« Retour au blog de My-HappyEnding-x

One Shoot "Les enfants de l'oubli"

...
Les mêmes rengaines traînent des pieds. Une vie amochée, un c½ur épinglé et des yeux pour pleurer. Pourquoi ne pas changer de disque ? Parce que personne ne le veut au fond. C'est tellement plus facile d'être malheureux qu'heureux.
...


Une jeune fille se tint accoudée à la fenêtre d'une petite chambre miteuse. L'encadrement en bois était rempli décharde mais elle n'en faisait pas acte. Peu importe si ses avants bras étaient écorchés. Pour l'instant elle était occupée à autre chose de beaucoup plus intéressant à ses yeux. Son corps était recouvert d'un vieux tee shirt lui arrivant à mi cuisse, il se soulevait au rythme de la brise naissante laissant ses jambes frêles à nu. Elle était là, seule, à observer les étoiles impétueuses qui s'installaient dans un ciel dégagé. Chacune poussait sa voisine pour faire sa place sans aucune gêne. D'autres restaient à l'écart ne voulant s'abaisser à pareil puérilité. La demoiselle s'émerveillait de ce combat quotidien. Elle aimerait les rejoindre et livrait bataille à son tour mais le sien était bel et bien sur Terre et non parmi les étoiles.

Les minutes s'égrainaient et inévitablement elle dut refermer les battants d'une évasion sans nom. Doucement elle se glissa dans des draps qui avaient perdu de leur douceur. Elle attrapa sous son oreiller un bout de papier glacé pour y caresser délicatement la surface froissée par le temps. Après l'avoir remis à sa place initiale elle se permit de s'envoler vers un autre monde, celui de Morphée.


...
Une vie entre le passé et le futur qui n'attend qu'un présent. Mais qui est prêt à le vivre ? Rien n'est blanc ou noir, on préfère seulement le voir ainsi. Facilité, saloperie de facilité...
...


________-« Nally vient là s'il te plait ? »

Docilement la jeune fille répondant à ce prénom se dirigea vers sa directrice. Elle savait très bien de quoi elle voulait l'entretenir et c'était bien pour cela qu'elle n'y allait pas de gaieté de c½ur. Lorsqu'elles se trouvèrent à la même hauteur, la directrice attrapa sa protégé par le bras et l'éloigna des oreilles indiscrètes, dans son bureau. Une fois la porte fermée un silence lourd de sens s'installa. Elles savaient toutes deux la suite des évènements. La discussion à venir n'était agréable à personne mais elle faisait pourtant figure de passage obligé.

________-« Tu vas bientôt être majeur, et tu sais que tu vas devoir quitter l'orphelinat après ton dix huitième anniversaire. Il va falloir que tu t'y prépares sérieusement. »

Son ton était doux, calme, presque attendrissant contrairement au sens de ses mots. Mais tout cela Nally le savait bien et depuis longtemps elle y pensait. D'ici quelques mois maintenant, la désormais jeune femme, n'aura pas d'autre choix que de laisser sa deuxième famille derrière elle.

________-« Je ne veux pas... » Murmura-t-elle.

Des yeux larmoyant frappèrent de leur tristesse d'autres qui n'en pouvaient plus de tant d'injustice. L'éducatrice ne put s'empêcher de prendre dans ses bras cette nouvelle adulte à l'allure si fragile. Elle ne s'habituera jamais à ces annonces assassines qui mettent au pied du mur des jeunes déjà éprouvés par une vie qui ne leur à jamais souri jusque là. Mais le système était ainsi, elle en suivait les règles, cruelles soient-elles.

________-« Je sais bien. »Chuchota-t-elle à Nally en lui caressant les cheveux tendrement.

Quelques sanglots furent étouffés et au bout de quelques minutes madame William desserra son étreinte autour de Nally. Elle vint s'assoir derrière son bureau et tenta de mettre de coter sa compassion pour la jeune adulte. Elle évita de croiser ce regard perdu et oublié que chaque enfant possédait à l'intérieur de ses murs. Après avoir repris un semblant de contenance elle dit enfin.

________-« A ta sortie tu auras un tuteur qui t'accompagnera pour ta réinsertion. Ce sera Joe, je sais que tu l'apprécies et c'est réciproque. Il va t'aider à trouver un travail, voir même continuer tes études... »

Elle continua de lui expliquer les modalités de sa nouvelle vie, mais Nally n'écoutait plus vraiment. Pour elle cela voulait dire tout recommencer une fois encore, rien de plus. Elle s'était habituée à son quotidien, certes, peu enviable mais c'était le sien. Elle se plaisait dans cet établissement que pourtant, tant avait fuit, se réfugiant dans des familles d'accueils. Elle avait toujours refusé de se faire accueillir voir même adopter. Madame William aurait pu l'y contrainte étant sous sa tutelle mais elle n'en avait jamais rien fait. « Le bien de l'enfant prévoit toujours » disait-elle inlassablement. Et elle savait très bien que Nally ne souhaitait pas retrouver une famille, étrange soit cette idée. Son histoire lui avait appris à être indépendante et l'avait endurci bien plus que d'autres l'auraient été à sa place. Les épreuves qu'elle avait dû surmonter n'étaient pas bien originales, malheureusement bien trop banales dans cet endroit. Un accident de voiture qui fût fatal pour sa mère et son petit frère, suivi de la mort prématurée de son père ne supportant plus la vie sans eux. Tragique histoire que nombre de résidant de l'orphelinat partageaient. Des yeux qui ont perdu leur âme déambulaient dans des couloirs sombres. Des enfants trop vite flingués par une vie sans c½ur. Cruel départ. Mais pourtant chacun continuait de vivre à sa manière. Certains en se morfondant et ne voyant que le fond du gouffre qu'ils pensaient ne plus jamais pouvoir remonter. D'autres en essayant d'oublier tout simplement, en rayant de leur mémoire cet enfer qu'ils avaient vécu. Et enfin il y avait Nally. Nally qui acceptait son histoire et qui se construisait avec. Elle luttait contre ces gens qui la plaignaient, qui lui étalaient leur pitié sans décence. Elle voulait se battre et ne pas subir tel un animal blessé à mort. La jeune femme était toujours restée droite et fière. Se plaindre n'était pas son genre, elle avait vécu ce que la plupart des enfants n'auront jamais à affronter et elle l'assumait. C'était son passé et son avenir, ça faisait parti d'elle à jamais, pourquoi le nier?


