comme une fusée de la fac et tu m'as bousculé, par la même occasion tu as fait tombé ça. J'en ai déduis que tu travaillais ici."
________-"Quel sens de la déduction! Mais ça n'explique pas pour autant ce que tu fais là?"
________-"C'est parce que tu m'intrigues." Me lance-t-il sans préavis.
Sa réplique me scotche littéralement. De ses yeux maronnés il me fixe intensément sans aucun battement de cils. J'ai l'impression qu'il me transperce de par en par, étant transparente l'espace d'un instant. Puis aussi brusquement il se décontracte et fait faiblir la fureur de ses prunelles. Je reprends mon souffle ayant oubliée de respirer le temps de sa fusillade. Je tente de reprendre contenance mais sans grand succès je l'avoue.
________-"Un rapport avec le "Alors c'est toi Analyn"?"
________-"Plus ou moins."
Ses réponses vagues m'agacent. Je n'ai pas envie de perdre mon temps avec un petit malin comme lui. Il jouera à la devinette sans moi. Je retire mon tablier, l'accroche à un porte manteau de la réserve et préviens mon patron que je sors prendre ma pause. Attrapant mon sac je passe devant Gustav toujours accoudé au bar sans un regard pour lui alors que je sens le sien sur moi accompagné de son éternel sourire. Je sors du bâtiment pour m'appuyer contre son mur de brique un peu plus loin. Je fouille dans mon sac à main pour y trouver finalement une cigarette. Je l'allume et inhale la première bouchée goulument. Mes muscles se détendent instantanément. Déjà la seconde taff n'a plus le même goût et la troisième n'en parlons pas. Je l'écrase et la jette dans le cendrier le plus proche. Je pose ma tête contre le mur poreux et ferme les yeux. Ce Gustav est si indescriptible que cela devrait me plaire normalement. J'aime découvrir les mystères des gens, c'est comme un chalenge pour moi de percer le secret des autres. Mais lui c'est différent, je ne saurais l'expliquer. Peut être est ce mon sixième sens qui me cri de fuir face à plus fort que moi? Ou alors ce qui me déplait au fond est que lui aussi essaye de percer le mien? Je m'avance certainement. Après tout nous n'avons échangé que quelques mots, se sera une conversation sans lendemain. Sa curiosité à mon encontre s'éteindra aussi vite qu'elle s'est allumé.
________-"Bouh!"
________-"Ahhh." M'écris-je.
Je sursaute de surprise et plaque ma main sur mon c½ur par réflexe. Je croise à nouveau son sourire rieur. Je retire, ce mec n'est pas indescriptible, il est barge tout simplement. Et en plus ça le fait rire le bougre. J'ai failli avoir une crise cardiaque et monsieur rigole. Bizarrement son rire est communicatif et mes lèvres s'étirent sans mon accord en un sourire sincère.
________-"J'ai enfin réussi à te faire sourire, ce n'est pas trop tôt."
________-"C'est sûr que toi ça serait plutôt l'inverse, avant que tu perdes le tien!"
________-"Que veux-tu je respire la joie de vivre."
Il simule une grande inspiration d'air à s'en faire éclater les poumons, pour finalement tout rejeter la seconde d'après. Son imitation me fait rire, lui aussi. Après avoir repris nos sérieux, il me demande:
________-"Tu as bientôt fini de travailler?"
Je regarde ma montre et lui dis que normalement il me reste encore une petite demi-heure à faire. Il décide de m'attendre en patientant derrière le comptoir. Les minutes passent vite et sans m'en rendre réellement compte je marche déjà à ses cotés pour rentrer chez moi. Nous discutons de façon amicale, m'apprenant des banalités sur lui. Comme le fait qu'il a été transféré dans cette fac récemment, suite à son déménagement de la province vers la grande ville. Ou alors qu'il a une grande s½ur avec qui il s'entend très bien. Rien de bien surprenant. De mon coté les révélations ne sont pas plus rocambolesques. Pourtant cela s'arrête net avec sa dernière question.
________-"Tu connais un certain Jeffrey?"
À l'entente de ce prénom je me raidis. Bien sûr que je le connais.