...
Lorsque les autres se courbent certains restent droits. Pas besoin de leur demander pourquoi, ils l'ont décidé point final.
Regarder devant soi et ne pas pleurer le passé. Avancer, on le voudrait tous.
...


Aujourd'hui l'orphelinat connaissait une agitation particulière. Les éducateurs semblaient sur le qui vive, sans parler de Madame William qui ne cessait de courir de droite à gauche. La nervosité avait fait sa place et n'était pas décidé à quitter ces pauvres gens. Les enfants un peu perdus il faut l'avouer, n'en savaient pas la raison qui était soigneusement dissimulée. Quelques mots étaient interceptés tels que « ch½ur », « chanter », « groupe », rien de bien probant. Alors ils attendaient tous on ne savait quoi. La matinée se déroula dans cette nervosité ambiante. Mais après le déjeuner, quand chacun fût dans sa chambre en train de s'occuper à sa façon, les orphelins furent tous appelés à se réunir dans le grand hall. Une fois encore les enfants se questionnèrent et scrutèrent de leur yeux alertes le moindre indice. Mais appart un orphelinat spécialement propre rien n'avait changé. Lorsqu'ils furent tous présents, la Directrice demanda le silence d'un claquement de main et l'obtint en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire. Enfin ils allaient savoir d'où venait tout ce chamboulement.

________-« Alors comme vous avez pu vous en apercevoir aujourd'hui il y a eu une certaine agitation. Je vais vous en donner la raison de suite. L'orphelinat a été contacté par une maison de disque pour que notre chorale participe à un titre d'un nouvel album à paraitre. Je suis sûre et certaine que chacun d'entre vous connait ce groupe et c'est pour cela que nous vous avons tenu au secret jusqu'ici pour éviter toutes fuites minimes soient elles. Il s'agit du groupe Tokio Hotel... »

Elle n'eut pas le temps de finir son discours que déjà les chuchotements s'élevèrent et couvrirent sa voix. L'étonnement puis le ravissement se lurent dans les yeux des jeunes. Pour la plupart c'était à peine croyable, très peu furent indifférent, qui le pourrait après tout ? Plusieurs filles ne retinrent pas leur enthousiasme et le laissèrent exploser librement. Pourtant après dix minutes de lutte pour ramener le calme La Directrice parvint enfin à poursuivre son allocution.

________-« Les enfants ! S'il vous plait un peu de calme ! Alors voila, ils doivent arriver dans l'après midi si tout va bien. Ils resteront quelques jours pour l'enregistrement. Je compte sur vous tous pour leur faire un accueil digne de ce nom. C'est un magnifique cadeau qu'ils nous font, profitez' en. » Dit-elle gaiement.

Elle pouvait compter là-dessus, c'était certain. Même si dans l'établissement le groupe ne faisait pas l'unanimité il n'en restait pas moins que leur notoriété les avait précédé. Lentement le hall se vida, Nally quant à elle remonta dans sa chambre. Cette nouvelle l'avait chamboulé comme tout le monde. Elle appréciait ce groupe, leur musique lui avait toujours plu. Lorsque le son de leur chanson se faisait entendre elle l'écoutait attentivement et ne pensait à rien d'autre que les accords qui s'additionnaient sans fausses notes. Rencontrer de telles stars paraissait impossible. De plus elle faisait partie de la chorale, elle mêlerait donc sa voix à celles de ses compagnons d'infortunes ainsi que du chanteur qu'elle respectait profondément. Elle allait avoir la possibilité de vivre un pareil moment que tant lui enviait. Elle, jeune fille orpheline depuis ses huit ans, vivant pour espérer un lendemain plus heureux, allait le voir se lever. Enfin elle allait être récompensée pour son courage, sa foi dans un avenir meilleur et son obstination à ne pas abandonner. A ses yeux c'était comme un cadeau qu'elle n'osait plus espérer.

Un certain frénétisme s'empara d'elle quand elle entendit les escaliers piétinés par une bonne dizaine d'enfants courant à moitié. Le groupe devait sans doute être arrivé. Son ventre se mit à se contracter sans y avoir était invité, cela ne l'empêcha pas de garder son calme et sa sérénité légendaire. Certes, elle les appréciait beaucoup mais ce n'était pas pour autant une fan inconditionnelle de leur musique et encore moins une de ces groupies sans élégance. Lorsque la majorité des orphelins furent dans le hall pour les accueillir elle se décida enfin à descendre à son tour. Lentement elle prit les marches craquantes et fût entourée très vite par l'intégralité des résidents de l'établissement. Elle réalisa qu'en réalité ils étaient bien plus nombreux que ce qu'elle pensait. La plupart très jeune, quelques adolescents et très peu de son âge, il est vrai qu'elle faisait office de doyenne ici. Elle resta à l'écart de la foule, attrapant un verre de jus d'orange mit à disposition sur le buffet dressé pour l'occasion et le sirota. Son regard se balada sur le hall mais elle ne distingua même pas le groupe tant attendu. Par contre elle reconnut un de leur manager qui discutait avec Madame William. Lorsque leur conversation pris fin la Directrice exigea le silence et l'obtint très vite comme à son habitude. Elle demanda aux choristes de se regrouper près d'elle. Nally reposa son verre vide et se retrouva la minute suivante là où on lui avait demandé. Encerclée par une dizaine d'enfants elle vit enfin les Tokio Hotel qui se trouvaient à quelques mètres d'elle. Côte à côte ils discutaient en aparté, ne semblant pas s'intéresser particulièrement à la chorale qui venait de se regrouper devant eux. Ils étaient exactement comme sur les photos qu'elle avait pu voir d'eux, avec pour seule différence qu'ils étaient plus souriants. Pendant qu'elle les détaillait avec discrétion madame William intervint.

________ -« Les enfants vont vous interpréter un classique allemand si vous le souhaitez. »

Sortant de leur petit monde, le groupe réalisa qu'il n'était pas tout seul et prêta une soudaine forme d'intérêt aux personnes présentes devant eux.

________ -« Ça serait avec plaisir. » Annonça le chanteur avec un enthousiasme non feint.

C'est alors qu'ils posèrent leur regard sur ceux qui seraient leurs partenaires musicaux pour les jours à venir. Ils savaient pertinemment que chacun des enfants présents avait une lourde histoire derrière lui et pour certains malheureusement devant lui. Le bassiste sembla attendrit par ces jeunesses abîmés, ses yeux le trahissaient. Alors que le chanteur paraissait empreint à une joie nouvelle, celle de découvrir une collaboration unique pour lui. Quant au guitariste et au batteur rien ne passait la barrière de leur visage lisse de tout sentiment apparent. Les voix s'élevèrent timidement au début pour s'intensifier par la suite. Un timbre doux sortit de ces cordes vocales, rendant le premier couplet agréable et délicat à l'oreille. Pas de fausse note, de la justesse et rien que de la justesse. Une ferveur anima les choristes et elle se propagea à toutes les personnes, sans exception, qui étaient spectatrice. Le refrain plus dur imposa le respect aux membres du groupe un brin ébahi par cette performance. Malgré qu'elle ne soit qu'une chorale amatrice créée à l'origine pour occuper les enfants elle concurrençait bien des professionnels.

Nally prenait un plaisir fou à animer sa voix, elle avait toujours aimé chanter. Souvent pour elle seule, par peur de se ridiculiser mais ensuite elle avait pris confiance en elle et elle avait bien raison. Maintenant elle n'hésitait plus à chantonner, peu importe qui l'entourait. Ça lui plaisait tout simplement. Alors c'était presque naturellement qu'elle avait intégré la chorale à son arrivée ici.

Lorsque la dernière note fût offerte un silence soudain s'installa en prévoyance d'une salve d'applaudissement. Heureux de leur performance et du retour qu'ils en avaient les enfants exprimèrent leur joie. Nally sourit elle aussi, mais d'un naturel discret n'en exprima pas plus. Le groupe avait beaucoup aimé ainsi que le manager qui était ravi de ce qu'il venait d'entendre. Elle s'éclipsa le plus vite qu'elle put. Être mise sur le devant de la scène ne l'intéressait pas vraiment et c'était inévitablement ce qui allait se passer si elle restait une minute de plus ici. Discrètement elle quitta la chorale, se faisant la plus petite possible. Alors qu'elle allait passer les portes du hall pour se retrouver dans l'espace verre appartenant à l'orphelinat elle fût stoppée nette par la sommation de madame William.

________ -« Nally tu peux venir s'il te plait ? »

Elle ne retint pas un soupir de déception. Elle prendra l'air une autre fois même si elle était certaine que ça aurait été bienvenu à ce moment ci. De mauvaise grâce elle rejoignit sa Directrice qui était entourée du groupe et de son manager. Avant même d'être à leur coté elle se sentait déjà mal à l'aise.

________ -« Je vous présente Nally, c'est entre guillemet le leader de la chorale. »

Il est vrai que son âge et son charisme doux au premier abord -mais qui ne manquait pas de piquant en cas de besoin- lui avait permis de conquérir le respect et l'obéissance de ses jeunes compagnons. Madame William continua l'éloge de sa protégée.

________ -« Elle est travailleuse et volontaire. On peut dire qu'elle est le second de Joe qui est le professeur de chant improvisé. Si jamais vous devez vous référer à quelqu'un adresser vous à Nally, elle vous aidera sans problème. »

La Directrice parlait d'elle comme si elle n'était pas là. Cela convenait à Nally, le regard ailleurs elle n'avait pas envie de répondre aux regards de ces musiciens qui la déshabillaient des yeux. Elle ressentait une certaine gêne face à eux, elle n'était pas habituée à faire de telle rencontre il faut dire. Alors jouer l'invisible lui convenait. Mais le chanteur n'était pas de cet avis.