________-"Ca me dit vaguement quelque chose. Bon il va falloir que je rentre, mon frère doit m'attendre. Contente d'avoir fait plus ample connaissance, on se recroisera à la fac certainement. Ciao."
Pas besoin de plus pour filer dans les escaliers de mon immeuble en le laissant sans voix. Je ne les ai jamais grimpés aussi vite. Arrivée devant la porte de mon appartement je suis rompue. Pourquoi a-t-il fallu qu'il parle de Jeffrey? Et comment il le connait? Il n'a d'ailleurs pas dû poser la question au hasard. J'aurais pu l'interroger mais ça aurait éveillé sa curiosité déjà bien alerte. Pas besoin de jouer avec le feu en plus.
Ma respiration s'accélère subitement. Mes poumons se gorgent d'oxygène à une vitesse très vite anormale. Je sens mes jambes fléchirent. Non pas maintenant, c'est pas le moment! Pourtant mon esprit s'embrume déjà sans que je m'en rende compte. Je lutte pour stopper la machine infernale, je me bats de toutes mes forces. Des perles de sueurs apparaissent sur mon front. Au bout d'une dizaine de minutes interminables à mon sens j'arrive enfin à me calmer. Le résultat est que je suis encore plus fatiguée qu'en montant ces escaliers quatre par quatre. Une fois la porte ouverte, sous le contre coup, je chancelle jusqu'à ma chambre. Je n'ai malheureusement pas le temps d'y arriver, mes jambes ne me portent plus. Dans une chute sans grâce je m'écroule au sol. Le bruit alertant mon frère, il se retrouve à coté de moi la minute suivante.
________-"Je suis désolée Georg..." Lui glisse-je à l'oreille pendant qu'il me porte délicatement jusqu'à ma lit.
________-"Ce n'est pas ta faute" Tente-t-il de m'apaiser.
Il me pose sur le matelas. Retire mes chaussures ainsi que ma veste et rabats la couverture sur mon corps épuisé. Je sens sa main caresser ma joue rougie et ses lèvres y déposer un doux baiser.
________-"Repose toi petite s½ur, je suis là."
_____________________________________________Simultané-Pensées Analyn & Leah:
De mauvaise humeur. Je suis tout simplement et tout bonnement d'une humeur massacrante. Je crois que c'est mon jour aujourd'hui, on a décidé qu'il fallait faire chier quelqu'un et c'est tombé sur moi. J'suis sûre qu'ils se marrent bien là-haut, bande d'abrutis. Alors me voilà dans ce métro, vu que ma voiture c'est prêté au jeu elle aussi et m'a lâchement abandonnée. Je n'avais qu'un souvenir vague des transports en commun, maintenant j'ai compris pourquoi je ne voulais pas en garder souvenir.
Serrée comme une sardine en boîte, je me demande si certaines personnes ont déjà pensé à investir dans du déodorant, ce qui ne serait pas une si mauvaise chose si vous voulez mon avis. Un quart d'heure que je suis dans ce fichu wagon, mon sac au bras, mon café sortant du Starbucks Coffee en main. J'appuie mon front contre la barre en fer. Oui parce que poisse s'entend, il n'y a pas de places assises bien sûr. D'ailleurs j'ai un gros macho derrière moi qui est en train de me courir sur le haricot, si il croit que je ne sens pas ses mains qui me tripotent, il se met le doigt dans l'½il jusqu'au coude. Je me retourne et lui fais face de mon mètre soixante-dix sur talons, il me sort un sourire qui se veut charmeur, mais pour ça il lui aurait déjà fallut un bon détartrage. Grand, le torse bombé, le teint trop halé, le regard pervers, la barbe naissante, les poils sortant de sa veste en cuir. Stéréotype looser.