________ -« Ça fait longtemps que tu chantes ? » La questionna-t-il.

Elle sembla réaliser subitement qu'elle n'était pas seule. Son regard croisa celui du chanteur répondant au nom de Bill. A son tour elle le dévisagea à sa manière, très vite elle réussit à le perturber. Pour cela elle était tout simplement une experte, son regard émeraude transpercé sans obstacle ses yeux chocolats, quoi de plus facile pour elle ?! Il commença à se dandiner nerveusement et à jeter des coups d'½il à ses acolytes en réclamant une quelconque aide. Alors que madame William allait intervenir pour qu'elle réponde et par la même occasion qu'elle arrête de malmener son invité, elle la devança contrainte et forcée.

________-« En réalité j'ai toujours chanté, j'appartiens à la chorale depuis près de dix ans maintenant. »

________-« Waouh ça fait un sacré bout de temps que tu es ici alors.» S'exclama le bassiste étonné.

Il reçut un coup de coude bien placé de la part du batteur se trouvant à sa droite. Il ne pouvait rien dire de plus maladroit à ce moment précis. Mais s'il ne l'avait pas fait ça n'aurait pas été le vrai Georg qu'elle avait en face d'elle. Les musiciens attendirent sa réaction avec une certaine appréhension mais sa réponse exprima un tout autre ressenti.

________-« C'est vrai, ça veut dire que je chante depuis plus longtemps que votre groupe n'existe. » Dit-elle joyeusement.

________-« Exacte. » Ajouta Georg soulagé.


...
Que la lune nous éclaire, et que le soleil nous guide vers un jour impossible. Qu'enfin les frontières tombent, et que les chemins s'éclaircissent vers des paysages imaginaires. Tourbillon de folie pour des moments de délices. Espérons-le.
...


________-« Bon les jeunes, il va falloir se mettre au travail sérieusement maintenant. On a que quelques jours pour enregistrer, la prod' ne m'a pas donné de créneau plus grand alors on active. » Annonça le manager.

Il ne manquait rien de plus pour mettre en route la machine. Les enfants participants à la chorale et le groupe lui-même furent installés dans la pièce qui servait de salle de chant à l'orphelinat. Elle n'avait rien des studios que les Tokio Hotel côtoyés habituellement mais elle suffirait largement pour faire le gros du travail avant de partir pour le studio d'enregistrement. Pendant la première heure, le temps fût essentiellement utile à l'apprentissage du texte. Etrangement les enfants furent tous studieux et apprirent sagement. Concentrés, certains réprimèrent même un des musiciens quand il faisait trop de bruit en discutant avec son voisin. Leur sérieux et leur investigation les firent sourire sans retenu. Nally passait dans les rangs pour aider ceux qui peinés. Deux, trois jeunes n'étant pas âgés de plus de six petites années butaient inéluctablement sur quelques mots. Lorsque tous semblèrent avoir bien assimilé le texte, vint le moment de mettre en pratique le travail accompli. Instinctivement le chanteur pris les choses en main. Certes, il n'avait jamais travaillé avec des enfants mais il avait une autorité naturelle et puis le chant était son terrain de jeu après tout. Tom ainsi que Georg avaient apporté leur instrument contrairement à Gustav à cause de la taille de sa batterie beaucoup trop encombrante.

________-« Georg tu nous donnes un LA s'te plait. » Demanda Bill.

________-« On se croirait dans un orchestre. » Plaisanta-t-il.

________-« Georg ! »

________-« Oui c'est bon je te le donne ton LA. Si on peut même plus plaisanter maintenant. » Grogna-t-il.

La note résonna dans la pièce et signa le début de plusieurs heures d'entrainement, de travail, d'acharnement et surtout de bonheur, entre des êtres appartenant à des mondes différents mais réunis dans le même, le temps d'une collaboration éphémère. Les voix enfantines s'alignèrent au LA puis déclinèrent vers une nouvelle mesure, celle du refrain. Quelques fausses notes s'immiscèrent par ci par là mais ne gâchèrent en rien cette première. Sans relâche ils répétèrent encore et encore, jusqu'à frôler la perfection. Malgré les heures qui défilaient personne n'eut l'idée de se plaindre, même les plus jeunes ne montraient signe de fatigue. De temps en temps David entrebâillait la porte pour voir l'évolution puis repartait la minute d'après souriant. Gustav n'ayant pas son instrument ne resta pas inactif pour autant. Il encouragea et motiva les troupes avec sa bonne humeur. Nally qui avait assez rapidement assimilé le refrain vint une nouvelle fois donner un coup de main à ceux qui en avaient le plus besoin.

Une petite fille, appelée Julia semblait mise en difficulté par la fin du refrain. Le découragement se lisait sur son visage de porcelaine alors qu'elle regardait les autres s'en sortirent à merveille. Nally occupée à discutailler croisa le regard de la petite et ses pas ne mirent pas bien longtemps à parcourir la faible distance qui l'a séparé de Julia. Elle la prit à l'écart puis s'accroupie à sa hauteur.

________-« Julia, qu'est ce qui ne va pas ? »

________-« J'y arrive pas, j'suis nulle... » Se morfondit-elle.

________-« Mais non voyons ! Ne dis pas ça, tu sais très bien que c'est faux. »

________-« Mais... » Tenta-t-elle de protester.

________-« Il n'y a pas de mais qui tiennent. » La coupa Nally. « Fait ce que je te dis et tu verras tu y arriveras très bien. Met tes bras le long du corps et redresse-toi. Il faut que tu laisses l'air circuler librement dans tes poumons. »

Accompagnant ses mots elle souleva le menton de la fillette et déposa sa main droite sur son ventre alors que l'autre se plaça dans son dos. Elle laissa ses membres suivre la respiration de Julia.