________ - « Touche moi encore une fois et j'te fais bouffer mon gobelet, t'as compris ?! »
C'est ça d'avoir une ex meilleure amie vivant dans les quartiers chauds de la banlieue New-Yorkaise. Il accuse le coup l'air mauvais, grognant dans sa barbe, puis s'éloigne vers un groupe de filles gloussant comme des dindes. Bonne pêche mon vieux. Je soupire et grimace, qu'est-ce que les gens peuvent m'agacer alors. Ils sont tous pareils, insipides. Pas de personnalité, pas de caractère propre à eux-mêmes, rien. Tout est copié, plagié, calqué, imité. J'ai des amis, beaucoup trop même. Des connaissances, du piston, des relations, tout ce rapportant aux plus grandes influences New-Yorkaise et autres. Mais rien de bien concret si vous voulez savoir, ce ne sont que des gens sans importance, des personnes dont je me contre-fiche car ce ne seront jamais elles qui m'aideront le jour où je serai réellement face à un obstacle. D'abord triste par cette constatation, je me suis vite rendue compte au fil des années que pour remonter de l'abysse je n'attraperai jamais une main tendue, en réalité je me suis aperçue que je pourrai simplement donner un coup de pied et remonter à la surface, sans l'aide de qui que se soit. En clair je n'ai besoin de personne.
Il y a deux jours, j'ai appris une nouvelle qui aurait du changer ma vie. On m'a proposé de rentré dans un jeu dont je connaissais parfaitement les règles, un jeu que tout le monde évite, bien que personne ne choisisse. Et moi la première. Pourtant je n'ai pas été surprise, le hasard de la vie, point. Je l'expliquais comme ça, et puis de toute manière, que pouvais-je faire contre ? Rien. Alors j'ai décidé d'attendre, d'attendre que ça me bouffe. Et puis on verra bien.
Émergeant de mes pensées les plus noires, j'observe le métro sortant de son tunnel et se dévoilant face au monde. La pluie bat rageusement sur les vitres, colérique contre le soleil de la veille, et réveille d'un sursaut les gens essayant de finir leur nuit. Mon regard glisse vers le ciel noir comme jamais, triste miroir de mon moral. Le train ralentit puis finit par s'arrêter à une gare, le bruit perçant des portes s'ouvrant retentit et une masse de monde entre et dévale de l'appareil, me bousculant dans tous les sens. Un jeune homme fait éruption dans le wagon et place sa main au dessus de la mienne sur la barre en fer. Il me tourne le dos, ne me laissant entrevoir que ses dreadlocks. Je grimace, si ma mère aurait été là elle aurait tout d'abord été outrée puis elle l'aurait supplié de la laissé lui offrir une coupe chez son coiffeur personnel. Mais soyons réalistes, pour ma mère plutôt crever qu'aller dans le métro. Il m'est familier, en tout cas, sa main et ses cheveux le sont. Mais où est-ce que j'aurais bien pu le voir ? Car ce n'est pas vraiment mon genre de fréquentation dirons nous. Mon pied me lance une douleur lancinante qui me rappel à l'ordre de ma mauvaise humeur du jour. Je jure tandis que l'homme qui viens me marcher dessus me lance un « d'solé » on ne peut moins sincère. Une voix me parvient, grave et amusée :
________- « Le hasard fait bien les choses dis-donc, je n'aurais jamais pensé croiser quelqu'un comme vous ici. »
Je me retourne et étudie mon interlocuteur. Le dreadeux.
________- « On se connait ?! » Sifflais-je en massant mon pied à travers le cuir marron de ma botte.
________- « Vous m'aviez l'air plus agréable hier soir. » Grogne-t-il d'une voix basse.
Je l'observe plus précisément, scrutant son regard chocolat. Bordel. Je n'en reviens pas, il fallait que je tombe sur le clochard de la veille. Comme si ma migraine ne me rappelait pas assez les frasques d'hier soir. Poisse Poisse Poisse.
________- « Effet néfaste de l'alcool. » Dis-je à toute vitesse en me détournant, ne voulant pas lui accorder plus de mon précieux temps. Je l'entends rigoler derrière mon dos. Un rire franc, empreint de moquerie enfantine. Son rire.
Je lève les yeux, agacée, tandis que les portes de l'engin s'ouvrent une énième fois. Sans prendre la peine de contempler en arrière, je me fraye un chemin parmi les passagers qui déambulent et je pose les pieds sur la voie. Je marche, le menton haut par habitude, mes ongles manucurés « à la française » comme le dit l'esthéticienne, sur la sangle de mon sac Chloé. Quelqu'un presse le pas dans mon dos, et je n'ai même pas besoin de garder les yeux ouverts pour le reconnaitre.
________- « Attendez, pas si vite ! » Me lance-t-il en m'attrapant l'avant bras. J'observe sa main serrée autour de mon poignet, ses longs doigts fins et la corne rugueuse sur les bouts. Un clochard guitariste, ma veine.
________- « Quoi encore ?! » Dis-je d'un ton agacé, les yeux plissés.
________- « Vous m'devez une paire de basket. »
J'hallucine. Je le regarde ahurie, le roi des chieurs je vous dis ! Je discerne un sourire en coin prendre forme à l'embrasure de ses lèvres pleines et son regard devenir taquin voir arrogant. Pas décontenancée pour un sou j'attrape mon sac et commence à fouiller dedans.
________- « Combien ? » Je lui demande.
________- « De quoi ? » Me répond-t-il, les sourcils froncés, l'air innocent comme un gosse.
________- « Le prix des baskets ! » Lui dis-je comme si je parlais à un demeuré. Ce qui soit disant passant, n'a pas l'air si faux que ça. Il lève un sourcil, cachant ce dernier derrière le bandeau noir qui entoure son front.
________- « Ce n'était que de l'ironie, de l'humour... »
________- « Tant mieux, dis-je en le coupant. Dans se cas la je vous en donne 300$ et vous me foutez la paix, okay ? »
________- « Gardez votre argent, je n'en ai pas besoin. » Me répond-t-il avec un sourire.
________- « Très bien, alors au malheur de vous revoir. » Répliquais-je avec froideur avant de lui tourner le dos et de partir à la volée.
Je sors de la station de métro, dégainant mon parapluie noir pour les circonstances semblables. Le brouhaha de la ville me fait vibrer, me rend vivante. On ferme les yeux, et sans même distinguer on devine les choses. Les hauts immeubles brillants, les taxis jaunes doublant par la droite, les passants qui courent avec le New York Times sur la tête, les SDF cloîtré sous les toitures rutilantes, les chiens agacés par les flaques d'eau, les fashions-victimes cachant leurs brushings en dessous leurs vestes, le vendeur de donuts à l'angle de la rue en train de jurer en Italien...
...Et lui en train de me suivre.
Mon talon droit fait marche arrière, mes cheveux claquent par la faute du vent, et mon doigt se pose sur son torse. Il ne réagi pas, comme prévenant de mon geste. Bouillonnante de rage, je murmure d'une voix qui se veut sèche :
________- « On vous a déjà dit que vous étiez pire qu'un malabar collé sous une vieille pompe ?! »
Il joint ses deux mains derrière la tête et se penche en avant vers moi, de façon à mettre son visage en face du mien. Il ne bronche pas pendant un moment, ne cessant de faire glisser son regard sur moi. Un regard qui me gêne, un regard que je n'identifie pas. Et j'ai horreur de ça. D'un coup il se penche et me lance :
________- « On vous a déjà dit que vous rouliez du cul ? »
Mon doigt s'enfonce dans son torse tandis qu'il étouffe un « Aie » dans un rire grave. Ma main droite autour du manche de mon parapluie se crispe de colère et une envie folle de lui cracher à la gueule me prend. Il tourne brutalement la tête et hèle un taxi. Prenant possession de ma main, il la retire délicatement de son torse. Son regard croise le mien, il esquisse un sourire puis s'en va en courant. Dans sa course il me lance :
________- « On se reverra Mlle Leah Spencer. »
Je murmure plus pour moi que pour lui :