________-« N'oublie pas que ta voix ne vient pas seulement de tes cordes vocales mais aussi de tes poumons et de ton ventre. Garde toujours de l'air pour ne pas que tes fins de phrases ne s'épuisent. Je veux ressentir de l'air ici. » Dit-elle en désignant l'endroit où logeait sa main droite. « Maintenant chante le refrain jusqu'au bout, même si tu penses chanter la fin faux, ce n'est pas grave, vas-y. »

Julia s'exécuta. Elle suivit à la lettre les recommandations de Nally. Lorsque le moment fatidique pointa le bout de son nez, le ventre de la petite se contracta sous les doigts de Nally. Doucement elle caressa de sa deuxième main le dos de l'enfant pour la rassurer. Cela sembla l'aider puisque c'est sans accroche que le refrain se termina.

________-« Et ben tu vois ! Tu t'en es très bien sortie. »

________-« C'est parce que tu étais là. » Se défendit Julia.

________-« N'importe quoi. » Pouffa-t-elle en ébouriffant les cheveux de l'enfant.

Alors qu'elle s'éloignait de Julia elle aperçut le regard -qui se voulait discret- d'un des musiciens, posait sur elle. Il avait dû observer la scène. Ces yeux parlaient pour son propriétaire sauf qu'elle ne comprenait pas le message, du moins pas encore.


...
Simple passion ou raison de vivre, ses notes nous encensent. Unique mais tellement différente, personne n'oserait s'en passer. A quoi bon citer son nom, le mot « musique » n'a de sens que pour celui qui sait jouer avec elle.
...


Les rayons du soleil déclinés derrière les maisons vieillies par le temps, la journée touchait à sa fin. Assise sur le muret qui délimité ladite terrasse, Nally observait le ciel qui avait pris pour l'occasion une couleur orangée. La nuit gagnait du terrain de minute en minute, commençant à semer des étoiles de ci de là dans son sillage. Perdue dans ses pensées elle n'entendit pas les pas qui se rapprochaient régulièrement pour finalement s'arrêter à sa hauteur. Un jeune homme vint s'asseoir à ses cotés et elle fût surprise de le trouver là quand elle se rendit compte de sa présence.

________-« Je t'ai fait peur ? »

________-« Pas vraiment. » Nia-t-elle, malgré qu'elle fût trahie par un léger soubresaut.

Le musicien ne dit rien de plus, Nally non plus. Ils étaient justes côte à côte à observer la nuit faire son entrée fracassante dans le jour qui s'éteignait. Puis le centre d'intérêt de l'artiste dévia vers la jeune femme à quelques centimètres de lui. De ses yeux noisette il la détailla, il l'étudia comme on observe une lamelle sous un microscope. Son regard traduisait cette impression de découvrir pour la toute première fois un paysage inconnu. Puis vint le moment où le silence se rompt.

________-« Comment tu fais ? » Lui demanda-t-il.

________-« Pardon? » Répondit-elle avec une certaine incompréhension.

________-« Comment fais-tu pour être aussi sereine ? » Etoffa-t-il.

Un sourire s'immisça au coin de ses lèvres. Ce chère guitariste n'était pas le premier à lui poser la question, et ne serait sans doute pas le dernier. Elle prit son temps pour trouver ses mots. Ce qui était une évidence pour elle, ne le serait certainement pas, pour quelqu'un qui avait la chance de vivre ses rêves et de ne pas avoir connu le malheur d'une famille anéantie.

________-« Il suffit d'accepter et de ne pas lutter contre. Je me tuerais si je le faisais. Ma vie a commencé ainsi et je ne peux rien y faire. Ce n'est pas parce que le départ est mauvais qu'on doit obligatoirement perdre la course.»

Une nouvelle fois le silence s'imposa, permettant au guitariste de réfléchir aux paroles qu'il venait d'entendre. Espérer et croire en l'avenir, voilà ce que voulait lui faire comprendre Nally. Il n'était pas sûr pour autant que ce qu'elle affirmait était véritablement possible après les innombrables tragédies que ce monde portait en son sein.

________-« Je ne me serais pas remis de la perte de mon frère et de mes parents. » Avoua-t-il.

A l'entente de cette phrase Nally se raidit. Même si elle l'acceptait il n'en restait pas moins que la cicatrice était toujours présente et que jamais elle ne se refermerait complètement. Jeter du sel dessus ne faisait évidemment pas de bien. Elle ravala une vague de nostalgie et lui demanda.

________-« Comment connais-tu mon histoire ? »

________-« Les enfants sont bavards, il ne reste plus qu'à tendre l'oreille. » Lui répondit-il pensif.

________-« Puisque tu connais la mienne raconte moi la tienne maintenant. »

________-« Elle n'a rien d'extraordinaire. On a formé le groupe au début juste pour s'amuser, passer du bon temps. Puis on s'est accroché à ce projet et on a cru en un avenir dans la musique, David nous a vu jouer un jour et... »

________-« Non Tom, je t'ai demandé de me raconter ton histoire, pas celle du groupe. » Le coupa-t-elle.

Surpris, il ne perçut pas tout de suite la différente. Après tout le groupe était toute sa vie, il y avait bien longtemps que les barrières entre son travail et lui s'étaient écroulées. Ils ne faisaient plus qu'une seule et même personne. Alors la réplique de Nally l'avait quelque peu désarçonné. Une subite remise en question venait de lui sauter au cou sans avoir crié garde. Depuis quand la marge entre le guitariste de Tokio Hotel et Tom Kaulitz n'existait plus? Lui-même ne saurait le dire.

________-« Et bien... heu... mon histoire... » Se perdit-il.

Les mots ne se bousculaient pas vraiment au portillon. Il cherchait une réponse à offrir mais rien ne lui venait à l'esprit. Il s'agita, ne sachant quoi dire. Le même tic que son frère remarqua Nally. En quelques mots elle venait d'ébranler le jeune homme. Lui de nature si confiante venait de chuter sur une question à l'allure anodine. Voyant le malaise qu'elle venait d'occasionner elle préféra laisser le guitariste tranquille.

________-« Il commence à être tard et demain une rude journée nous attend. Je vais dormir et tu devrais faire de même. » Lui conseilla-t-elle.

Alors qu'elle allait franchir la porte pour entrer dans l'orphelinat, elle se retourna vers Tom qui n'avait toujours pas bougé.

________-« Tout le monde à une histoire Tom, parfois il suffit juste de se la remémorer pour qu'elle prenne vie. Mais surtout ne l'oublie pas, ne t'oulie pas. »

Sa silhouette avait déjà disparu dans l'ombre de la nuit avant même que sa voix se soit éteinte.Laissant un Tom perdu dans un tourbillon de questions, qui auparavant ne l'avait jamais tant malmené.


...
Des petites questions aux grandes réponses il n'y a qu'un pas.Un pas qu'on ose ou pas franchir.
...


Le jour suivant permit de parfaire le travail déjà accompli. Lorsque l'aube du troisième jour se leva tout le monde était prêt à se rendre au studio d'enregistrement. Les enfants surexcités ne pouvaient s'empêcher de s'agiter. Le hall de l'orphelinat était devenu une vraie fourmilière où se croisait enfants, éducateurs, groupe de musique, et gardes du corps. Un ensemble relativement étrange mais qui semblait cohabiter parfaitement. A partir du moment où le bus emmenant toute la troupe au studio fût là, tout s'enchaina très vite. Le trajet ne dura qu'une dizaine de minutes et par miracle ne subit pas l'assaut de fans ou paparazzis en délire. Tout avait été organisé dans une parfaire discrétion. Comme quoi, quand on veut on peut.

Sur place, la chorale fût prise en main par quelques ingénieurs du son et professionnels qui les équipèrent. Le quart d'heure ne s'était pas écoulé que déjà ils se trouvaient dans la salle d'enregistrement avec casque sur les oreilles et micro devant la bouche. Un sentiment de ne pas être à leur place semblait flotter dans l'air ambiant. Ils n'étaient tout simplement pas habitués à ce rythme, à ce professionnalisme, à cet impersonnalisme. Certains se demandèrent même ce qu'ils faisaient là. Les yeux fuyant les enfants tentèrent de se raccrocher à quelque chose de familier. Ils ne trouvèrent pour cela que leur éducateur Joe ainsi que Nally. Eux-mêmes pas vraiment dans leur élément.

Les musiciens avaient déjà enregistré, il y a de cela une semaine, la partie instrumentale de la chanson, et n'étaient donc que spectateurs. Le chanteur quant à lui n'avait pas gravé sa voix au même moment et le ferait en même temps que la chorale. Son micro était volontairement plus puissant que ceux de la chorale pour ne pas que sa voix ne soit noyée parmi toutes les autres. Le décompte retentit dans les casques, prévenant les jeunes de l'imminence du moment pour lequel ils avaient travaillé inlassablement depuis trois jours.

Unanimement les voix retentirent et firent fuir l'ambiance détestable pour les envelopper de leur art. En l'espace de quelques secondes les visages s'étaient détendus et arborés une concentration mêlée à un plaisir de faire ce qu'ils aimaient. La chaleur de leur passion s'étendait à travers toute la pièce et même au-delà. La ferveur de chanter ses mots qui les racontaient, les animait d'une puissance sans limite. Oh oui qu'ils aimaient chanter, oh oui que ce texte les touché ! Ils étaient invincibles, prêts à croquer le monde à pleine dent. Mais tout cela disparu quand les voix s'éteignirent. Lentement ce merveilleux sentiment perdit de son éclat, se terni, s'abîma, se détruit. Ils redevenaient de simples enfants amochés...


...
Rêver une seconde pour s'évader. Ne pas avoir les pieds sur Terre et s'en foutre. N'être dépendant de rien ni personne. Vivre.
...


Exactement sept jours étaient passés depuis l'enregistrement. De nouveau le groupe était présent dans l'orphelinat, ils pensaient faire découvrir le fruit du travail de la semaine passée. C'était ce qu'ils pensaient... Malheureusement la réalité était bien différente. Toujours la même agitation lorsqu'ils passaient les portes de l'entrée. Les jeunes se regroupèrent autour d'eux et attendirent impatiemment d'entendre la chanson. Contrairement à leur dernière venue ils n'étaient pas seulement avec David Jost mais aussi avec les trois autres managers. Tout les quatre discutaient avec la Directrice appart, le visage crispé de cette dernière n'annonçait rien de bon.