________-« Compte là-dessus, du con. »
_____________________________________3ème jour-15h47 Paris-Bar Le Perthus:
________-"Analyn! Jess s'en sort pas, vas l'aider le temps qu'il faut et ensuite reviens au comptoir s'il te plait."
Suite au dire de mon patron je pose le torchon et la tasse que j'étais en train d'essuyer, pour prendre les commandes de clients patientant plus que necessaire. En cette après midi de samedi, le café est bondé. Le temps est au beau fixe, ce qui pousse les habitants de la ville à sortir de chez eux pour profiter des rayons du soleil en terasses de petits bars. Et par la même occasion me donner du travail supplémentaire. Et oui en plus de mes études je travaille. Les factures ne se payent pas toutes seules, il ne faut pas croire. Certes, mon frère gagne bien sa vie mais pas assez pour nous deux et de toute façon je tiens à mon indépendance ainsi qu'à participer à nos dépences. C'est pour cela qu'après les cours (lorsque je finis tôt) trois fois par semaine plus le samedi, je passe mon temps dans ce modeste café plutôt convivial. étant proche de ma faculté il représente un repaire pour les étudiants, venant là pour se détendre, pour faire une pause entre deux cours ou tout simplement boire un verre avec des amis. L'ambiance est bonne enfant.
Le patron et sa femme sont propriétaires depuis une bonne dizaine d'années maintenant. Ils s'évertuent à garder une âme de petit commerce de bourgade alors qu'il est en plein Paris. étonnament ils y arrivent, allez savoir comment. Nous sommes deux employés, Jess à plein temps et moi avec un contrat étudiant. Leur cadette aide assez souvent aussi, elle n'a que dix huit ans mais se comporte comme une femme du monde. Toujours habillée impeccablement elle fait quelques année de plus, prédisposée à être une femme d'affaire elle n'oublie pas les fêtes branchées nombreuses dans notre capitale française. Souvent j'entends les dernier potins peoples de sa propre bouche. Je me demande ce qu'elle fait encore dans ce bar sans envergure. Mais sa réponse est imperceptiblement la même à chaque fois "je ne veux pas oublier d'où je viens". Au fond ce lieu est son échapatoire à la vie qui l'attend. Je trouverais le mien à mon tour, mais ce n'est pas pour tout de suite.
Je slalome entre les tables prises d'assaut pour rejoindre celles où les clients ne sont pas servies. J'aditionne les commandes, soustrais les boissons. à croire que tout le quartier s'est donné rendez vous ici. ça devrait être reconnu comme un sport à par entière moi je dis. Sur le coup de dix neuf heure le café commence à se vider peu à peu. C'est alors avec un soulagement non feint que je rejoins mon comptoir adoré. Mais maintenant ceux sont les gens souhaitant prendre l'apéro qui vont arriver. ça n'en finira dont jamais. Je vois Jess au loin en train de nettoyer les tables abandonnées par leur propriétaire d'un verre. Il me lance un sourire rayonnant en réponse à ma mine fatiguée. Je pense que ce garçon est un surhomme tout simplement, toujours le sourire, il est des plus sympathique. Du haut de ses vingt sept ans il respire la joie de vivre tel un enfant inocent. La vie l'a épargné, pas comme tout le monde...
Je commence à ranger le comptoir quelque peu mis sans dessus dessous par la pagaille des heures précédentes. Les verres sont essuyés et remis à leur place sur leurs étagères respectives. Je fais deux trois allés retours dans la réserve pour remplir le stock de boissons écoulées. Et finis par passer un coup d'éponge sur le bois collant du bar. Je crois bien en avoir fait assez pour dire que tout est en ordre. Alors que je m'apprétais à m'assoir cinq minutes pour une pause bien méritée un client m'apelle. Surtout rester calme, je l'aurais cette fichue pause, ne pas perdre espoir. Malgré moi je souffle de mécontentement, ce qui ne semble pas échapper à mon chèr client.
________-"Mais tu passes ta vie à souffler dis moi."
Il ne mets pas utile de relever la tête pour savoir qui a prononcé ces mots. Alors que j'allais expirer une seconde fois bruyamment après avoir reconnu le propriétaire de cette charmante phrase je me retiens.
________-"Vous désirez?" Lui répondis-je en feignant l'indiférence.
________ -"Un café sans sucre s'il te plait. Et puis on peut se tutoyer hein."
Sans prendre la peine de répondre je m'éloigne lui préparer son breuvage noir. Je prends un temps infini pour le faire. Je n'ai pas de raison particulière, juste un pressentiment sur ce qui pourrait suivre. Si j'avais su je ne lui aurais jamais servi son maudit café. Inéluctablement je reviens vers lui pour lui donner sa boisson. Il me sourit innocemment.