Insouciante de ce qui se tramait Nally vint saluer les quatre musiciens. Ils prirent des nouvelles les uns des autres. Il faut avouer que tout les cinq s'entendaient relativement bien. Malgré quelques bourdes de Georg qui faisaient plus rire qu'autres choses Nally, alors que ces trois acolytes ne cachaient plus leur résignation face au don inégalable de leur ami.

________-« Sinon vous avez entendu la chanson en entier ? » Demanda Nally.

________-« Oui, et le refrain avec le ch½ur rend super bien. Moi ça me fait frissonner. » Dit Gustav.

________-« C'est vrai que ça donne un sacré plus à la chanson, vous avez été super. » Renchérit Bill.

________-« Merci. Ici tout le monde est ravi d'avoir pu chanter avec vous, les enfants ont du mal à redescendre sur Terre. Ils sont encore sur leur nuage. »

________-« Toi aussi non ? » Questionna Tom.

________-« Un peu je l'avoue. » Dit-elle le sourire aux lèvres.

Mais leur conversation fût coupée par un des manager. Il prit la parole et demanda le calme. Son air dur n'était pas aussi avenant que son collègue monsieur Jost. Le silence s'imposa et les enfants se turent devant la sévérité de son regard.

________-« Voila la chanson « vergessene kinder » ne comportera finalement pas de ch½ur. Nous vous remercions pour votre collaboration mais la production préfère la première version. Bonne journée à tous. »

Boum ! La bombe venait d'éclater aux visages de ses enfants qui espéraient entendre une chanson qui en fin de compte ne verrait jamais le jour. Le peu de délicatesse du manager ne fît pas réagir les enfants. Non personne ne réagit en fait. L'assemblée resta bouche bée face à cette annonce destructrice. Le mal de l'assimilation toucha tout le monde. Comment ? Pourquoi ? Les questions fusaient dans les têtes. Tout leur travail réduit à néant. En quelques mots ce qui les rendait si heureux ces derniers jours avaient été piétiné négligemment. Le mot déception n'était même pas de circonstance, ce qui avait empoisonné leur joie était bien pire. Nally reprit ses esprits rapidement et lança un regard assassin aux musiciens présent à ses cotés.

________-« Alors comme ça on était super ? C'est ça ! » Dit-elle froidement les yeux incandescents.

Le chanteur voulut protester mais elle ne lui en laissa pas le temps.

________-« Vous vous êtes bien foutus de nous. Vous débarquez comme ça, mettez du rêve dans nos vies, des étoiles dans nos yeux. Et puis vous repartez comme des voleurs en emportant tout avec vous. Vous devriez avoir honte de faire subir cela à des enfants qui ont déjà bien plus trinqué que n'importe qui d'autres. »

Elle tourna les talons et disparu de leur chant de vision avant même qu'ils n'aient eu le temps de contre attaquer. Hébétés ils ne savaient quoi dire appart qu'ils étaient innocents. Ils s'aperçurent penauds qu'eux aussi avaient été manipulés par leurs marionnettistes de producteurs. Ils s'étaient bien gardés de leur dire que la chanson ne serait pas accompagnée de la chorale.

________-« Ça ne se passera pas comme ça ! Mais pour qui ils se prennent à la fin ?! » S'énerva le chanteur.

Pas besoin de demander l'accord de ses musiciens, Bill savait pertinemment qu'ils pensaient la même chose que lui. D'un pas déterminé il fonça droit sur David (celui des manager avec qui il s'entendait le mieux) et d'un ton sans réplique lui dit.

________-« Passe-moi ton portable s'te plait. »

________-« Ils ne changeront pas d'avis... » Répondit-il la voix grave.

________-« C'est ce qu'on va voir. »

Voyant qu'il n'entamerait pas la motivation du chanteur il s'exécuta et sorti de sa poche l'objet convoité par son protégé. Voracement il s'en empara et s'éclipsa à l'extérieur pour pouvoir parler librement ou plutôt fulminer librement.

De son coté Tom lui aussi avait pris la poudre d'escampette. Il tentait de retrouver Nally. Il n'eut pas besoin de chercher longtemps, encore une fois elle se trouvait sur sa petite murette. Mais cette fois elle n'observait pas les étoiles sereine, elle fixait l'horizon les mains cramponnées au chapeau du muret. Sa colère se ressentait des kilomètres à la ronde mais cela ne découragea pas le jeune guitariste.

________-« Je peux m'asseoir ? » Demanda-t-il.

________-« Non. »

Il ne prêta pas attention à sa réponse et s'installa tout de même.

________-« C'était bien la peine que tu me poses la question. »

________-« Nous n'étions pas au courant Nally. En venant on pensait vous faire découvrir la chanson avec vos voix. Je te promets qu'on a été autant abasourdi que vous quand on a apprit la nouvelle. Bill est en train d'appeler la production pour arranger ça. Crois-moi. » Plaignit-il.

Elle le regarda longuement le visage impassible. Elle le sondait littéralement pour savoir si elle pouvait lui faire confiance. Ses yeux qu'elle transperçait ne demandaient qu'à être crus, ils reflétaient son désir qu'elle ne le prenne pas pour une star sans morale. Quand elle prit sa décision Tom lu tout de suite sur ses traits subitement adoucis qu'elle avait vu clair dans le jeu des producteurs. A ce moment là, une voix vociférant se fit entendre.

________-« Comment ça, ça ne vous plait pas ?... Je vous rappelle que c'est encore nous qui décidons des chansons qui apparaissent sur nos albums et vergessene kinder et bien mieux avec la chorale... Je me fiche que vous ne soyez pas d'accord, c'est notre décision un point c'est tout... Pardon ? Foutez nous à la porte et vous allez le regretter. Pour votre gouverne nous faisons parti des groupes les plus en vogue, nous n'aurons aucun problème à trouver d'autres producteurs plus à l'écoute EUX... OUI JE M'EVERNE PARCE QUE J'EN AI MARRE DE PARLER A DES INCOMPETENTS DOUBLES D'IDIOTS SOURDS !

Sur ce il raccrocha en massacrant le pauvre touche portant un téléphone rouge en façade. Le ton était donné. Nally et Tom regardait Bill avec de grands yeux ronds.

________-« Quoi ? J'ai un bouton au milieu de la figure ? » Demanda le chanteur.

Ils ne purent retenir un rire communicatif qui se propagea à Bill lui-même.

________-« Bon maintenant que tu nous as fait virer en fait quoi ? » Demanda Tom qui ne s'était pas totalement calmé.

________-« T'inquiète pas, on leur ramène bien trop d'argent pour qu'ils nous virent. »

Tout les trois retrouvèrent le reste du groupe et par la même occasion Bill rendit son portable à David qui ne fît aucun commentaire sur la touche rouge enfoncée. Les minutes s'écoulèrent bien trop lentement au goût de tous. Chacun attendait que ce maudit téléphone ne sonne pour apprendre la décision finale. Parce qu'évidemment la production allait appeler, soit pour céder, soit pour persister dans un chemin se heurtant au groupe.

Finalement ils durent patienter soixante quatorze minutes. David décrocha avant que Bill ne lui arrache le téléphone des mains pour répondre à sa place. Aussitôt il sortit en sommant, d'un signe de main, le chanteur de ne pas le suivre. Ce qu'il fît contraint et forcé. Une nouvelle fois ils durent s'armer de patience. Lorsque le manager revint quelques minutes plus tard il ne laissa rien paraître.

________-« Qu'est ce qui tu lui as dit Bill ? » Demanda-t-il.

________-« Heu moi ? Pas grand-chose, rien de bien intéressant au fond. » Dit-il feignant l'innocence.

Tom pouffa ne retenant son envie de rire.

________« Et bien ton pas grand-chose a eu un sacré effet. Ils cautionnent la seconde version ! » Annonça-t-il assez fort pour que tout le monde l'entende.

La réaction ne se fît pas appeler désiré. Immédiatement les cris de joie s'élevèrent et les embrassades se multiplièrent. L'euphorie semblait avoir pris possession des lieux. Enfin une bonne nouvelle et de taille celle-ci. Dans ce bâtiment où les histoires tristes s'additionnaient celle-ci ferait exception à la règle. Nally qui pourtant avait l'habitude de rester le moins expressive possible prit dans ses bras le chanteur étonné de son geste. Ce soir ils s'endormiraient tous avec un peu de bonheur dans un coin de leur c½ur.


...
Des instants qui vous rappellent que la pomme de la vie n'est pas seulement amère mais peut être aussi sucrée.
...


Les mois étaient passés et Zimmer 483 était sorti avec la chanson vergessene kinder telle que le groupe l'avait préféré. Tout comme le premier album celui-ci eut un immense succès. Cette musique qui leur tenait à c½ur n'avait pas été mise au placard par leurs producteurs. Le groupe continuait son ascension vertigineuse avec la même passion. Nally quant à elle avait quitté l'orphelinat. Malgré des adieux difficiles elle s'était résignée à une fois encore aller de l'avant. Son tuteur avait réussi à la faire intégrer l'université des sciences sociales, elle s'y plaisait. Le groupe et la jeune femme avait gardé un certain contact, certes, fluet mais bel et bien présent malgré tout.

En ce lundi matin, alors que le soleil avait déjà fait sa place dans le ciel, Nally entendit son portable sonnait. Elle y jeta un coup d'½il et s'aperçut qu'il s'agissait d'un message provenant d'un certain guitariste. Heureuse d'avoir de ses nouvelles son sourire ne cessa de s'agrandir au fur et à mesure que ses yeux parcouraient le petit écran. Il n'avait pas oublié la question qu'elle lui avait posée lorsqu'ils observaient la nuit faire sa place, sur ce petit muret d'orphelinat.

« Mon histoire, je l'écris chaque jour qui passe. »




FIN


Mlle-X


-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Hello Everybody -----

Premièrement avant de dire quoi que ce soit d'autre, nous tenons à nous excuser pour cet immense retard que la poste du chapitre quatre subi. Mais malheureusement l'inspiration n'est pas toujours au rendez vous, notamment pour l'une d'entre nous. C'est pour cela que je me suis permis de poster cette OS en espérant de tout c½ur qu'elle vous plaise et aussi qu'elle vous fasse patienter. Je pense que vous serez compréhensif quant à l'attente du prochain chapitre, ce n'est vraiment pas de gaieté de c½ur que nous ne publions pas dernièrement. Malgré cela nous comprenons aussi très bien que cette attente vous fasse décrocher...

Eternelle question: est ce que vous avez aimé? ou alors est ce ennuyant à mourir?

Dans tous les cas merci encore et toujours, merci pour tout.

Mlle-X & Mlle-A

Bisous & Smile

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------



# Posté le vendredi 05 septembre 2008 12:42

Modifié le lundi 27 octobre 2008 09:57

« Article précédent : Kapitel Drei "Et puis je me suis...