________-"J'imagine que tu n'es pas là par hasard?" le questionne-je.
________-"Non c'est vrai." Me répond Gustav.
Mêlant la parole à son geste, il dépose sous mes yeux un tract émanant du bar avec plusieurs notes gribouillées au dos.
________-" Il y a quelques jours tu es sortie comme une fusée de la fac et tu m'as bousculé, par la même occasion tu as fait tombé ça. J'en ai déduis que tu travaillais ici."
________-"Quel sens de la déduction! Mais ça n'explique pas pour autant ce que tu fais là?"
________-"C'est parce que tu m'intrigues." Me lance-t-il sans préavis.
Sa réplique me scotche littéralement. De ses yeux maronnés il me fixe intensément sans aucun battement de cils. J'ai l'impression qu'il me transperce de par en par, étant transparente l'espace d'un instant. Puis aussi brusquement il se décontracte et fait faiblir la fureur de ses prunelles. Je reprends mon souffle ayant oubliée de respirer le temps de sa fusillade. Je tente de reprendre contenance mais sans grand succès je l'avoue.
________-"Un rapport avec le "Alors c'est toi Analyn"?"
________-"Plus ou moins."
Ses réponses vagues m'agacent. Je n'ai pas envie de perdre mon temps avec un petit malin comme lui. Il jouera à la devinette sans moi. Je retire mon tablier, l'accroche à un porte manteau de la réserve et préviens mon patron que je sors prendre ma pause. Attrapant mon sac je passe devant Gustav toujours accoudé au bar sans un regard pour lui alors que je sens le sien sur moi accompagné de son éternel sourire. Je sors du bâtiment pour m'appuyer contre son mur de brique un peu plus loin. Je fouille dans mon sac à main pour y trouver finalement une cigarette. Je l'allume et inhale la première bouchée goulument. Mes muscles se détendent instantanément. Déjà la seconde taff n'a plus le même goût et la troisième n'en parlons pas. Je l'écrase et la jette dans le cendrier le plus proche. Je pose ma tête contre le mur poreux et ferme les yeux. Ce Gustav est si indescriptible que cela devrait me plaire normalement. J'aime découvrir les mystères des gens, c'est comme un chalenge pour moi de percer le secret des autres. Mais lui c'est différent, je ne saurais l'expliquer. Peut être est ce mon sixième sens qui me cri de fuir face à plus fort que moi? Ou alors ce qui me déplait au fond est que lui aussi essaye de percer le mien? Je m'avance certainement. Après tout nous n'avons échangé que quelques mots, se sera une conversation sans lendemain. Sa curiosité à mon encontre s'éteindra aussi vite qu'elle s'est allumé.
________-"Bouh!"
________-"Ahhh." M'écris-je.
Je sursaute de surprise et plaque ma main sur mon c½ur par réflexe. Je croise à nouveau son sourire rieur. Je retire, ce mec n'est pas indescriptible, il est barge tout simplement. Et en plus ça le fait rire le bougre. J'ai failli avoir une crise cardiaque et monsieur rigole. Bizarrement son rire est communicatif et mes lèvres s'étirent sans mon accord en un sourire sincère.
________-"J'ai enfin réussi à te faire sourire, ce n'est pas trop tôt."
________-"C'est sûr que toi ça serait plutôt l'inverse, avant que tu perdes le tien!"
________-"Que veux-tu je respire la joie de vivre."
Il simule une grande inspiration d'air à s'en faire éclater les poumons, pour finalement tout rejeter la seconde d'après. Son imitation me fait rire, lui aussi. Après avoir repris nos sérieux, il me demande:
________-"Tu as bientôt fini de travailler?"
Je regarde ma montre et lui dis que normalement il me reste encore une petite demi-heure à faire. Il décide de m'attendre en patientant derrière le comptoir. Les minutes passent vite et sans m'en rendre réellement compte je marche déjà à ses cotés pour rentrer chez moi. Nous discutons de façon amicale, m'apprenant des banalités sur lui. Comme le fait qu'il a été transféré dans cette fac récemment, suite à son déménagement de la province vers la grande ville. Ou alors qu'il a une grande s½ur avec qui il s'entend très bien. Rien de bien surprenant. De mon coté les révélations ne sont pas plus rocambolesques. Pourtant cela s'arrête net avec sa dernière question.
________-"Tu connais un certain Jeffrey?"
À l'entente de ce prénom je me raidis. Bien sûr que je le connais.
________-"Ca me dit vaguement quelque chose. Bon il va falloir que je rentre, mon frère doit m'attendre. Contente d'avoir fait plus ample connaissance, on se recroisera à la fac certainement. Ciao."
Pas besoin de plus pour filer dans les escaliers de mon immeuble en le laissant sans voix. Je ne les ai jamais grimpés aussi vite. Arrivée devant la porte de mon appartement je suis rompue. Pourquoi a-t-il fallu qu'il parle de Jeffrey? Et comment il le connait? Il n'a d'ailleurs pas dû poser la question au hasard. J'aurais pu l'interroger mais ça aurait éveillé sa curiosité déjà bien alerte. Pas besoin de jouer avec le feu en plus.
Ma respiration s'accélère subitement. Mes poumons se gorgent d'oxygène à une vitesse très vite anormale. Je sens mes jambes fléchirent. Non pas maintenant, c'est pas le moment! Pourtant mon esprit s'embrume déjà sans que je m'en rende compte. Je lutte pour stopper la machine infernale, je me bats de toutes mes forces. Des perles de sueurs apparaissent sur mon front. Au bout d'une dizaine de minutes interminables à mon sens j'arrive enfin à me calmer. Le résultat est que je suis encore plus fatiguée qu'en montant ces escaliers quatre par quatre. Une fois la porte ouverte, sous le contre coup, je chancelle jusqu'à ma chambre. Je n'ai malheureusement pas le temps d'y arriver, mes jambes ne me portent plus. Dans une chute sans grâce je m'écroule au sol. Le bruit alertant mon frère, il se retrouve à coté de moi la minute suivante.
________-"Je suis désolée Georg..." Lui glisse-je à l'oreille pendant qu'il me porte délicatement jusqu'à ma lit.
________-"Ce n'est pas ta faute" Tente-t-il de m'apaiser.
Il me pose sur le matelas. Retire mes chaussures ainsi que ma veste et rabats la couverture sur mon corps épuisé. Je sens sa main caresser ma joue rougie et ses lèvres y déposer un doux baiser.
________-"Repose toi petite s½ur, je suis là."
_____________________________________________Simultané-Pensées Analyn & Leah:
« A l'instant je n'avais plus du tout envie de te revoir. Dégage de ma vie, tu n'es là que pour me faire perdre mon temps & mon souffle imbécile. Je le désirais vraiment tu sais, mais pardonnes moi, je ne connaissais pas encore la suite de l'histoire. »
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Hello Everybody ♥-----
Enfin le 3ème chapitre :)
Tout commence réellement à se construire. Le début démarre mais tout ne surviendra pas d'un coup. Attendez -vous à être patients, les sentiments quelques qu'ils soient ne reposent en rien sur de la banalité. Et puis les fleurs attendent les rayons du soleil pour s'ouvrirent :) Des recontres plus que banales, rien de bien concret. Néamoins le voyage continu, nous espérons vous voir toujours là pour les suites. n_n
Comment vous remercier?! Vous êtes si fabuleux :)
Tout commence réellement à se construire. Le début démarre mais tout ne surviendra pas d'un coup. Attendez -vous à être patients, les sentiments quelques qu'ils soient ne reposent en rien sur de la banalité. Et puis les fleurs attendent les rayons du soleil pour s'ouvrirent :) Des recontres plus que banales, rien de bien concret. Néamoins le voyage continu, nous espérons vous voir toujours là pour les suites. n_n
Comment vous remercier?! Vous êtes si fabuleux :)
Mlle-X & Mlle-A
Bisous & Smile ♥
Bisous & Smile ♥
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